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Points à retenir
Les entreprises technologiques canadiennes à forte croissance poursuivent leur expansion dans un contexte difficile marqué par un ralentissement économique, un accès plus restreint aux capitaux et une complexité opérationnelle accrue. Pourtant, les organisations les plus performantes ne se contentent pas de composer avec ces vents contraires. Elles redéfinissent leur façon de croître en prenant des décisions réfléchies quant à leurs investissements, aux capacités qu’elles développent et aux moyens de transformer leur élan en avantage concurrentiel durable.
Les candidatures soumises au programme Technologie Fast 50MC de Deloitte Canada illustrent bien cette évolution. Ce programme reconnaît les 50 entreprises technologiques canadiennes ayant enregistré la plus forte croissance de leurs revenus sur une période de deux à trois ans consécutifs. Pour la première fois, les données recueillies dans le cadre des candidatures au programme Fast 50 ont été combinées aux perspectives de RBCx, d’EDC, de TMX et de Deloitte Ventures afin de mieux comprendre les facteurs qui alimentent la croissance de ces entreprises. Les résultats révèlent une tendance commune : une croissance durable repose sur un accès rigoureux au capital, le développement de talents de calibre mondial et la capacité de transformer l’innovation en avantage concurrentiel durable.
Voici ce que nous observons chez les chefs de file du secteur technologique canadien.
Les conditions de financement envoient des signaux contrastés. Parmi les plus de 200 entreprises ayant présenté leur candidature au programme Technologie Fast 50MC, près de la moitié indiquent que leur accès au capital est demeuré stable d’une année à l’autre. À l’inverse, 29,1 % estiment que cet accès s’est détérioré, tandis que 20,7 % constatent une amélioration. Malgré un volume de transactions de capital de risque à son plus faible niveau en cinq ans1, 53,7 % prévoient tout de même lever des capitaux.
Le capital demeure accessible, mais il est de plus en plus concentré dans un nombre restreint de fonds, au sein de rondes de financement plus importantes et au profit d’un plus petit nombre d’entreprises. Les activités de financement des entreprises technologiques canadiennes ont amorcé l’année 2026 en force : 2,69 milliards de dollars ont été investis au premier semestre, soit 17 % de plus que les 2,30 milliards de dollars enregistrés à la même période en 2025, ce qui représente la première hausse annuelle des investissements au premier semestre depuis 20212. Toutefois, cette reprise demeure inégale : le nombre de transactions a reculé de 8,8 %, prolongeant la tendance à la baisse amorcée en 20213. En d’autres termes, davantage de capitaux sont investis dans un plus petit nombre de transactions, ce qui rehausse les exigences pour les entreprises à la recherche de financement et confirme une dynamique de marché qui récompense davantage la sélectivité que la seule croissance.
Les fondateurs s’adaptent en conséquence. Bien que 53,7 % des entreprises ayant présenté leur candidature au programme Technologie Fast 50MC prévoient de lever des capitaux, plusieurs accordent également une importance croissante au maintien du contrôle de leur entreprise : 59,6 % comptent demeurer des sociétés fermées et en conserver la propriété, tandis que seulement 10,3 % envisagent un premier appel public à l’épargne.
L’accès au capital varie également selon les secteurs. Les entreprises spécialisées en IA, en informatique quantique, en défense, en matériel intelligent et robotique ainsi qu’en cybersécurité surpassent celles du secteur des technologies destinées aux consommateurs. Cette tendance laisse croire que les investisseurs concentrent leurs capitaux sur des technologies liées à la productivité, à la souveraineté et à la résilience. Les entreprises qui évoluent dans ces domaines sont donc susceptibles d’être mieux alignées sur les priorités qui orientent actuellement les décisions d’allocation du capital.
Le véritable changement consiste à passer d’une logique de croissance à tout prix à une expansion fondée sur l’utilisation efficiente du capital. Cela signifie obtenir le bon financement, au bon stade de croissance et selon les bonnes conditions, tout en prenant des décisions réfléchies quant à l’actionnariat, au contrôle de l’entreprise et à la préparation d’un éventuel PAPE.
Pour les entreprises technologiques canadiennes affichant la plus forte croissance, le talent est devenu un facteur limitatif de l’expansion. La concurrence demeure féroce, alors que le Canada continue de perdre des travailleurs hautement qualifiés, des entrepreneurs et de la propriété intellectuelle au profit des États-Unis, notamment en raison de salaires plus élevés, d’un meilleur accès au capital et d’une activité d’acquisition plus soutenue. Les résultats indiquent que l’attraction et la rétention des talents rivalisent désormais avec l’accès au financement parmi les principaux obstacles à la croissance.
À mesure que l’IA et les autres technologies émergentes transforment les modèles d’affaires et les processus opérationnels, les entreprises doivent également développer les compétences nécessaires pour concrétiser le potentiel de productivité associé à ces investissements. Parmi les entreprises ayant présenté leur candidature, les principales priorités en matière de talents sont le perfectionnement des compétences techniques (66,5 %) et l’acquisition de compétences spécialisées (66 %).
Cet enjeu est particulièrement manifeste chez les candidats au programme Technologie Fast 50MC, qui considèrent la planification de la main-d’œuvre comme leur principal défi à venir (59,6 %), devant la mobilisation de capitaux (56,2 %).
Le marché du travail dans son ensemble reflète le même défi. Selon l’étude des Tendances mondiales en capital humain 2026 de Deloitte, Deloitte’s 2026 Global Human Capital Trends (en anglais), 85 % des dirigeants estiment que la capacité à s’adapter rapidement est essentielle à la réussite de leur organisation. Pourtant, seulement 7 % affirment avoir réalisé des progrès significatifs à cet égard. L’écart entre la prise de conscience de la nécessité du changement et le développement des capacités organisationnelles requises pour le concrétiser demeure considérable.
Les données de l’OCDE mettent également en lumière les défis auxquels sont confrontées les entreprises canadiennes. Bien que 51 % des Canadiens participent à des activités d’apprentissage, comparativement à 40 % dans l’ensemble des pays de l’OCDE, le Canada obtient des résultats moins favorables en ce qui concerne la profondeur, la pertinence et l’orientation technologique de ces apprentissages4. Par ailleurs, 49 % des PME canadiennes qui n’utilisent pas l’IA citent le manque de compétences comme un obstacle à son adoption5. L’OCDE conclut que la formation liée à l’IA peut jouer un rôle déterminant dans la réduction de cet écart.
Le lien entre le talent et la croissance est manifeste à toutes les étapes du développement d’une entreprise. Parmi les candidats des catégories Sociétés prometteuses et Chefs de file de l’industrie, les organisations comptant de 10 à 50 employés ont affiché le taux de croissance moyen le plus élevé, soit 2 936 %. Ce constat indique qu’une croissance rapide n’est pas limitée aux premières étapes du parcours entrepreneurial et qu’elle peut se poursuivre à mesure que les entreprises renforcent leurs capacités organisationnelles.
Contrairement aux grandes organisations, les entreprises en expansion ne disposent pas toujours des infrastructures d’apprentissage, des programmes de perfectionnement du leadership et des ressources de formation interne nécessaires pour développer continuellement leurs capacités. Par conséquent, la responsabilité du perfectionnement des compétences repose souvent sur les employés eux-mêmes, précisément au moment où les organisations ont le plus besoin d’une approche coordonnée pour renforcer leurs capacités.
L’innovation demeure au cœur des priorités des entreprises admissibles au palmarès Fast 50. Plus du tiers des candidats (36,5 %) indiquent que la recherche et le développement figureront parmi leurs principaux axes d’investissement au cours des une à trois prochaines années. La mise à l’échelle des plateformes, l’innovation en intelligence artificielle et l’automatisation des flux de travail se distinguent comme les domaines de R-D les plus prometteurs.
Le défi réside toutefois dans l’exécution. Bien que 86 % des entreprises s’attendent à ce que l’IA génère des gains de productivité, seulement les deux tiers l’utilisent pour réinventer en profondeur leurs processus6. Bon nombre d’organisations continuent de privilégier des améliorations progressives, alors que les gains les plus importants découlent souvent d’une remise en question des flux de travail, des processus décisionnels et des modèles opérationnels. Près de la moitié (48 %) des opérations canadiennes de capital de risque d’entreprise concernaient des sociétés spécialisées en IA7, ce qui témoigne de la confiance croissante envers les technologies capables de stimuler la productivité, l’automatisation et l’efficacité opérationnelle.
Le Canada bénéficie également d’un avantage structurel que de nombreux fondateurs sous-estiment. Des programmes comme l’incitatif fiscal pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE), ainsi que d’autres mécanismes de financement de l’innovation, continuent d’offrir un soutien important à la recherche et au développement technologique. Les récentes réformes ont renforcé la capacité du programme de RS&DE à répondre à l’évolution des besoins des innovateurs canadiens. L’occasion consiste à tirer parti de ces programmes de façon stratégique, non seulement pour compenser les coûts de R-D, mais aussi pour accélérer le passage de l’expérimentation à la commercialisation.
Les entreprises qui créent un avantage durable sont celles qui parviennent à transformer efficacement l’innovation en moteur de croissance. Les technologies exclusives, l’adoption de l’IA et les investissements en R-D créent de la valeur lorsqu’ils se traduisent par de nouvelles capacités, une productivité accrue et une différenciation concurrentielle durable.
Les données recueillies auprès des candidats au programme Technologie Fast 50MC offrent un aperçu précieux de la réalité des entreprises technologiques canadiennes affichant la plus forte croissance et mettent en évidence des mesures concrètes que les dirigeants peuvent prendre dès maintenant.
Les entreprises technologiques canadiennes affichant la plus forte croissance démontrent qu’une expansion réussie repose désormais sur une approche plus disciplinée. Elles harmonisent leurs stratégies de financement avec leurs objectifs de contrôle à long terme, développent leurs talents avant que ceux-ci ne deviennent un facteur limitatif et orientent leurs efforts d’innovation vers des résultats d’affaires mesurables.
Les données du programme Technologie Fast 50MC indiquent que la prochaine génération de chefs de file du secteur technologique canadien ne se distinguera pas par sa rapidité seule. Elle réussira en créant des synergies entre le capital, le talent et l’innovation afin de transformer une croissance rapide en avantage durable.
Pour obtenir des perspectives plus approfondies et une analyse adaptée à votre organisation fondées sur les données du programme Fast 50, communiquez avec nos leaders.
« Lorsque les entreprises technologiques fondées au Canada réussissent, c’est le Canada qui réussit. Elles créent des emplois à forte valeur ajoutée, stimulent l’innovation, attirent les investissements et propulsent les idées canadiennes sur la scène mondiale. Leur croissance renforce notre économie aujourd’hui tout en contribuant à façonner les industries de demain. »
– Cheryl Manuel, Leader des relations, Deloitte Canada