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Les jeunes en Suisse face à la pression financière : leurs projets de vie sont reportés, l’accès à la propriété hors de portée

Zurich, le 18 juin 2026

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Les difficultés d’accès au logement (rareté de l’offre et obstacle financier) ont un impact considérable sur les plans de carrière de la génération Z et des millennials en Suisse. Pour des raisons financières, ces jeunes reportent des décisions importantes concernant leurs projets de vie. C’est ce que révèle une nouvelle étude Deloitte. Malgré la pression financière subie par les jeunes générations, ces dernières sont moins focalisées sur leur carrière. Dans leur majorité, les jeunes ont une opinion positive de l’IA.

Pour la quinzième édition de l’étude consacrée aux générations Z et millennials « Gen Z and Millennial Survey » du cabinet d’audit et de conseil Deloitte, 22’595 personnes issues de 44 pays, dont 400 en Suisse, ont été interrogées : 300 membres de la génération Z (nés entre 1995 et 2007) et 100 représentants de la génération Y ou « millennials » (nés entre 1983 et 1994). Les résultats montrent que les jeunes en Suisse ont une nouvelle conception de la réussite : la stabilité, l’équilibre et la flexibilité comptent désormais autant que les carrières rapides.

46% des jeunes de la génération Z et 60% des millennials en Suisse déclarent que leur situation financière les a conduits à reporter des décisions importantes concernant des projets de vie : mariage, famille, formation, etc. Par ailleurs, 54% des représentants de la génération Z et 53% des millennials déclarent ne pas être en mesure d’accéder à la propriété – un chiffre nettement supérieur à la moyenne internationale (51% pour la génération Z, 40% pour les millennials). Près de la moitié des personnes interrogées en Suisse déclarent vivre d’un salaire à l’autre. Un chiffre là aussi légèrement supérieur à la moyenne mondiale. Il en résulte que près d’un tiers des membres de la génération Z (31%) et un peu plus des deux cinquièmes des millennials (41%) ressentent une insécurité financière.

Les répercussions de l’angoisse financière sur l’équilibre entre travail et vie privée

Financial concerns impacting work/life balance« La Suisse est une place économique attractive caractérisée par des salaires élevés. Toutefois, même les jeunes disposant d’une solide formation et d’un emploi stable ont de plus en plus de mal à accéder à un logement en propriété. Ce constat ne reflète pas seulement un problème individuel, il envoie aussi un signal d’alarme pour la place économique suisse : si nous voulons attirer et retenir les talents, les acteurs politiques doivent prendre à bras-le-corps le problème de la tension sur le marché immobilier suisse. », déclare Michael Grampp, économiste en chef chez Deloitte Suisse.

Les questions financières occupent une place importante parmi les préoccupations des jeunes générations (voir illustration 2). Pourtant, même s’ils s’inquiètent de leur situation financière, près d’un cinquième des jeunes de la génération Z et des millennials interrogés ne travaillent pas à temps plein ou n’ont pas d’emploi fixe. Pour un grand nombre de personnes interrogées, le choix d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée est pleinement assumé : ainsi, pas moins de 23% des représentants de la génération Z et 20% des millennials citent « le maintien d’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée » comme objectif principal – avant même la progression de carrière.

Santé mentale : un tournant sur le marché du travail

Les jeunes de la génération Z et les millennials en Suisse sont moins ambitieux sur le plan professionnel que leurs homologues dans le reste du monde : il ressort en effet du sondage que seuls 33% des membres de la génération Z et 26% des millennials aspirent à une « progression professionnelle constante » (comparaison mondiale : 44% des jeunes de la génération Z, 45% des millennials). 48% des représentants de la génération Z et 57% des millennials en Suisse accepteraient un poste de direction en contrepartie d’une rémunération plus élevée. Ils conditionnent l’aspiration à une promotion à des critères importants à leurs yeux, à savoir des modèles de travail flexibles, des mesures de soutien à la santé mentale, des formations en leadership et du coaching.

« Les arguments du ‹ titre et du salaire › à eux seuls ne suffisent plus aujourd’hui pour retenir les talents », tient à préciser Tiina Pokkinen, associée dans la pratique Human Capital chez Deloitte Suisse. « Les employeurs doivent proposer du sens, de la flexibilité et un soutien efficace. Les jeunes générations investissent délibérément dans leur santé mentale et physique et prennent le temps de cultiver leurs relations personnelles, car elles sont conscientes de leur durabilité accrue sur le long terme. Les entreprises doivent adapter leur mentalité. C’est en proposant un environnement de travail qui donne du sens et propose de la flexibilité et du soutien que les entreprises peuvent attirer à elles et fidéliser des collaboratrices et collaborateurs engagés. Celles qui ignorent ces attentes ne seront pas en mesure de retenir les talents. »

Aujourd’hui, les entreprises ont toutefois pris conscience des enjeux de la santé mentale : 78% des jeunes de la génération Z et 70% des millennials estiment que leurs employeurs prennent la santé mentale au sérieux – un chiffre en forte hausse par rapport à 2024 (génération Z : 59% ; millennials : 58%). La disposition à parler ouvertement de la charge mentale avec la hiérarchie a également progressé : ainsi, 75% des membres de la génération Z et 70% des millennials osent aborder ce sujet avec leur hiérarchie.

L’intelligence artificielle est perçue positivement

Les jeunes générations portent un regard optimiste sur les technologies du numérique : à une grande majorité, l’IA est considérée comme exerçant un impact positif sur la vie professionnelle (81% des membres de la génération Z et 77% des millennials) et sur la vie privée (87% des membres de la génération Z et 80% des millennials) – un pourcentage nettement supérieur à la moyenne mondiale. En Suisse, 73% des représentants de la génération Z et 67% des millennials déclarent utiliser l’IA dans leur travail quotidien.

« Le débat sur l’intelligence artificielle est souvent dominé par la crainte de voir des emplois disparaître », précise Michael Grampp. « Notre étude montre toutefois que pour ces générations, l’IA n’est pas simplement une menace pour l’emploi, mais aussi un outil. Elles y voient l’opportunité d’automatiser les tâches répétitives et de pouvoir ainsi se recentrer sur les tâches qui ont un sens. C’est précisément de cette mentalité que nous avons besoin pour rester compétitifs. »

À propos de l’étude

Dans le cadre de l’étude « Global Gen Z and Millennial Survey 2026 » de Deloitte, 22’595 personnes ont été interrogées au total, dont 14’384 jeunes de la génération Z et 8’211 millennials issus de 44 pays d’Amérique du Nord, d’Amérique latine, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Afrique et de la région Asie-Pacifique. En Suisse, 400 personnes (300 représentants de la génération Z et 100 millennials) ont participé à l’enquête. Celle-ci a été conduite entre le 24 novembre 2025 et le 19 janvier 2026. Deloitte définit les générations comme suit : génération Z, jeunes nés entre janvier 1995 et décembre 2007 ; millennials, jeunes nés entre janvier 1983 et décembre 1994.