L’intelligence artificielle change l’échelle de la fraude et oblige les banques et assureurs à passer de la détection du faux à la capacité de prouver le vrai. Face à cette nouvelle exigence, le cadre européen ouvre la voie à un « pare-feu de confiance », qui concentre la preuve sur les moments à risque et sécurise l’identité, le mandat, le consentement, la notification et l’archivage.
L'intelligence artificielle change l'échelle de la fraude. Elle permet de produire plus vite, à moindre coût, des voix, des visages, des documents et des scénarios crédibles. Pour les banques et les assureurs, le sujet n'est donc plus seulement de détecter le faux, mais de pouvoir prouver le vrai. Dans la banque et l'assurance, cette bascule se joue précisément là où se créent la confiance et la valeur : dans des interactions à distance, entre des personnes qui ne se connaissent pas, au moment où l'on engage un droit, une responsabilité ou un patrimoine. Le sujet n'est plus seulement d'authentifier, mais de rendre l'acte prouvable dans le temps.
Le cadre elDAS 2.0 et le portefeuille d'identité numérique européen (EUDI Wallet) inaugurent un changement majeur de la logique de la preuve : le passage d'une collecte documentaire à une preuve minimale, vérifiable, proportionnée et réutilisable.
Combiné au règlement Anti-Money Laundering Regulation (AMLR), qui harmonise et renforce les exigences de vigilance relatives à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme (LCB-FT) à l'échelle européenne, ce changement de paradigme doit guider les décisions des dirigeants de la banque et de l'assurance.
Dans ce contexte, Deloitte s’associe à Docaposte pour proposer un cadre opérationnel : le pare-feu de confiance. Son rôle est simple : détecter les moments sensibles d'un parcours, choisir le bon niveau de preuve, puis constituer un dossier exploitable en cas de fraude, de contrôle ou de litige, reposant sur cinq dimensions clés : identité, mandat, consentement, notification et archivage électronique probant. Ce cadre s'appuie aussi bien sur le cadre de sécurité et d'interopérabilité applicable au portefeuille européen d'identité numérique que sur le règlement d'exécution du 16 décembre 2025 fixant les exigences applicables aux services d'archivage électronique qualifié - une dimension trop souvent négligée de la chaîne de preuve.
Plutôt que de multiplier les contrôles sur tous les flux, ce pare-feu concentre l'effort là où la valeur et le risque sont les plus élevés.
La mise en place d'un pare-feu de confiance et d'une politique de preuve suppose de conjuguer vision stratégique et capacité d'exécution dans les parcours critiques.
Deloitte apporte le cadrage stratégique et business : priorisation des cas d'usage à fort enjeu, définition des niveaux de preuve pertinents, construction des business cases et pilotage de la trajectoire de transformation orientée ROI.
Docaposte apporte l'industrialisation de services de confiance - dont plusieurs qualifiés au sens d'elDAS : identité numérique, signature électronique, recommandé électronique, archivage probant et coffre client, opérés à grande échelle et conformes au cadre elDAS 2.
Ensemble, Deloitte et Docaposte apportent aux directions générales de la banque et de l'assurance un cadre de décision et de mise en œuvre : où renforcer la preuve, à quel niveau, avec quels services de confiance et selon quels indicateurs de valeur.
En combinant les services de confiance (identification électronique de niveau substantiel ou élevé, signature avancée/qualifiée, recommandé électronique, archivage probant) sur les actes vraiment sensibles, les institutions réduisent les fraudes, les erreurs de reconstitution des dossiers, tout en renforçant leur capacité à démontrer la conformité de leurs parcours Know Your Customer/Know Your Business (KYC/KYB).
L'objectif n'est pas d'intégrer le portefeuille d'identité numérique dans tous les parcours, mais de l'utiliser là où il renforce réellement la preuve.
Pour chaque acte sensible, l'institution doit pouvoir définir le niveau de preuve attendu (faible, substantiel ou élevé), son opposabilité et ses conditions d'archivage. La politique de preuve devient ainsi une décision de direction, et non un simple choix d'outil.
Cette approche devient essentielle à mesure que les parcours clients se digitalisent. Compromission de comptes, usurpation d'identité, fraude documentaire, exigences de conformité et contentieux renforcent le même besoin : ne plus seulement vérifier une identité à un instant donné, mais constituer une preuve exploitable dans la durée.
En passant de la collecte documentaire à la preuve minimale, vérifiable et réutilisable, les parcours clients deviennent plus simples, plus rapides et plus lisibles ; cette simplicité et ce gage de confiance renforcent les moments sensibles sans alourdir l'expérience et renforce la satisfaction comme la fidélisation des clients.
Cette synthèse pose les principes directeurs et leur déclinaison opérationnelle, séquencée sur 90 jours. Retrouvez l’ensemble des actions à mener dans l’étude.
À propos de Docaposte
Filiale numérique du groupe La Poste et référent de la confiance numérique, Docaposte accompagne les entreprises et les institutions publiques dans leur transformation. Éditeur de logiciels et de solutions numériques de confiance, intégrateur et opérateur de plateformes, Docaposte opère sur trois marchés clés : secteur public, santé et finance. Docaposte s’appuie sur ses technologies propriétaires et ses expertises en cloud, cybersécurité, data et IA pour concevoir et opérer des parcours numériques sécurisés en conformité avec les réglementations les plus exigeantes. Leader des solutions numériques de confiance, premier opérateur de données de santé et scolaires en France, Docaposte allie souveraineté technologique et sens de l’intérêt général. Elle compte plus de 50 000 clients, 6 500 collaborateurs répartis sur 61 sites en France et à l’international. Docaposte a réalisé 878 M€ de chiffre d’affaires en 2025.
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