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Les PME suisses deviennent de plus en plus attractives pour les investisseurs internationaux : record des acquisitions étrangères

Zurich, le 11 février 2026

L’année dernière, l’activité M&A des PME suisses a de nouveau enregistré une forte progression. Le volume de fusions et acquisitions s’est élevé à 208 transactions, soit une hausse de 16%, renouant ainsi avec un niveau proche de 2021, comme le montre la dernière étude de Deloitte sur l’activité M&A. La moitié des acquéreurs viennent de l’étranger, soit un niveau record. Toutefois, l’année 2025 a été marquée par un franc recul des acquisitions par des entreprises américaines. Dans le même temps, les entreprises suisses ont adopté une approche plus prudente dans leurs acquisitions à l’étranger.

Après deux années baissières, le marché des fusions-acquisitions a connu un net redressement du côté des PME suisses au cours de l’année sous revue. Au total, 208 transactions de fusion-acquisition ont été enregistrées, soit une hausse de 16% par rapport à l’année précédente. Le marché suisse des PME s’inscrit ainsi dans la tendance mondiale vers une reprise sensible de l’activité M&A. C’est ce que montre la dernière étude en date du cabinet d’audit et de conseil Deloitte consacrée à l’activité M&A des PME suisses.

Les acheteurs étrangers ont stimulé le marché et représentent à eux seuls la moitié de toutes les transactions : avec 104 transactions conclues (2024 : 63), le nombre de transactions Inbound, c’est-à-dire les acquisitions de PME suisses par des entreprises étrangères, a établi un nouveau record, accusant une hausse de 65%. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis que Deloitte a commencé l’enquête, en 2013 (voir figure 1).

« Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, la Suisse bénéficie de sa stabilité économique, de sa force d’innovation et de sa solide position sur des marchés de niche spécialisés », explique Jean-François Lagassé, Vice-Chairman et responsable du secteur gestion de fortune au niveau mondial. « Les investisseurs internationaux ciblent des entreprises résilientes et des produits innovants avec un potentiel de croissance à long terme – et c’est de plus en souvent dans les PME suisses qu’ils les trouvent. »

Les transactions purement suisses (domestiques) ont également connu un léger rebond au cours de l’année sous revue. Le nombre d’acquisitions entre PME suisses a crû de 10% pour atteindre 53 transactions (2024 : 48). Si ce chiffre reste inférieur aux pics atteints les années précédentes, il témoigne néanmoins de la confiance durable des entreprises dans le marché domestique.

Les PME suisses opèrent avec une prudence accrue à l’étranger

 

À rebours de l’évolution essentiellement positive, le nombre de transactions Outbound, c’est-à-dire les fusions et acquisitions réalisées à l’étranger, où des PME suisses agissent en tant qu’acquéreurs, accuse un net reflux. Avec 51 opérations, le volume total est en recul de 25% par rapport à l’année dernière (2024 : 68). Deux secteurs ont été tout particulièrement touchés : les sciences de la vie, avec zéro acquisition, l’industrie manufacturière, avec une baisse de 50%.

Cette évolution reflète la prudence accrue d’un grand nombre d’entreprises suisses. Sur fond de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur le front des politiques commerciales et face à un environnement d’investissement parsemé de défis de taille, de nombreuses PME se sont recentrées sur leur cœur de métier et sur leurs marchés existants. Les acquisitions à l’étranger ont principalement été réalisées là où des acquisitions complémentaires ciblées semblaient opportunes d’un point de vue stratégique – souvent dans le secteur des biens de consommation et des prestations de services.

Principaux objectifs d'acquisition : les secteurs informatique et de la consommation

 

La reprise du marché suisse des PME a été tirée principalement par le secteur de l’informatique et de l’édition de logiciels, responsable à lui seul de 56% de la croissance des transactions Inbound. Au total, plus d’un quart (28%) de la totalité des acquisitions de PME suisses (domestiques et Inbound) ont concerné le secteur informatique – un niveau deux fois plus élevé que celui de l’année précédente. Ce bond en avant souligne la force d’innovation des entreprises technologiques suisses et leur attractivité pour les acheteurs internationaux. Le secteur des biens de consommation tire lui aussi son épingle du jeu : avec 13 transactions, il enregistre la plus forte croissance parmi les transactions purement domestiques. A contrario, les transactions dans l’industrie manufacturière, les entreprises des sciences de la vie et le secteur de la santé accusent un recul au niveau national.

Chute des investissements américains

 

Les investisseurs européens sont tout particulièrement intéressés par les PME suisses et représentent plus de quatre transactions Inbound sur cinq (83%) (voir figure 2). L’année 2025 a été marquée par des changements significatifs : pour la première fois, les acquéreurs français ont représenté le premier groupe d’investisseurs étrangers, avec 27%, devant l’Allemagne (19%). Les investissements par des acteurs du reste de l’Europe (31% au total) ont également affiché une forte progression, notamment ceux des pays nordiques, dont la part est passée à 13%. En revanche, la part des acheteurs américains a reculé de plus de moitié, passant de 17% à seulement 8%. Jean-François Lagassé explique : « La baisse de plus de moitié du nombre d’acheteurs américains est considérable. La faiblesse du billet vert par rapport au franc suisse ainsi que la politique douanière des États-Unis ont rendu les transactions plus coûteuses et plus incertaines. Les investisseurs européens ont comblé ce vide avec conviction. »

Le capital-risque, principal moteur de la croissance

 

Le capital-risque est ressorti comme le principal moteur du marché suisse des fusions-acquisitions et a joué un rôle clé en 2025. Au total, les investisseurs financiers ont pris part à 116 transactions, soit une hausse de 45% par rapport à 2024. Ainsi, 56% de l’ensemble des transactions correspondent à des investissements alimentés par du capital-risque. Cette augmentation s’explique avant tout par des acquisitions complémentaires ciblées, lesquelles ont été multipliées par cinq en 2025 : les sociétés de capital-risque étrangères ciblent des PME suisses dans le but de renforcer leurs portefeuilles.

Des conditions favorables, mais un environnement parsemé de défis

 

L’avenir proche devrait accoucher d’un nouvel essor de l’activité M&A, avec une focalisation européenne encore plus marquée. Jean-François Lagassé : « Les perspectives pour l’année 2026 sont encourageantes : faibles taux d’intérêt, volume de capitaux d’investissement élevé dans le capital-risque et investissements intra-européens – autant de signes qui pointent vers une montée en puissance des transactions. Les risques géopolitiques et les barrières commerciales demeurent cependant des facteurs d’incertitude significatifs. Notre étude montre clairement que les PME suisses jouissent d’une excellente réputation. En 2026, elles confirmeront ainsi leur attractivité en tant que partenaires ou cibles d’acquisition. »

À propos du rapport M&A

L’étude Deloitte sur l’activité M&A des PME suisses analyse les transactions de fusion et de reprise (acquisition de participations majoritaires) des petites et moyennes entreprises suisses entre le 1er janvier et le 31 décembre. Deloitte définit une PME comme une entreprise réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de francs suisses, employant moins de 250 personnes et affichant une valeur d’entreprise comprise entre 5 et 500 millions de francs suisses.

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