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Vos données administratives sont-elles prêtes à générer de la valeur grâce à l’IA?

À mesure que l’IA transforme les ERP, les dirigeants doivent moderniser leurs données administratives, renforcer leur gouvernance et s’appuyer sur un noyau technologique solide pour créer davantage de valeur.

Points essentiels

  • À mesure que l’IA se déploie dans l’ensemble de l’entreprise, la valeur des ERP repose plus que jamais sur leur rôle administratif, en tant que fondement fiable des données et des contrôles qui soutiennent l’intelligence d’entreprise.
  • L’IA déplace la création de valeur vers les couches situées autour du noyau technologique, notamment les agents, l’automatisation et l’analytique, ce qui transforme en profondeur la façon dont les ERP sont conçus et déployés.
  • Les dirigeants ne peuvent pas se permettre d’attendre que le marché des ERP se stabilise. Ils doivent toutefois éviter de moderniser leurs systèmes en fonction d’hypothèses qui pourraient s’avérer erronée

Discutez avec nos dirigeants

L’IA transforme les systèmes d’entreprise, mais elle ne réduit en rien le besoin de données administratives centralisées. Au contraire, à mesure que les organisations intègrent l’IA à leurs processus opérationnels essentiels, la qualité des données, la conformité et la gouvernance deviennent encore plus cruciales. Sans ces fondements, il est impossible de déployer l’IA à grande échelle de façon sécuritaire et fiable.

Les dirigeants font donc face à un nouveau défi : moderniser leurs systèmes administratifs suffisamment rapidement pour tirer parti de la valeur créée par l’IA, tout en évitant des choix d’architecture susceptibles d’engendrer des risques à long terme.

Pour de nombreuses organisations, l’ERP constitue le principal système de référence des fonctions administratives. Il fournit les données fiables, les contrôles et la gouvernance dont l’IA dépend. Afin de mieux comprendre l’évolution de cette relation, nous avons échangé avec des leaders du secteur des technologies de Deloitte au Canada et ailleurs dans le monde. Leur constat est clair : l’avenir des ERP ne repose pas sur leur remplacement, mais sur leur réinvention autour d’un noyau stable capable de soutenir un écosystème élargi d’IA, d’automatisation et de services intelligents.  

« En fin de compte, les données doivent toujours être structurées de manière à pouvoir être interprétées par les machines. L’IA ne remplace pas les ERP ; elle en constitue plutôt une évolution. Sans ERP, il n’est pas possible de tirer pleinement parti de l’IA. » — leader mondial, Technologies 

L’ERP demeure la couche de contrôle de l’entreprise à l’ère de l’IA

Selon Gartner, d’ici 2030, plus de la moitié des tâches fondamentales des ERP seront exécutées de façon autonome par l’IA1. Or, d’ici 2027, seulement 30 % des organisations devraient disposer de la qualité de données nécessaire pour tirer pleinement parti des capacités avancées de l’IA2. L’écart entre l’ambition et l’état de préparation devient ainsi un facteur de différenciation concurrentielle de plus en plus déterminant.  

« Le défi consistant à rapprocher les activités de l’entreprise et les technologies, tout en comprenant les processus fondamentaux, demeurera, même dans un monde où l’IA occupe une place centrale. » — leader canadien, Stratégie technologique 

L’IA accroît la valeur des données d’entreprise fiables, ce qui renforce encore davantage le rôle de l’ERP en tant que système de référence pour les fonctions administratives de l’organisation.

Sans un noyau technologique solide, l’IA ne dispose pas de données adéquatement gouvernées, des contrôles, ni de la traçabilité nécessaires pour passer à l’échelle. L’ERP demeure donc le fondement qui soutient la prise de décisions, l’automatisation et la conformité, tout en permettant aux organisations d’intégrer l’IA de façon sécuritaire.

À mesure que l’adoption de l’IA agentique s’accélère, les organisations les plus avancées dissocieront de plus en plus les processus fondamentaux stables des couches d’innovation en constante évolution.  

L’IA crée de la valeur à la périphérie de l’ERP, et non dans son noyau

Les capacités agentiques deviennent une composante standard des architectures d’entreprise. Elles permettent aux organisations de coordonner plus efficacement leurs processus, leurs décisions et leurs flux de données à l’échelle de l’entreprise.

L’IA générera la plus grande valeur dans les activités répétitives, fondées sur des règles et présentant un niveau de risque relativement faible, notamment :

  • L’automatisation et l’optimisation des flux de travail
  • Les processus agentiques qui s’étendent à plusieurs systèmes
  • L’orchestration automatisée des processus d’affaires

À mesure que ces capacités gagnent en maturité, l’ERP évolue. Il ne sert plus uniquement de référentiel administratif de données ; il devient une plateforme qui met ces données au service de l’orchestration de l’IA. Un noyau technologique fiable, alimenté par des données de qualité, demeure essentiel pour offrir la base stable, sécuritaire et structurée sur laquelle l’innovation propulsée par l’IA peut s’appuyer. Le noyau continue d’assurer les fonctions critiques de l’ERP, mais ces capacités deviennent de plus en plus normalisées.

Par conséquent, les facteurs de différenciation concurrentielle évoluent. Les organisations ne se démarquent plus uniquement par les capacités de leur ERP, mais aussi par l’intelligence, l’automatisation et les expériences propulsées par l’IA qu’elles développent autour de celui-ci.

Le parcours de transformation des ERP évolue et s’accélère

Si l’infonuagique a marqué la dernière grande vague de transformation des entreprises, l’IA provoque aujourd’hui un changement fondamental dans la façon dont les ERP sont modernisés, enrichis et mis à contribution pour créer de la valeur à l’échelle de l’organisation.

Cette évolution modifie également les risques associés à l’inaction. Contrairement aux précédents cycles de transformation, où les organisations pouvaient retarder leur adoption sans conséquences concurrentielles majeures, l’IA impose un rythme beaucoup plus rapide. Les retardataires risquent davantage de perdre du terrain à mesure que leurs concurrents intègrent l’intelligence dans leurs processus, leur prise de décisions et leurs expériences client.

Parallèlement, les paramètres économiques de la transformation des ERP évoluent. Selon les prévisions, les outils propulsés par l’IA permettront de réduire de 40 % les coûts de mise en œuvre des ERP d’ici 2030, tout en réorientant les équipes TI des tâches manuelles et de maintenance vers des activités à plus forte valeur ajoutée et à portée plus stratégique3. Cette évolution contribue à réduire les obstacles traditionnels à la transformation, tout en rehaussant les attentes à l’égard de ce que les ERP peuvent offrir.

De nouvelles contraintes redéfinissent la façon dont les dirigeants avancent

À mesure que l’IA s’intègre davantage aux processus de l’entreprise, les dirigeants doivent trouver un équilibre entre rapidité d’exécution et responsabilisation. Ils doivent aussi veiller à ce que les nouvelles capacités évoluent dans un cadre réglementaire, sécuritaire et architectural clairement défini.

Plusieurs enjeux prennent de l’importance :

Souveraineté et contrôle des données

La souveraineté des données devient un critère de plus en plus important dans les décisions d’acquisition et de conception des ERP, particulièrement pour les organisations canadiennes. À la suite de l’adoption de lois comme le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (CLOUD Act) aux États‑Unis, les organisations accordent une attention accrue à l’emplacement de leurs données, à leur gouvernance et à la façon dont elles circulent d’un territoire à l’autre4. Cette préoccupation a donné lieu à des initiatives structurées, comme la Souveraineté numérique : Un cadre pour améliorer la préparation numérique du gouvernement du Canada, qui définit la façon dont le gouvernement du Canada exerce son autonomie à l’égard de ses données, de ses systèmes et de ses infrastructures. Elle alimente également les discussions du secteur, notamment dans le cadre du récent webinaire de Deloitte intitulé Forts, libres... ou presque : les enjeux de la souveraineté numérique au Canada.

D’ici 2030, les facteurs géopolitiques devraient orienter 75 % des nouveaux déploiements d’ERP en Europe et dans la région Asie-Pacifique vers des environnements infonuagiques souverains, ce qui reflète une tendance mondiale plus large en faveur de la conformité, de la sécurité et de l’autonomie5.

Pressions réglementaires

Les contraintes encadrant l’utilisation de l’IA se resserrent, particulièrement dans les processus réglementés et susceptibles de faire l’objet d’un audit. Les organisations doivent s’assurer que les décisions prises avec l’aide de l’IA peuvent être expliquées, retracées et gouvernées. Cette exigence s’accompagne de nouvelles attentes en matière de transparence, de validation et de surveillance au sein des environnements ERP. Le cadre réglementaire demeure en évolution. Les contrôles liés à l’information financière devront continuer d’être conformes aux exigences réglementaires canadiennes, et les données assujetties à un audit seront vraisemblablement limitées aux systèmes ERP.

Écosystème multipartenaire en expansion

Les écosystèmes ERP ne se limitent plus à une seule plateforme. D’ici 2030, le tiers des décisions de sélection d’un ERP devrait être influencé par les places de marché d’applications des fournisseurs, ce qui renforce la nécessité d’une gouvernance rigoureuse des intégrations, des capacités et des écosystèmes de partenaires6. La gestion de cette complexité devient une responsabilité architecturale essentielle. Par ailleurs, les paramètres économiques à long terme de l’IA demeurent incertains. Les coûts associés aux jetons continuent d’augmenter, les modèles de licence évoluent rapidement et le marché pourrait nécessiter davantage de temps pour atteindre sa maturité.

« Dans le secteur de la santé, pour des organisations gouvernementales peu enclines au risque comme la nôtre, les solutions standard du marché représentent une avenue éprouvée et moins risquée. Les clients privilégient donc souvent une solution entièrement fondée sur des produits standard afin de maintenir un coût total de possession raisonnable et conforme aux contraintes budgétaires, tout en reconnaissant que ces solutions intègrent déjà de plus en plus de capacités agentiques. Cela pourrait toutefois évoluer avec l’essor de l’IA générative. Nous sommes tous enthousiastes face au potentiel de ces nouvelles technologies. Nous continuons d’apprendre et nous nous montrons de plus en plus ouverts à l’idée de concevoir, lorsque cela est pertinent, des agents d’IA, des interfaces et des outils automatisés de test logiciel sur mesure. » — chef de la direction des technologies, secteur de la santé  

Sécurité et confiance

La sécurité et la confiance demeurent des fondements essentiels à mesure que les capacités de l’IA progressent. Les systèmes de base doivent rester hautement sécuritaires, structurés et résilients. Les cyberrisques augmentent considérablement en raison de l’exposition croissante des données non structurées utilisées par l’IA (comme le démontre notamment Mythos).

Ensemble, ces contraintes redéfinissent la transformation des ERP. Les dirigeants doivent concevoir des architectures qui sont non seulement innovantes, mais également gouvernables, sécuritaires et adaptées à un environnement opérationnel de plus en plus complexe.

Ne rien faire n’est pas une option, mais agir trop rapidement comporte aussi des risques

Les organisations subissent une pression croissante pour investir dans l’IA, alors que leurs concurrents intègrent des capacités intelligentes à leurs plateformes ERP, à leurs systèmes de référence et à leurs processus d’affaires essentiels.

Toutefois, la rapidité sans structure crée des risques. Une adoption non coordonnée peut entraîner une multiplication de cas d’usage isolés, une gouvernance insuffisante et une création de valeur limitée.

Le défi auquel les dirigeants sont confrontés devient de plus en plus clair :

  • Agir rapidement afin de saisir les occasions émergentes et éviter de prendre du retard.
  • Garder le cap pour veiller à ce que l’adoption soit structurée, bien gouvernée et alignée sur les objectifs d’affaires.

Les organisations qui réussiront seront celles qui trouveront le juste équilibre : maintenir leur élan tout en faisant preuve de rigueur dans la façon dont l’IA est introduite, déployée à grande échelle et gouvernée à l’échelle de l’entreprise.

L’ERP demeure le fondement de l’intelligence d’entreprise

À mesure que les organisations intègrent des capacités plus avancées d’analytique, d’automatisation et d’IA agentique dans leurs environnements, elles ont besoin d’un système de référence capable de coordonner les données, les processus et les décisions à grande échelle.

Le succès dépend de la capacité à trouver le juste équilibre entre stabilité et innovation. Les organisations les plus avancées adoptent une approche structurée :

Protéger le noyau technologique

Maintenir une assise stable, sécuritaire et bien gouvernée qui continue de soutenir les fonctions essentielles du système de référence.

Accélérer l’innovation en périphérie

Déployer des capacités propulsées par l’IA autour du noyau technologique afin de stimuler l’automatisation, d’enrichir la prise de décisions et de générer de nouvelles sources de valeur. Adopter une vision globale de l’écosystème plutôt qu’une approche en silos.

Évoluer dans la complexité avec une approche claire et structurée

Concevoir des architectures, des modèles de gouvernance et des modes de fonctionnement capables de gérer la complexité croissante de l’écosystème sans freiner la progression. Compléter l’innovation technologique par des investissements ciblés dans les talents afin de développer les compétences nécessaires pour soutenir, avec confiance, les nouvelles architectures et les nouveaux modèles de gouvernance.

Comment Deloitte peut vous aider

Les organisations n’ont pas besoin de toutes les réponses aujourd’hui, mais elles ont besoin d’une feuille de route claire pour aller de l’avant.

Deloitte aide les dirigeants à évaluer leur environnement ERP, à cibler les occasions offertes par l’IA et à élaborer des feuilles de route de transformation qui concilient innovation, gouvernance et création de valeur à long terme.

Communiquez avec nos leaders dès aujourd’hui.

  1. Gartner, « Predicts 2026: The Future of ERP by Gartner® » (en anglais), 8 décembre 2025.
  2. Gartner, « Predicts 2026 » (en anglais).
  3. Gartner, « Gartner Survey Finds AI Will Touch All IT Work by 2030 » (en anglais), 10 novembre 2025.
  4. Congress.gov, « H.R.4943 - CLOUD Act » (en anglais), consulté le 26 juin 2026.
  5. Gartner, « Gartner Survey Reveals Geopolitics Will Drive 61% of CIOs and IT Leaders in Western Europe to Increase Reliance on Local Cloud Providers » (en anglais), 12 novembre 2025.
  6. Gartner, « Predicts 2026 » (en anglais).

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