La hausse des besoins mondiaux en investissements dans les infrastructures impose une forte accélération des financements, notamment en Europe, car malgré la croissance des investissements privés dans les énergies renouvelables, les montants actuels ne couvrent que 37 % des besoins nécessaires pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Les besoins d’investissements dans les projets d’infrastructure en Europe et plus généralement dans le monde sont significatifs et continueront à l’être compte tenu de la croissance démographique, l’évolution des modes de transport, les efforts de réindustrialisation, de reconstruction, la transition énergétique, la sécurité, l’émergence des datacenters, entre autres.
Un contexte géopolitique incertain s’ajoute également à ces dynamiques structurelles, tout comme les risques physiques et matériels liés au changement climatique.
Les investissements privés n’ont cessé de croître ces dernières années, notamment pour les projets d’infrastructures dans les énergies renouvelables. Ces derniers ont plus que doublé depuis 2020, dépassant la barre des 2 milliards de dollars au total.
90 % de ces efforts mondiaux se font dans l’électrification du transport, les énergies renouvelables et les réseaux électriques avec, en tête des investissements, la Chine et les Etats Unis, puis l’Europe et le Royaume Uni. Néanmoins, cet investissement annuel n’est qu’à 37 % du niveau nécessaire pour le reste de cette décennie si le monde souhaite atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. L'accélération des investissements sur le reste de cette décennie, en particulier dans les infrastructures énergétiques, est crucial.
La transposition de Bâle III en droit de l’Union européenne a été finalisée par le règlement Capital Requirements Regulation 3 (CRR3), entré en vigueur en janvier 2025. Le texte contient des planchers de valeurs minimales sur les paramètres prudentiels, progressivement relevés par paliers, identiques pour toutes les classes d’actif, ce qui pourrait rendre plus complexe le financement par les banques des projets d’infrastructures stratégiques et durables : les besoins plus importants en fonds propres auront un impact sur la rentabilité des opérations et rendront l’allocation en capital et les opérations de financement plus compliquées à mettre en place. Par ailleurs, cela pourrait créer des biais de concurrence avec d’autres investisseurs sur le financement de projets d’infrastructures stratégiques, non localisés dans l’Union Européenne.
L’enjeu est donc d’identifier des axes de réflexion complémentaires pour permettre une meilleure compréhension, voire une adaptation du dispositif pour concilier la robustesse financière avec la nécessité de financer des infrastructures stratégiques et durables, socles de la transition énergétique, de la souveraineté industrielle et de la compétitivité économique européenne.
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Pourquoi les investissements dans les infrastructures sont-ils stratégiques en Europe et dans le monde ?
Les besoins d’investissements dans les infrastructures sont en forte croissance en Europe et à l’échelle mondiale. Plusieurs facteurs structurels expliquent cette dynamique :
À cela s’ajoutent un contexte géopolitique incertain et les risques physiques liés au changement climatique, qui rendent ces investissements encore plus prioritaires.
Quels secteurs concentrent la majorité des investissements en infrastructures ?
Près de 90 % des investissements mondiaux dans les infrastructures concernent :
Les principaux pays investisseurs sont la Chine, les États-Unis, l’Europe et le Royaume-Uni.
Cependant, malgré cette dynamique, les investissements actuels ne représentent qu’environ 37 % du niveau annuel nécessaire pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Une accélération significative est indispensable, notamment dans les infrastructures énergétiques.
Qu’est-ce que Bâle III et pourquoi est-ce important pour le financement des infrastructures ?
Bâle III est un cadre réglementaire international visant à renforcer la solidité du système bancaire après la crise financière de 2008. En Europe, sa transposition a été finalisée via le règlement CRR3 (Capital Requirements Regulation 3), entré en vigueur en janvier 2025. Ce texte introduit notamment : des planchers de fonds propres, des exigences prudentielles renforcées, et une harmonisation des règles pour toutes les classes d’actifs.
Quel est l’impact du CRR3 sur le financement des projets d’infrastructures ?
Le CRR3 pourrait rendre le financement bancaire des infrastructures plus complexe :
Conséquence possible : les projets d’infrastructures stratégiques et durables pourraient être moins attractifs pour certaines banques, malgré leur importance pour la transition énergétique et la souveraineté industrielle.
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