Depuis 2015, la Matmut s’est profondément transformée pour faire face à l’évolution du marché. David Quantin, DSI membre du COMEX en charge du Numérique et de l’Innovation, témoigne des évolutions qui ont permis à la DSI non seulement de se transformer, mais aussi de devenir un véritable partenaire des métiers par un réel apport de valeur.
Nous observons actuellement sur le marché une nouvelle orientation stratégique autour d’architectures ouvertes et composables, notamment avec l’open source.
L'accélération des migrations vers le cloud avait fixé un cap assez uniforme sur les trajectoires à tenir.
Or, dans un paysage géopolitique complexe et avec des dépendances économiques ou technologiques envers certains fournisseurs, les DSI reprennent désormais les commandes du Make or Buy.
La modernisation des systèmes legacy est désormais regardée avec un prisme de lecture différent avec une vision d’une architecture composable et plus agile.
Cette transition est également l’occasion de renforcer les compétences internes, là où, parfois des centres de services avait été outsourcés.
Les DSI fixent donc de nouvelles règles du jeu sur l’allocation de leurs ressources et leurs investissements stratégiques, l’open source est désormais une option viable.
Ce choix permet de limiter la dépendance aux fournisseurs, de définir ses propres choix d’architecture et de répondre aux enjeux de souveraineté et, évidemment de maîtrise des coûts.
C’est pourquoi nos équipes Deloitte, en collaboration avec Red Hat, ont interrogé David Quantin, DSI membre du COMEX en charge du Numérique et de l’Innovation au sein de la Matmut, qui transforme sa DSI depuis 2021 et qui est un exemple réussi de réflexion en profondeur de son socle technologique avec l’open source.
Face à l’émergence des InsurTech telles que Alan ou Acheel, les acteurs traditionnels de l’assurance ont dû s’adapter et accélérer leur transition digitale pour rester compétitifs.
Ces nouveaux acteurs, entièrement numériques, ont profondément transformé les attentes des clients en matière de simplicité, d'apparente transparence et de rapidité.
Sous l’impulsion de son Directeur Général, Nicolas Gomart, une vaste transformation a débuté en 2015, pour faire de la Matmut une entreprise omnicanale (chaque client décidant de son interaction en vis-à-vis, au téléphone ou en digital).
Aujourd'hui, ces efforts portent leurs fruits avec 70 % des souscriptions qui débutent par le canal digital et jusqu’à 30 % qui se font en full digital.
Pour accompagner l’évolution des besoins des métiers, la Direction des Systèmes d’Information a élaboré, en 2021, un Schéma Directeur des Systèmes d’Information (SDSI), qui vise à garantir la maîtrise du SI et à préserver l’autonomie numérique de l’entreprise, tout en soutenant les ambitions de développement et d’innovation des métiers.
Ce schéma directeur, présenté au conseil d’administration et aux instances représentatives, s’inscrit dans un programme structurant sur 6 ans avec un objectif de transformation totale des SI.
Plutôt que d'imposer et d'opposer les métiers et l'IT, la démarche vise à repenser en profondeur les processus métiers en collaboration avec les évolutions informatiques possibles, pour que le numérique reste un facilitateur au service de l’efficacité et de l’innovation.
Cette transformation passe par 4 grands piliers : 1. la modernisation du SI, 2. le cloud, 3. l’Open Source et 4. un model opérationnel adapté.
« Le numérique n’est pas le cerveau, mais le cœur et les artères : il fait circuler l’information, c’est l’infrastructure essentielle au fonctionnement quotidien. »
La Matmut a fait le choix stratégique de refondre complètement son infrastructure IT, en s’appuyant sur une architecture moderne, basée sur les microservices, les API et la containerisation, afin de gagner en agilité et en évolutivité.
La Matmut affirme sa volonté de conserver une maîtrise stratégique et une souveraineté opérationnelle, s’appuyant sur des data centers modernes et des compétences internes valorisées.
Dans cette dynamique, la plateforme Red Hat OpenShift a été déployée, apportant robustesse et flexibilité.
L’infrastructure a été entièrement repensée selon les standards du cloud, afin d’assurer une portabilité optimale et de préparer l’entreprise aux évolutions futures.
La stratégie d’hébergement repose sur une logique différenciée :
Un partenariat avec S3NS a été établi pour bâtir un cloud de confiance, assurant l’hébergement des données dans un environnement sécurisé et contrôlé. Ce cloud de confiance se distingue du cloud souverain, qui suppose un contrôle national ou européen sur les infrastructures et les données.
Adopté comme socle technologique à travers des solutions telles que Linux ou OpenShift, l’open source offre à la Matmut la flexibilité, indépendance technologique, économique et contractuelle nécessaire pour s’adapter aux évolutions du marché et de toujours garder la main.
Afin de garantir la sécurité et la robustesse de ses environnements, la Matmut s’appuie sur des partenaires reconnus comme Red Hat, tout en conservant la possibilité de changer de fournisseur à tout moment. Cette approche préserve l’autonomie stratégique et limite les risques de dépendance technologique de l’entreprise, un choix d’architecture assumé.
La DSI s’est rapprochée des métiers de la Matmut grâce à un fort engagement du comité de direction, une révision globale des processus métiers et une gouvernance transparente vis-à-vis des métiers.
La DSI a également renforcé son autonomie de gestion, développant sa capacité à recruter, investir et arbitrer avec discernement. En misant sur le développement de ses collaborateurs, elle a su préserver et renforcer l’expertise interne couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Cela passe par la formation à tous les niveaux, dont une collaboration avec Red Hat.
Une prise de recul est nécessaire pour prendre les bonnes décisions. Aujourd’hui, il n’existe pas de solution universelle. Les choix technologiques doivent s’adapter aux différents cas d’usage, avec l’objectif de répondre au mieux aux besoins métiers.
« L’agentique représente une révolution de la même magnitude que celle du digital. »
La révolution numérique, amorcée avec l’informatisation dans les années 1970, s’est accélérée avec internet et l’IA, nous plongeant aujourd’hui dans un monde numérique hybride.
Face à cette dynamique, une question centrale émerge : à quoi ressemblera le SI de demain ?
Les premières tendances annoncent un SI plus flexible, avec un découplage du cœur SI et des systèmes tiers, apte à intégrer des agents intelligents et, à terme, à exploiter les possibilités offertes par les technologies à venir, notamment sur le quantique.
A l’image de l’intégration de l’IA à la Matmut, la technologie est déployée de manière progressive et ciblée, en réponse aux besoins réels des métiers. Une attention particulière est portée à la sensibilité des données ainsi qu’à l’évolutivité et la pérennité des solutions mises en place.
de chiffre d'affaires
assurance dommages, assurance santé, épargne/prévoyance
de sociétaires
dont environ 500 à la DSI