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Taxonomie européenne et Pilier 3 ESG : où en sont les établissements financiers ?

Les banques progressent lentement dans la mise en œuvre des obligations ESG, freinées par l’incertitude réglementaire, la disponibilité des données et l’interprétation des nouvelles normes européennes.

Taxonomie européenne et Pilier 3 ESG

Parcourez la dernière version du benchmark (au 31/12/25), réalisé à partir de l’analyse des publications de 19 banques européennes.

Ce qu’il faut retenir   

Taxonomie Européenne 

  • Publication du nouvel acte délégué Taxonomie (UE) 2026/73 : la Commission européenne a publié un nouvel acte délégué applicable dès les publications au 31 décembre 2025. Toutefois, il reste possible d’appliquer les anciens textes toujours en vigueur pour l’exercice 2025. 
  • Allègement des exigences : cette nouvelle version allège certaines contraintes par rapport au texte antérieur, notamment : 
    • Réduction du niveau de granularité exigé dans les modèles de reporting. 
    • Redéfinition du périmètre de calcul du Green Asset Ratio (GAR), avec une augmentation des éléments exclus du dénominateur. 
    • Application possible d’un seuil de 10 % permettant de ne pas publier certains indicateurs clés de performance (ICP). 
    • Report de deux ans de l’obligation de publication des ICP relatifs au « Trading Book » et aux « frais et commissions ». 
  • Focus sur la redéfinition du périmètre : outre les exclusions déjà non éligibles (actifs financiers détenus à des fins de négociation, prêts souverains, expositions à des banques centrales), le nouveau texte élargit le champ des exclusions aux produits dérivés, prêts interbancaires à vue, trésorerie et équivalents, autres actifs ainsi qu’aux expositions sur des entreprises non soumises à la directive CSRD (Corporate sustainability reporting directive), ce qui inclut l’ensemble des expositions non-UE et les PME. 
  • Les conséquences de ce nouvel acte délégué sont directement observables dans les publications des banques européennes. 
  • Dans le panel analysé, 15 banques ont intégré la nouvelle méthodologie dans leurs publications, dont 7 françaises. L’impact sur les ratios est significatif : le GAR est multiplié par 2 voire par 36.  

Pilier 3 ESG 

  • Consécutivement à la publication de la « No Action Letter » par l’European Banking Authority (EBA), aucune banque n’a publié les tableaux relatifs à l’atténuation du changement climatique, soit les tableaux 6 à 10 incluant ceux liés au GAR. 
  • S’agissant des informations sur les émissions de CO2 :  
    • Comme les publications précédentes, le périmètre de calcul varie significativement d’une banque à l’autre avec des banques qui ne retiennent que les secteurs pour lesquelles les données disponibles sont réelles.  
    • Le pourcentage d’estimation est stable par rapport à l’année précédente (entre 30 % et 100 % et une moyenne de 85 %). 
  • Le taux de collecte des DPE varie entre 10 % et 71 %, en fonction des efforts déployés par les banques. En revanche, nous pouvons noter une amélioration depuis 2024, démontrant que les banques ont mis en place des processus pour collecter les DPE.  
  • Les risques physiques sont évalués avant de considérer les mesures d'atténuation telles que la couverture d'assurance ou les stratégies d'adaptation. La plupart des banques semblent avoir une méthodologie d’évaluation des risques climatiques physiques stable étant donné la stabilité des chiffres.  

Questions fréquentes

Quelles sont les nouveautés de la Taxonomie Européenne applicables aux banques en 2025 ?

La Commission européenne a publié le nouvel acte délégué Taxonomie (UE) 2026/73, applicable aux publications arrêtées au 31 décembre 2025. Toutefois, les établissements financiers peuvent encore appliquer les textes précédemment en vigueur pour l'exercice 2025. Cette évolution vise principalement à simplifier les obligations de reporting et à améliorer la comparabilité des indicateurs publiés par les banques européennes.

Comment le nouvel acte délégué Taxonomie allège-t-il les obligations de reporting ?

Le nouveau cadre réglementaire prévoit plusieurs mesures d'allègement : 

  • Une réduction de la granularité demandée dans les modèles de reporting. 
  • Une redéfinition du périmètre de calcul du Green Asset Ratio (GAR).
  • La possibilité de ne pas publier certains indicateurs clés de performance (ICP) lorsqu'ils représentent moins de 10 % du périmètre concerné.
  • Le report de deux ans de l'obligation de publication des indicateurs relatifs au Trading Book ainsi qu'aux activités de frais et commissions.

Ces mesures ont pour objectif de réduire la charge opérationnelle des établissements financiers tout en maintenant la pertinence des informations publiées.

Qu'est-ce que le Green Asset Ratio (GAR) ?

Le Green Asset Ratio (GAR) est un indicateur clé de la Taxonomie Européenne permettant de mesurer la part des actifs bancaires alignés sur les objectifs environnementaux de l'Union européenne. Cet indicateur constitue aujourd'hui l'un des principaux outils utilisés pour évaluer le niveau de financement durable des banques et leur contribution à la transition écologique.

Quel est l'impact du nouveau calcul du GAR sur les banques européennes ?

Les premiers effets sont déjà visibles dans les publications des établissements bancaires. Parmi les banques analysées, 15 ont adopté la nouvelle méthodologie, dont 7 banques françaises. L'impact observé est particulièrement important puisque le Green Asset Ratio peut être multiplié par deux et, dans certains cas, jusqu'à 36 fois par rapport à l'ancienne méthode de calcul.

Comment les banques évaluent-elles les risques climatiques physiques ?

Les risques climatiques physiques sont généralement évalués avant la prise en compte des mesures d'atténuation telles que les couvertures d'assurance, les dispositifs de protection des actifs, et les stratégies d'adaptation au changement climatique. La stabilité des indicateurs publiés suggère que la plupart des banques disposent désormais de méthodologies relativement matures et homogènes pour évaluer leur exposition aux risques physiques liés au climat. 

Quel est le lien entre la CSRD et la Taxonomie Européenne ?

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose à un nombre croissant d'entreprises de publier des informations détaillées en matière de durabilité. Ces données sont essentielles pour les banques, car elles alimentent directement les calculs de Taxonomie Européenne et du Green Asset Ratio. Plus les entreprises publient des informations ESG fiables et standardisées, plus les indicateurs bancaires gagnent en précision et en comparabilité.

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