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Amir Reza-Tofighi : pour une autre gouvernance des PME

Portrait #2 de la revue Anatomie d’un board

Pour Amir Reza-Tofighi, Président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), la gouvernance n’est pas une affaire de taille ou de capitalisation. Les PME et ETI doivent, elles aussi, intégrer une dimension stratégique à leur développement et voir loin pour durer. Mais pas forcément avec les mêmes méthodes que les grands groupes. Analyse d’un homme de terrain.


Le soleil décline sur la City. Dans le calme retrouvé de la salle des marchés londonienne, un manager s’approche d’Amir Reza-Tofighi, alors jeune stagiaire, pour lui faire un pont d’or et lui proposer un poste permanent. Sa réponse fuse : non. « Je savais que je ne trouverais pas là-bas l’impact concret que je voulais avoir sur la vie des gens », explique aujourd’hui le Président de la CPME. Convaincu que cet impact passe par l’entreprise, il quitte Londres, rassemble ses économies, contracte un prêt étudiant et s’associe à Vitalliance, dont il prendra seul les rênes quelques années plus tard. L’entreprise devient un leader des services à la personne. En parallèle, il lance avec des amis plusieurs start-up qui connaissent un succès international : Heetch, plateforme VTC pensée pour les trajets nocturnes, et Click&Boat, dans la location de bateaux.

Ces réussites relèvent-elles d’un plan savamment élaboré ? Ou d’une capacité à naviguer à vue avec méthode ? Pour Amir Reza-Tofighi, pas de place pour le hasard.

Pour Amir Reza-Tofighi, la gouvernance est un levier puissant pour les PME, à condition de respecter une règle d’or : « Un administrateur et un board ne doivent pas évoluer dans un monde parallèle, coupés du quotidien des salariés. Le dialogue entre les deux est capital ».

Ce dialogue sera essentiel pour affronter les défis à venir. Dès sa prise de fonction, Amir Reza-Tofighi avait fixé la barre haut, demandant – non sans humour – un Code du travail ramené à une seule page. Derrière la formule : trois chantiers de fond pour retrouver un agenda de compétitivité et de simplification. Le coût du travail, d’abord, qu’il faut rendre soutenable tout en pérennisant le modèle social. La concurrence déloyale, ensuite, émanant d’économies qui ne respectent pas les mêmes règles. Enfin, la simplification administrative, seule à même de libérer du temps pour penser l’avenir.

Objectif primordial de ce dernier point : retrouver du temps pour la prospective et l’innovation. « Afin de continuer à avoir un impact concret sur la vie des gens », conclut Amir Reza-Tofighi.

Anatomie d’un board

Chaque année, la revue du think tank Confiance & Gouvernance offre l’occasion de prendre du recul sur les pratiques de gouvernance et ce qui fait la force d’un conseil d’administration. Cette édition traite le sujet central de l’équilibre au sein du board.  

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