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Orchestration d'agents IA : un levier stratégique de performance et de valeur

Les agents d’IA autonomes ont un potentiel réellement transformateur. Mais c'est leur orchestration, c'est à dire la manière de les coordonner, qui pourrait devenir le véritable moteur d’une automatisation intelligente. La réussite dépend d’une coordination efficace, de la gouvernance et de l’interopérabilité. Dans ce domaine émergent, protocoles de communication open source et solutions propriétaires se disputent déjà le rôle de standard de référence.

En résumé

  • L’orchestration efficace des agents IA est essentielle pour maximiser leur valeur, automatiser intelligemment les processus et répondre aux défis de croissance du marché.
  • Les entreprises doivent passer d’agents unitaires à des systèmes multi-agents coordonnés, en choisissant entre superposition sur l’existant, conception dédiée ou refonte des processus.
  • Maintenir un équilibre entre autonomie des agents et supervision humaine (humain dans/sur/hors de la boucle) est crucial pour garantir confiance, qualité et responsabilité.
  • L’interopérabilité, la sécurité et l’adoption de standards de communication inter-agents sont indispensables pour construire des systèmes modulaires, résilients et évolutifs.
  • La réussite repose sur des plateformes d’orchestration unifiées, une gouvernance claire, l’adaptation des rôles humains et le développement d’un écosystème fondé sur la confiance et l’innovation.

À mesure que les entreprises déploient des systèmes multi-agents, où différents moteurs de raisonnement IA interagissent de manière fluide entre plusieurs domaines, l’orchestration des agents, c’est-à-dire leur coordination efficace autour de rôles spécialisés, deviendra essentielle pour en libérer tout le potentiel. Une orchestration maîtrisée permet de créer des workflows intelligents : interpréter les demandes, structurer les processus, déléguer et synchroniser les tâches, puis valider et optimiser les résultats en continu1. À l’inverse, une orchestration défaillante peut réduire de façon significative la valeur business générée.
Selon les estimations du marché, celui des agents IA autonomes pourrait atteindre 8,5 milliards de dollars d’ici à 2026, puis 35 milliards de dollars en 2030 (figure 1)2. Si les organisations renforcent l’orchestration de leurs agents et adressent de manière proactive les défis et risques associés, Deloitte anticipe que ces projections pourraient être revues à la hausse de 15 % à 30 %, soit jusqu’à 45 milliards de dollars à horizon 2030. À l’inverse, certaines analyses indiquent que plus de 40 % des projets actuels liés à l’IA agentique pourraient être abandonnés d’ici à 2027, en raison de coûts imprévus, de difficultés de passage à l’échelle ou de risques non anticipés3. Ces initiatives pourraient pourtant générer une croissance substantielle si les entreprises parviennent à atténuer ces écueils en amont.

Figure 1. Le marché des agents d’IA pourrait croître grâce à une meilleure préparation des entreprises à orchestrer ces agents

Pour tirer pleinement parti des systèmes multi-agents, les entreprises devront renforcer leur capacité à orchestrer des agents dotés d’un certain niveau d’autonomie, tout en anticipant les écueils potentiels dès les premières phases. Parallèlement, ces systèmes seront particulièrement efficaces pour les organisations qui privilégient l’interopérabilité et la gestion des agents, et qui savent mettre en œuvre de manière maîtrisée les évolutions nécessaires en matière de processus opérationnels et de compétences.

Faire fonctionner les entreprises au service des systèmes multi-agents 

À mesure que les entreprises prennent des décisions concernant leur préparation à l’orchestration des agents, trois repères apparaissent comme déterminants.

Des agents à usage unique aux systèmes multi-agents : les entreprises sont-elles prêtes ?

Aujourd’hui, les organisations peuvent exploiter des agents IA à usage unique pour réaliser de manière autonome plusieurs étapes d’un processus4. Elles prennent de plus en plus conscience que les avantages de l’IA agentique s’étendent également aux systèmes multi-agents, déverrouillant une valeur entreprise plus large et exponentielle5. Cependant, pour de nombreuses entreprises, les implémentations technologiques sont encore loin d’être matures.

Selon l’enquête Deloitte Tech Value 2025, menée auprès de près de 550 dirigeants américains de différents secteurs, 80 % des répondants estiment que leur organisation dispose de capacités matures pour les efforts d’automatisation de base, alors que seulement 28 % pensent la même chose pour les initiatives combinant automatisation de base et agents IA.

De plus, parmi ceux qui poursuivent chacune de ces stratégies, 45 % estiment que leurs efforts d’automatisation de base pourraient générer le retour sur investissement attendu dans un délai de trois ans, contre seulement 12 % pour les efforts combinant automatisation et agents, sur une période similaire.6

 

Comment y parvenir plus rapidement ? La première étape consiste à envisager les trois approches potentielles des systèmes multi-agents (figure 2).7

Figure 2. Exemple de stratégie agentique selon la complexité des tâches, l’organisation des processus et les technologies.

La dimension humaine dans l’orchestration des agents 

En 2025, les entreprises mettent en œuvre des orchestrations d’agents relativement simples mais prometteuses dans des domaines spécifiques, tels que la recherche en investissement financier ou les soins de santé pour les maladies critiques8. Dans ces applications, les agents travaillent souvent ensemble sous la supervision humaine ou celle d’un « agent superviseur » dédié, afin de fournir des informations que les professionnels humains peuvent exploiter. Des orchestrations plus complexes et autonomes, couvrant plusieurs domaines d’activité, restent pour l’essentiel limitées à quelques leaders du secteur9. À mesure que ces initiatives se développent, les entreprises devront de plus en plus équilibrer l’autonomie des agents et la supervision humaine, en pesant soigneusement innovation, risque, responsabilité et confiance.

Les recherches suggèrent que les systèmes multi-agents émergents fonctionnent mieux avec l’humain dans la boucle car ils bénéficient de l’expérience humaine et restent alignés sur les attentes organisationnelles nuancées10. Nous prévoyons que, dans les 12 à 18 prochains mois, un nombre croissant d’entreprises accélérera l’expérimentation et la mise à l’échelle d’orchestrations complexes d’agents, tout en maintenant l’humain dans la boucle. Elles adopteront probablement des cadres et des solutions permettant d’intégrer le jugement humain dans les processus opérationnels pilotés par agents, afin d’augmenter la confiance, la qualité et la responsabilité.11

Par ailleurs, un « spectre d’autonomie » progressif (humain dans la boucle, humain supervisant la boucle, et humain hors de la boucle) devrait émerger, en fonction de la complexité des tâches, du domaine d’activité, de la conception des processus et de la criticité des résultats. Si l’approche « humain hors de la boucle » nécessitera toujours une surveillance continue, les approches « humain dans la boucle » et « humain supervisant la boucle » s’appuieront davantage sur des plateformes et des tableaux de bord de télémétrie des agents, offrant un suivi des résultats, une visualisation de l’orchestration et d’autres informations pour guider les interventions humaines. Nous prévoyons qu’en 2026, les entreprises les plus avancées poseront les bases d’une orchestration centrée sur l’humain supervisant la boucle.

Figure 3. L’évolution progressive du niveau d’autonomie des agents d’IA au fil du temps

Maîtriser la dispersion des agents IA 

En 2026, le nombre d’agents IA devrait croître fortement, répartis sur différents langages de programmation, infrastructures et protocoles de communication. Certains agents pourraient également nécessiter des capacités multimodales, c’est-à-dire la capacité d’analyser et d’interpréter différents types d’information, comme le texte, l’audio et l’image, afin d’atteindre leur plein potentiel. Par ailleurs, le développement de protocoles web pour agents, comme le projet NANDA du Massachusetts Institute of Technology, pourrait définir la manière dont les agents coordonnent leurs actions sur des interfaces numériques externes aux systèmes des entreprises12. À plus long terme, cela pourrait permettre une orchestration stratégique des agents à travers les réseaux internes et externes des organisations, ouvrant de nouvelles capacités.

Ces évolutions rendent l’interopérabilité des systèmes multi-agents à la fois essentielle et complexe. Les entreprises chercheront de plus en plus à piloter, superviser et gérer des agents IA divers via une plateforme unifiée. L’absence de standards opérationnels pour cette main-d’œuvre digitale pourrait entraîner une conception, une configuration et un déploiement fragmentés des agents, augmentant les risques et coûts liés à la performance, ainsi qu’aux enjeux éthiques, cybersécuritaires et réglementaires.

Les entreprises peuvent s’inspirer des technologies qui ont façonné l’informatique et l’architecture d’entreprise modernes, comme le cloud et les microservices. Les protocoles standardisés (HTTPS, JSON, etc.), les schémas clairs d’interfaces de programmation et les microservices spécialisés par domaine ont permis l’interopérabilité, la stabilité et la responsabilité des systèmes. Les registres de services, le suivi distribué et les journaux centralisés ont amélioré la découverte des capacités, la résolution des erreurs et la gestion des services. La gouvernance, les catalogues de services et la sécurité « zero-trust » ont garanti la robustesse des systèmes et évité les confusions liées aux versions.

Ces bonnes pratiques offrent des enseignements précieux pour concevoir des systèmes multi-agents fiables et évolutifs. Les entreprises devront néanmoins adopter une approche innovante et se concentrer sur la création de couches uniques et stratégiques dans leur architecture.

Figure 4. Une architecture d’entreprise pour concevoir des systèmes multi-agents résilients et évolutifs

1. Contexte : une base solide d’ingénierie des connaissances. Cette fondation transforme les données brutes et hétérogènes en représentations structurées et gouvernées (par exemple, graphes de connaissances, ontologies, taxonomies de domaine), offrant aux agents un modèle clair de l’espace problématique. Des techniques optimisées de récupération du contexte permettent aux agents d’accéder rapidement et précisément aux informations pertinentes, tandis que le modelage du contexte affine les entrées pour réduire le bruit et les conflits, améliorant ainsi la précision et l’efficacité.

2. Agents : piloter les opérations avec sécurité et autonomie. Cette composante exploite les informations contextuelles pour activer les opérations des agents, en mettant l’accent sur la sécurité, l’autonomie et l’interopérabilité. L’architecture est modulaire et évolutive, capable d’intégrer et de s’adapter aux nouvelles technologies. Des stratégies centrées sur la pertinence des outils et l’abstraction permettent de prévenir la surcharge des agents. De plus, une gestion optimisée de la mémoire assure l’accès au bon mélange de connaissances factuelles, expérimentales et procédurales, renforçant la compréhension contextuelle. Les modèles IA sont sélectionnés en fonction des tâches, allant de modèles compacts et spécialisés à des modèles puissants, afin d’optimiser la performance. Des mesures de sécurité robustes et une observabilité avancée grâce à la télémétrie garantissent des activités d’agents fiables, transparentes et sécurisées.

3. Expérience utilisateur : superviser et guider les agents. L’interface principale entre les utilisateurs et les agents permet de contrôler et ajuster les actions des agents. Elle fournit des informations pertinentes sur l’état des agents et le contexte, propose des suggestions rapides et présente des résultats clairs et compréhensibles. Des contrôles intuitifs pour la supervision humaine, des fonctions avancées de feedback et des mécanismes d’explicabilité, comme l’affichage du raisonnement de l’agent, renforcent la transparence et la confiance dans les résultats. En cas d’erreurs ou de situations ambiguës, cette interface fournit des explications claires et des options pour corriger ou récupérer les actions.

Faire fonctionner les systèmes multi-agents au service des entreprises 

À mesure que les entreprises maîtrisent les bases techniques, trois repères stratégiques peuvent les aider à mieux aligner leurs initiatives avec leurs priorités business.

 

Protocoles de communication flexibles, évolutifs et sécurisés 

L’orchestration multi-agents nécessite une forme standardisée de communication entre agents, ainsi qu’entre agents et autres outils ou plateformes. Elle est essentielle pour garantir la prévisibilité des messages relatifs aux capacités, aux analyses et aux actions des agents. Au cours de l’année écoulée, plusieurs protocoles de communication inter-agents ont vu le jour, chacun promettant une coordination efficace entre agents construits sur des architectures différentes. Citons par exemple A2A de Google, AGNTCY piloté par Cisco, MCP d’Anthropic, et d’autres13. Les fournisseurs technologiques mobilisent leurs partenaires, alliances et clients pour s’imposer dans ce domaine. Certains de ces protocoles sont également étendus pour assurer l’interopérabilité fiable des agents dans des domaines spécifiques, comme les transactions financières.14

Une compétition excessive entre protocoles pourrait favoriser l’émergence de « jardins clos », où les entreprises restent enfermées dans un seul protocole de communication et un écosystème d’agents unique15. Il est probable, toutefois, qu’au cours de l’année prochaine, ces protocoles commencent à converger, aboutissant à deux ou trois standards principaux auxquels les autres fournisseurs technologiques devront se conformer pour rester compétitifs.

Les protocoles qui s’imposeront dépendront de plusieurs paramètres, notamment des priorités des entreprises selon leur usage multi-agents, leur secteur et leur maturité en orchestration.

Par exemple :

  • Des protocoles légers, avec interfaces de programmation standard et outils pour tests et simulations, facilitent l’expérimentation.
  • La prise en charge des interactions peer-to-peer ou hub-and-spoke, avec partage de contexte et de mémoire, ainsi que des mécanismes intégrés de négociation, délégation et résolution de conflits, permet des orchestrations variées.
  • Des registres d’agents pour la découverte fiable et l’équilibrage des charges, la messagerie asynchrone, un débit élevé et une faible latence, ainsi que la gestion de processus complexes ou enchaînés, facilitent la montée en charge des orchestrations.
  • Enfin, authentification, messagerie sécurisée et contrôle d’accès contribuent à réduire les risques de sécurité, tandis que les messages et explications inter-agents assurent traçabilité et possibilité d’audit des actions et erreurs.

 

Plateformes de gestion et outils d’observabilité 

À mesure que les systèmes multi-agents se développent, les entreprises devront de plus en plus piloter les agents et comprendre les décisions qu’ils prennent. Elles peuvent s’appuyer sur des plates-formes unifiées et évolutives, avec des capacités de supervision ou des « agents superviseurs », pour interpréter les requêtes, diriger les tâches, gérer les accès et exécuter des processus parallèles ou multi-étapes16. Il est probable que, dans l’année à venir, les entreprises technologiques lanceront de nouvelles fonctionnalités dans ce domaine, laissant aux organisations le choix de la manière dont elles souhaitent configurer ces plateformes d’orchestration. Par exemple, des plateformes centralisées en interne permettent de réduire la dépendance aux fournisseurs et d’accroître le contrôle sur les données et les agents, tandis que des solutions clés en main peuvent accélérer les tests et limiter le coût de l’innovation.

Quelle que soit leur option, les plateformes d’orchestration des agents seront essentielles pour suivre les indicateurs opérationnels, améliorer la performance et maîtriser les coûts.

Certaines plateformes développent déjà des moyens d’intégrer la surveillance de la télémétrie des agents, comme la latence, le taux d’erreurs, l’utilisation des ressources et d’autres informations issues des outils17. Des évaluations de sécurité et des capacités de détection des comportements inhabituels permettent de réduire les risques. À terme, ces plateformes devraient proposer des fonctionnalités innovantes, telles que des analyses stratifiées de l’activité et des mécanismes supplémentaires de contrôle. Par exemple, une catégorie émergente appelée agent de supervision peut à la fois prendre en charge des tâches et superviser d’autres agents pour détecter et gérer des comportements à risque.18

Les plateformes d’orchestration devront également intégrer la conformité réglementaire, un domaine en pleine évolution au niveau international. L’AI Act de l’Union européenne définit des exigences concernant l’évaluation des risques, la transparence, les mesures techniques de protection et la supervision humaine19. De plus, les organismes européens de normalisation travaillent à l’élaboration de standards juridiques harmonisés conformément à cette réglementation.20

 

Evolution des processus et des équipes 

Selon Gartner®, d’ici à 2028, 33 % des applications logicielles d’entreprise incluront de l’IA agentique, contre moins de 1 % en 2024, et au moins 15 % des décisions opérationnelles quotidiennes seront prises de manière autonome par des agents IA21. Pour atteindre cet objectif, de nombreuses entreprises commenceront probablement dès 2026 à repenser leurs processus opérationnels, en définissant des modules concrets et spécifiques. Cela permettra de déterminer le type d’orchestration des agents nécessaire, en fonction de la criticité, des dépendances, de la prévisibilité des tâches et de la résilience visée. Par exemple, certains modules pourront bénéficier d’agents travaillant séquentiellement, où la sortie d’un agent devient l’entrée d’un autre, tandis que d’autres modules tireront parti d’agents opérant en parallèle ou de manière collaborative.

Un autre enjeu majeur concerne la collaboration entre les humains et les systèmes multi-agents. Une enquête mondiale menée auprès de 200 responsables RH révèle que 86 % des directeurs des ressources humaines considèrent l’intégration du « travail digital » (c’est-à-dire les technologies capables de réaliser des tâches intelligentes) comme centrale dans leur rôle22. Les premiers modèles montrent les humains agissant comme des « superviseurs d’agents » ou travaillant aux côtés des agents23. En 2026, les entreprises exploreront probablement plus en profondeur ces modèles de collaboration à travers davantage de rôles, de fonctions et de tâches, afin d’identifier où l’orchestration des agents peut améliorer l’efficacité et où les compétences et la collaboration humaines apportent une valeur significative.24

D’ici à l’année prochaine, les entreprises commenceront également à réinventer les rôles existants pour en tirer des résultats à plus forte valeur ajoutée grâce aux systèmes multi-agents25. Les contributions humaines pourront inclure un pilotage créatif et stratégique des systèmes multi-agents, tout en résolvant les problèmes et en prenant des décisions de manière efficace. Parallèlement, les entreprises se concentreront sur la définition des nouvelles compétences et responsabilités humaines, nécessaires pour la formation des agents, l’orchestration, la supervision et la gouvernance26. Des programmes de formation adaptés et le développement de leaders capables de gérer à la fois des collaborateurs humains et digitaux seront essentiels pour garantir la qualité, la responsabilité et la résilience des décisions multi-agents, tout en exploitant les compétences exclusivement humaines.27

2026, un tournant pour l’orchestration des agents

L’orchestration des agents devrait façonner la prochaine ère des entreprises intelligentes. Dès l’année prochaine, nous prévoyons que les entreprises commenceront à étendre leurs systèmes multi-agents, introduisant ainsi une complexité accrue dans leurs environnements informatiques et opérationnels. Les protocoles de communication des agents devraient se consolider autour de solutions offrant simplicité d’expérimentation, flexibilité, évolutivité et sécurité. Les processus opérationnels des entreprises devraient progressivement devenir plus modulaires, pilotés par des agents, qu’ils soient développés en interne ou acquis via des logiciels en tant que service et autres fournisseurs tiers. De nouveaux rôles, ou des rôles modifiés, pour les collaborateurs humains commenceront également à émerger, facilitant une collaboration efficace avec les systèmes multi-agents.

Pour autant, entreprises et fournisseurs technologiques devront agir de manière décisive pour orienter cette évolution.

  • Définir la responsabilité et la gouvernance. Les entreprises doivent identifier qui, au sein de la direction, sera responsable de la vision, de la stratégie et de l’exécution de l’IA agentique, avec des objectifs et une responsabilité clairement alignée. Ce rôle s’inscrirait naturellement auprès des leaders des initiatives technologiques stratégiques et de l’innovation, mais une fonction intégrée peut permettre un impact plus global et une gestion des risques renforcée.
  • Penser l’évolution dès la conception, pas seulement pour le déploiement. Les capacités d’orchestration et les agents évoluent rapidement. Des architectures modulaires « plug-and-play » peuvent aider les entreprises à gagner en flexibilité, en efficience et en innovation, tout en limitant les perturbations dans l’architecture existante des systèmes.
  • Tester les orchestrations de manière rigoureuse. Avant de généraliser leur déploiement, les entreprises doivent simuler l’orchestration des agents en reproduisant les complexités réelles, telles que données incomplètes, objectifs conflictuels ou scénarios adverses. Ces environnements contrôlés permettent de détecter les points de défaillance cachés et de renforcer les protections avant un déploiement à l’échelle de l’entreprise.
  • Prendre au sérieux la gouvernance et la mesure. La gouvernance des agents IA sera essentielle pour assurer une orchestration sécurisée, conforme et fiable à grande échelle. Définir clairement les rôles des agents, leur responsabilité, les procédures de secours en cas d’erreurs et les mécanismes de supervision contribue à prévenir les usages inappropriés, garantir la traçabilité et la vérifiabilité et instaurer la confiance. Au-delà de la préparation technique, les entreprises doivent identifier et suivre des indicateurs permettant de relier l’orchestration des agents à la création de valeur — par exemple des décisions plus rapides, une meilleure expérience client ou une innovation accélérée.
  • Favoriser l’interopérabilité. Au-delà du respect des standards de communication inter-agents, les fournisseurs doivent concevoir des solutions modulaires, où les agents comprennent l’intention et le contexte des actions des autres, afin de permettre une coordination fluide.
  • Repenser la confiance. La simple production d’informations ne suffit pas : la capacité à comprendre ou valider les résultats des agents IA est essentielle pour instaurer la confiance et favoriser l’adoption. De nouvelles mesures de sécurité, telles que l’identité numérique des agents, seront également pertinentes pour créer et exploiter des systèmes multi-agents fiables.
  • Intégrer la gouvernance dès la conception. Comprendre les besoins futurs des entreprises, tout en restant aligné sur les valeurs humaines et les politiques organisationnelles, sera clé pour fournir des cadres de gouvernance pertinents. Les solutions de demain devront inclure une surveillance innovante des agents, des dispositifs avancés de gouvernance et des gardes éthiques, afin de garantir la conformité et l’efficacité.
  • Développer l’écosystème. Les fournisseurs technologiques doivent continuer à former et renforcer des alliances sectorielles pour établir les standards nécessaires en matière de protocoles de communication, de confiance et de gouvernance. Les outils d’orchestration innovants et multi-plateformes gagnent en adoption, offrant aux acteurs nouveaux comme établis des opportunités pour renforcer leur position sur le marché via acquisitions, partenariats et collaborations.28

Tendances technologiques

À quoi s'attendre en 2026 ?

1. Deloitte, “The cognitive leap: How to reimagine work with AI agents”, décembre 2024. 

2. La projection de base est issue d’une analyse de Deloitte portant sur les prévisions du marché mondial des agents IA autonomes, basée sur sept rapports de recherche publics et de tiers. L’augmentation estimée de 15 à 30 % par rapport aux prévisions repose sur des scénarios futurs dans lesquels moins de projets d’IA agentique seraient annulés, grâce à une meilleure préparation des entreprises.

3. Gartner, “Gartner predicts over 40% of agentic AI projects will be canceled by end of 2027”, communiqué de presse, 5 juin 2025.

4. Bojan Ciric et Prakul Sharma, “Generative AI meets the virtual world: A model for human-AI collaboration”, Deloitte Insights, 10 février 2025. 

5. Abdi Goodarzi et Nitin Mittal, “A new digitally-enabled workforce era: How AI agents can help deliver functional efficiency and value across the enterprise”, Forbes, 18 août 2025. 

6. Tim Smith, Gregory Dost, Garima Dhasmana, Parth Patwari, Diana Kearns-Manolatos, et Iram Parveen, “Digital budgets are rising, but investment strategies may need a recalibration”, Deloitte Insights, 16 octobre 2025. L’enquête a interrogé les répondants sur quatre types d’automatisation par l’IA et sur les actions progressives associées à chacun : les répondants matures ou très matures pour l’automatisation de base (n = 443) et pour l’automatisation de base avec agents IA (n = 153) ; ainsi que ceux ayant des prévisions à trois ans pour l’automatisation de base (n = 245) et pour l’automatisation de base avec agents IA (n = 68). 

7. Prakul Sharma, Val Srinivas, et Abhinav Chauhan, “How banks can supercharge intelligent automation with agentic AI”, Deloitte Insights, 14 août 2025 ; Kausik Chaudhuri, “Applying agentic AI to legacy systems? Prepare for these 4 challenges”, CIO, 16 juillet 2025 ; SaaS meets AI agents: Transforming budgets, customer experience, and workforce dynamics ; Bojan Ciric et Prakul Sharma, “Scaling AI agents may be risky without an enterprise marketplace”, Deloitte Insights, 15 septembre 2025. 

8. Julian Horsey, “AI investment research agent “Ask David” built by JP Morgan”, Geeky Gadgets, 30 mai 2025 ; Irene Iglesias Álvarez, “The agentic AI assist Stanford University cancer care staff needed”, CIO, 30 mai 2025.

9. Isabelle Bousquette, “Why Walmart is overhauling its approach to AI agents”, The Wall Street Journal, 24 juillet 2025.

10. Henry Peng Zou et al., “A call for collaborative intelligence: Why human-agent systems should precede AI autonomy”, arxiv, 11 juin 2025.

11. Jesus Olivera, “Ensuring accuracy in AI with human-in-the-loop”, Medium, 27 septembre 2024.

12. John Werner, “They’re making TCP/IP for AI, and it’s called NANDA”, Forbes, 1er mai 2025

13. Emilia David, “Google’s Agent2Agent interoperability protocol aims to standardize agentic communication”, VentureBeat, 9 avril 2025.

14. Emilia David, “Google’s new agent Payments Protocol (AP2) allows AI agents to complete purchases — is your enterprise ready?”, VentureBeat, 16 septembre 2025.

15. Leslie Joseph and Rowan Curran, “Interoperability is key to unlocking agentic AI’s future”, Forrester, 25 mars 2025.

16. Alfred Shen and Anya Derbakova, “Design multi-agent orchestration with reasoning using Amazon Bedrock and open source frameworks”, Amazon Web Services, 19 décembre 2024 ; IBM, “Multiagent orchestration”, consulté le 7 octobre 2025.

17. Amazon Web Services, “Observe your agent applications on Amazon Bedrock AgentCore Observability”, consulté le 13 octobre 2025.

18. Gartner, “Gartner predicts that guardian agents will capture 10-15% of the agentic AI market by 2030”, communiqué de presse, 11 juin 2025.

19. The Future Society, “How AI agents are governed under the EU AI Act”, 4 juin 2025.

20. CEN-CENELEC, “Artificial intelligence”, consulté le 7 octobre 2025.

21. Daniel Sun, “Capitalize on the AI agent opportunity”, Gartner, 27 février 2025. Gartner est une marque déposée et une marque de service de Gartner, Inc ; et/ou de ses affiliés aux Etats-Unis et à l’international, utilisée ici avec autorisation. Tous droits réservés.

22. Salesforce, “HR leaders to redeploy a quarter of their workforce as agentic AI adoption expected to grow 327% by 2027”, 5 mai 2025.

23. Ibid ; Atikah Amalia, “The marketer’s new job title: AI boss”, Content Grip, 29 avril 2025.

24. Kyle Forrest, Brad Kreit, Abha Kulkarni, Roxana Corduneanu, and Sue Cantrell, “AI, demographic shifts, and agility: Preparing for the next workforce evolution”, Deloitte Insights, 25 août 2025.

25. Michael Caplan et al., “The technology operating model of the future: Rise of the agentic enterprise”, The Wall Street Journal, 23 août 2025.

26. Ritu Jyoti, “The rise of the agentic economy: How autonomous AI is reshaping the future of work”, CIO, 8 septembre 2025.

27. Isabelle Bousquette, “Digital workers have arrived in banking”, The Wall Street Journal, 30 juin 2025.

28. Marina Temkin, “Why AI agent startup /dev/agents commanded a massive $56M seed round at a $500M valuation”, TechCrunch, 28 novembre 2024 ; Hui Wong, “Questflow secures $6.5M seed round to build AI agent economy for every workflow”, Marketers Media, 24 juillet 2025.

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