Face à une incertitude devenue durable, 78 % des CFO français constatent un niveau de risque élevé ou très élevé, tandis que leur rôle évolue vers un pilotage stratégique de la résilience des entreprises. Entre tensions géopolitiques, inflation, taux d’intérêt, coûts de l’énergie et fragilisation des chaînes d’approvisionnement, les directions financières doivent désormais anticiper et gérer une instabilité devenue la nouvelle norme.
Corrélat d’un optimisme en perte de vitesse, le chiffre d’affaires et les marges opérationnelles s’imposent aujourd’hui comme les indicateurs les plus sensibles, reflet d’un environnement macroéconomique instable et d’une pression marquée sur les coûts.
Pour 78 % des CFO français, le niveau d’incertitude externe est élevé ou très élevé (soit 9 points au-dessus de la moyenne européenne qui est de 69 %), signe d’une sensibilité accrue au contexte macroéconomique.
77 % des directeurs financiers français jugent la période peu propice aux risques de bilan : une posture défensive qui traduit la priorité donnée à la solidité du bilan sur les ambitions d’expansion.
La croissance interne reste l’axe stratégique n°1 (7,19 sur une échelle de 1 à 10), confirmant que les CFO choisissent d’investir dans leur cœur d’activité plutôt que de s’en retirer.
La réduction des coûts (6,87) et la croissance sur les marchés existants (6,82) arrivent juste derrière, suivis par la digitalisation et le lancement de nouveaux produits, suggérant un double objectif : protéger les marges tout en poursuivant le développement de la base clients. L’axe stratégique le moins ciblé concerne les dépenses d’investissement (CAPEX, à 4,22), faisant écho à un positionnement défensif.
Le financement interne s’impose pour 44 % des CFO français, contre 60 % au niveau européen. Un écart qui s’explique moins par un désintérêt pour l’autofinancement que par une plus grande disponibilité de fonds propres dans le tissu des grandes entreprises européennes.
Le risque géopolitique s’affirme majeur. 79 % le considèrent comme une menace significative devant les perspectives économiques à 67 % et l’alourdissement de la réglementation à 39 %. Parmi les domaines les plus impactés se trouvent l’approvisionnement en matériaux essentiels à 53 %, l’approvisionnement énergétique et la politique commerciale à 49 %, illustrant un monde où les flux commerciaux sont de plus en plus instrumentalisés.
53 % ont investi dans l’analyse de risques et les études d’impact pour renforcer leur résilience, mais encore peu de leviers d’adaptation sont déployés. 8 % n’ont rien entrepris VS 11 % au niveau européen, battant en brèche un présupposé retard français. Les entretiens qualitatifs soulignent que les risques géopolitiques touchent les grandes entreprises de façon surtout indirecte, à travers budgets client, contraintes d’approvisionnement et inflation réglementaire.
L’impact effectif et prévisionnel des chocs pétroliers est acquis par l’ensemble des acteurs. Cependant, les directeurs financiers français semblent garder confiance dans la résilience du tissu énergétique national et dans les fondamentaux de leur entreprise.
En effet, pour 74 %, l’augmentation des coûts énergétiques en Europe a déjà un impact sur leur rentabilité opérationnelle ou a ralenti les décisions d’investissements, et 38 % anticipent une influence négative modérée à significative sur leurs marges. À l’échelle européenne, ce sont 48 % des CFO qui suggèrent une plus grande exposition et/ou un plus fort attentisme.
Pour autant, 68 % pensent que leur business model absorbera le choc des perturbations énergétiques sans impact majeur sur les 12 prochains mois, révélant une certaine résilience énergétique française.
Trois chantiers qui viendront structurer cette trajectoire dans les mois à venir :
Identifier les points de fragilité de l’entreprise : approvisionnement en matières premières, chaîne logistique, évolution des prix ou encore cybersécurité. L’objectif est de limiter l’impact d’un choc extérieur sur l’activité et de pouvoir réagir rapidement.
Disposer de suffisamment de trésorerie et de ressources propres pour faire face aux imprévus. Cela passe notamment par une meilleure maîtrise de la liquidité et par des simulations régulières (stress tests) pour mesurer la capacité de l’entreprise à résister à une hausse de l’inflation, des taux ou à un ralentissement de l’activité.
Ne plus attendre la fin de l’année pour ajuster les prévisions : les mettre à jour régulièrement et tester différents scénarios. Cette démarche permet d’intégrer les risques financiers, géopolitiques et réglementaires dans la stratégie à moyen terme et de mieux préparer les décisions à venir.
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Pour découvrir les résultats à l'échelle européenne, accéder à l'étude Deloitte European CFO Survey - Spring 2026.
Fin 2025, dans un environnement économique marqué par l’incertitude, les directeurs financiers français confirment leur rôle d’architectes de la résilience et de la performance durable.