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Au-delà de la trousse médicale

Faire évoluer les soins de santé des FAC pour demain

Le système de santé militaire du Canada fait face à une demande croissante. Il doit intervenir davantage dans des environnements nationaux et déployés de plus en plus complexes et soutenir les opérations sur des périodes prolongées. Ces exigences exercent une pression réelle sur la capacité du système à fournir des soins au rythme nécessaire pour appuyer les Forces armées canadiennes.

Au-delà de la trousse médicale explore ce qu’il faudra pour renforcer les services de santé à l’échelle de l’ensemble des besoins en soins des Forces armées canadiennes. De la prestation des soins en première ligne jusqu’à la récupération à long terme, la modernisation demeure essentielle pour bâtir un système de santé militaire résilient, capable de soutenir celles et ceux qui servent. Et lorsque les soins évoluent au même rythme que la mission, la disponibilité opérationnelle progresse elle aussi.


Dans les systèmes de santé militaire à travers le monde, des approches novatrices sont adoptées pour favoriser l’innovation et offrir des soins agiles et de calibre mondial, tant sur les lignes de front qu’au pays. Les innovations transforment le système de santé militaire opérationnel grâce aux avancées en télémédecine, aux diagnostics alimentés par l’IA et aux dispositifs médicaux portatifs et robustes, permettant des soins plus rapides et précis dans tous les environnements. Parallèlement à ces innovations, les progrès en matière d’interopérabilité et les efforts d’adoption – tels que les communications sécurisées, l’optimisation des processus d’approvisionnement et la collaboration entre les alliés – soutiennent le déploiement rapide et maximisent les avantages de ces nouvelles avancées.

Les services de santé militaires constituent depuis longtemps un pilier de la préparation opérationnelle, offrant tout, des examens de routine aux interventions d’urgence vitales. Grâce à de nouveaux investissements dans des technologies de pointe, les forces armées du monde entier redéfinissent les possibilités de la médecine de terrain, en particulier la transformation des évacuations médicales (MEDEVAC) et des évacuations de blessés (CASEVAC), ainsi que la prise en charge des blessés pendant l’heure critique (golden hour) suivant un événement sur le champ de bataille. Ces avancées façonnent un avenir où la médecine opérationnelle privilégie à la fois la rapidité et la précision.

Les conflits récents, comme la guerre en Ukraine, ont mis en évidence l’importance de systèmes de soutien médical résilients et distribués, dotés de différents niveaux de capacité. Des drones livrant des fournitures médicales vitales aux soldats blessés sur le champ de bataille, aux véhicules terrestres autonomes utilisés pour les MEDEVAC, en passant par les plateformes numériques assurant une allocation efficace des ressources, ces innovations illustrent comment la technologie peut transformer la prestation des soins en traumatologie, même dans les environnements les plus hostiles et à haut risque.

L’intégration de la télémédecine dans les zones de combat présente toutefois des défis spécifiques. Des communications sécurisées sont essentielles pour protéger la chaîne d’approvisionnement médicale et les données sensibles du personnel contre la guerre électronique, les menaces de renseignement d’origine électromagnétique et les interférences. De plus, les contraintes budgétaires et les obstacles liés à l’approvisionnement peuvent freiner l’adoption rapide de technologies vitales, rendant difficile pour certains pays de suivre les progrès médicaux militaires et de maintenir l’interopérabilité avec leurs alliés.

En adoptant ces innovations et en favorisant la collaboration, les systèmes de santé militaires peuvent garantir des soins rapides, résilients et vitaux pour ceux qui servent, partout et en tout temps.


Les exigences psychologiques du service militaire, combinées à la complexité de la médecine psychiatrique, posent des défis persistants à l’échelle mondiale. Ces problématiques contribuent à l’augmentation des taux de suicide, à une diminution de l’efficacité opérationnelle réduite, à des répercussions sur le recrutement et la rétention, ainsi qu’à des conséquences à long terme sur la santé des militaires en service et des vétérans. Pour relever ces défis et améliorer les soins en santé mentale dans les forces armées, il est essentiel de renforcer la détection précoce et la prévention, d’augmenter l’efficacité des interventions grâce à des innovations technologiques et d’investir dans la recherche de pointe afin de développer de nouveaux outils et traitements.

La détection précoce et la prévention contribuent à protéger le bien-être des militaires, en veillant à ce qu’ils restent prêts, récupèrent rapidement et demeurent résilients. Pour rendre cela concret, l’intégration d’une formation de base (p. ex., soins tenant compte des traumatismes, réseaux de soutien entre pairs) dans l’instruction initiale et la formation « Route vers le déploiement » permet d’établir et de maintenir de bonnes habitudes, tandis que des points de contrôle structurés et périodiques les renforcent. Un dépistage cohérent et complet (par exemple, le PHQ-9 pour la santé mentale) tout au long de la carrière d’un militaire, lorsqu’il est intégré aux dossiers médicaux électroniques et aux données de formation/personnel, permet des évaluations automatisées et personnalisées du risque de blessure de stress opérationnel. L’IA peut compléter ce processus en assurant un suivi continu et en orientant les membres vers des interventions ciblées au besoin. Une évaluation précoce et répétée, combinée à des points de contact intentionnels, crée un filet de sécurité fiable qui protège les membres et préserve l’efficacité opérationnelle.

Il est nécessaire d’élargir les interventions non médicales afin de faciliter l’accès rapide aux soins et réduire la dépendance aux services civils, compte tenu de la pénurie de cliniciens et de la localisation parfois éloignée des membres. Des thérapies novatrices et des outils numériques, tels que la télésanté, la réalité augmentée, la stimulation cérébrale profonde non invasive et les réseaux de soutien entre pairs, sont essentiels pour améliorer l’accès et l’efficacité des soins. Parallèlement à ces innovations,
il convient de continuer à privilégier des thérapies économiques et fondées sur des données probantes (p. ex., la décompression dans un lieu tiers).


Les forces armées modernes doivent composer avec des défis changeants liés au personnel, à la réputation et à la santé, ce qui souligne la nécessité de renforcer les stratégies de recrutement et de rétention, en particulier dans un contexte de pressions géopolitiques en évolution. À mesure que la nature du service militaire se transforme, la santé et le bien‑être de l’ensemble du personnel deviennent des fondements essentiels de la préparation opérationnelle. Cela implique de reconnaître que les femmes constituent une composante indispensable de la profession des armes, et que leur santé, leurs expériences et leur leadership contribuent directement à l’efficacité des forces.

Les femmes représentent désormais 16,3 % des Forces armées canadiennes, avec un objectif fixé à 25 %. Pourtant, la rétention demeure un défi. Accorder la priorité au soutien de la santé physique et mentale des militaires féminines est donc à la fois une nécessité opérationnelle et un investissement stratégique qui renforce la diversité, améliore le moral et enrichit la prise de décision au sein des forces. Par exemple, les efforts devraient inclure des programmes cliniques adaptés au genre, des recherches militaires spécifiques tenant compte du genre, ainsi que qu’un soutien et des investissements ciblés dans des domaines tels que les soins de santé reproductive, la ménopause et le soutien familial. En prenant en compte les besoins de santé particuliers qui influencent la participation et la performance des femmes, tout en reconnaissant les défis culturels et structurels plus larges, les forces armées peuvent bâtir une organisation plus inclusive, compétente et mieux préparée à la mission.  


Les vétérans canadiens connaissent des taux disproportionnellement élevés de problèmes de santé mentale et physique; 33 % de ceux qui reçoivent des prestations d’Anciens Combattants Canada (ACC) ont un diagnostic psychiatrique lié au service, tel que le trouble de stress post-traumatique (TSPT), la dépression, l’anxiété ou des troubles liés à l'usage de substances. Lorsque ces conditions ne sont pas traitées, les conséquences vont bien au-delà du bien-être individuel, entraînant une utilisation accrue des soins d’urgence, une hausse des coûts de soins de santé à long terme, un risque plus grand d’itinérance et un taux de chômage plus élevé. Les blessures physiques liées au service, notamment les traumatismes crâniens, la douleur chronique et les amputations, compliquent davantage la réintégration, en particulier pour les vétérans vivant en dehors des grands centres urbains et ayant un accès limité à des soins spécialisés. Ces réalités démontrent clairement que le manque d’investissement dans la santé et le soutien à la transition des vétérans entraîne d’importantes conséquences sociales, économiques et humaines.

Au-delà des besoins de santé individuels, les vétérans se heurtent à des obstacles systémiques lorsqu’ils naviguent dans le paysage fragmenté des soins au Canada. Les transitions sont souvent compliquées par le #manque d’intégration entre les soins de santé militaires fédéraux et les systèmes civils provinciaux, obligeant les vétérans à demander et à gérer eux-mêmes de volumineux dossiers médicaux, qui peuvent être incomplets ou difficiles à interpréter pour les prestataires civils. Les longs délais d’attente, les disparités géographiques dans l’accès aux services et le passage d’un environnement structuré et solidaire à la vie civile peuvent accentuer le stress et l’isolement. Ces défis soulignent l’importance d’une approche mieux coordonnée et centrée sur les vétérans, visant à alléger le fardeau administratif, assurer la continuité des soins et soutenir une réintégration réussie à long terme.

Renforcer les processus de réintégration n’est pas seulement un devoir moral, mais aussi un investissement stratégique permettant aux vétérans de continuer à mettre à profit leurs compétences, leur leadership et leur résilience au sein des communautés à travers le pays. En adoptant les meilleures pratiques internationales, en développant des programmes de réintégration innovants et en comblant les lacunes existantes dans les soins, le Canada peut réaffirmer son engagement envers ceux qui ont servi, tout en renforçant sa réputation nationale et internationale en tant que pays qui honore ses militaires.


La médecine militaire moderne fait face à des pressions sans précédent, et les choix effectués aujourd’hui façonneront son efficacité future. Le conflit en Ukraine a mis en lumière les dures réalités de la guerre moderne, renforçant la nécessité de soins opportuns et de haute qualité tant sur les lignes de front qu’à l’arrière, ainsi que les risques accrus auxquels sont confrontés les professionnels de la santé évoluant dans des environnements contestés. Parallèlement, l’évolution des pratiques cliniques parmi les nations alliées et dans les provinces canadiennes, notamment l’intégration croissante d’outils alimentés par l’IA en médecine, offre des perspectives essentielles sur la façon dont les FAC peuvent moderniser les soins médicaux en garnison et en opération pour répondre à ces nouvelles exigences.

À mesure que les menaces pesant sur les infrastructures de santé s’intensifient, agir de manière décisive dès maintenant contribuera à protéger le personnel militaire et la réussite des missions. Un investissement stratégique dans des solutions alimentées par l’IA, l’informatique de santé, une infrastructure de données robuste et une collaboration fluide entre les systèmes de santé militaires, civils et alliés représente une occasion de transformation. L’IA a la capacité de permettre aux machines d’accomplir des tâches semblables à celles des humains, tandis que l’informatique de santé veille à ce que les données soient utilisées efficacement pour aider les cliniciens à offrir de meilleurs soins. Ensemble, elles ont le potentiel de transformer les soins de santé de la Défense canadienne en améliorant la précision des décisions cliniques,
la préparation opérationnelle et la durabilité du système.

  • Renforcer la prise de décision clinique : les outils propulsés par l’IA révolutionnent la prise de décision clinique en médecine militaire, permettant des diagnostics et des traitements plus rapides et plus précis, même dans des environnements à ressources limitées. Par exemple, des plateformes de diagnostic alimentées par l’IA peuvent interpréter en temps réel des radiographies et échographies portables sur le champ de bataille, réduisant ainsi la dépendance aux spécialistes dans des situations où le temps est un facteur critique. Une infrastructure numérique interopérable relie également les données militaires et civiles, offrant à la chaîne de commandement une vision de la santé de la population et éclairant les politiques. 
  • Optimiser la formation pré-déploiement et la préparation opérationnelle : l’IA et l’informatique de santé intégrée transforment la formation pré-déploiement et la préparation opérationnelle en s'appuyant sur des données réelles de patients et des scénarios tactiques pour déterminer les compétences et les lignes directrices essentielles à chaque contexte opérationnel. Cette approche fondée sur des données probantes aligne la formation sur les besoins réels du personnel déployé, améliorant ainsi la préparation, l’efficacité clinique, l’accessibilité et l’actualité de la formation. 
  • Gérer les coûts des soins de santé tout en allégeant le fardeau administratif : les coûts des soins de santé continuent d’augmenter alors que la demande de services s’intensifie. L’IA peut prévoir les coûts, modéliser l’effet de nouvelles interventions et rationaliser les tâches administratives qui détournent les prestataires de soins de leurs patients. Parmi les exemples figurent la transcription vocale des notes cliniques, la gestion automatisée des prescriptions et le préremplissage des formulaires (p. ex., CF98, DND663). Ces gains d’efficacité permettent de gagner du temps, d’améliorer la précision et de libérer les cliniciens pour qu’ils se consacrent sur les soins.  
Quelle est la prochaine étape?

La santé militaire moderne exige des investissements ciblés et une exécution rigoureuse. Les FAC et le MDN peuvent s’attendre à des gains mesurables de préparation opérationnelle en accélérant l'innovation en médecine opérationnelle, en intégrant la résilience en santé mentale, en comblant les écarts en santé des femmes, en facilitant la réintégration des vétérans et en déployant à grande échelle une base sécurisée de données de santé. Les actions ci-dessous alignent les mesures immédiates sur le développement des capacités à long terme, de sorte que les progrès réalisés dans un domaine (p. ex., la portée de la télésanté ou le partage des données) renforcent directement un autre domaine (p. ex., la formation pré-déploiement, la continuité des soins et les rapports sur l’état de préparation).

L’innovation transforme les systèmes de santé militaires, et une stratégie multidimensionnelle peut aider à atténuer les frictions bureaucratiques pour garantir que les technologies médicales essentielles et prêtes au combat soient rapidement déployées. Cette stratégie peut inclure :

  • Systématiser la veille technologique : cette approche permettra d’identifier rapidement les technologies de santé ayant un effet sur l’efficacité sur le champ de bataille.
  • Adopter une approche standardisée : lors de l’expérimentation d’innovations, l’utilisation d’une approche standardisée par le l'entremise de programmes comme IDEeS et Solutions innovatrices Canada peut accélérer l’innovation.
  • Rationaliser les processus d’approvisionnement.
  • Développer des voies réglementaires spécialisées lorsque cela est pertinent.

De plus, la collaboration avec les alliés de l’OTAN et des organisations telles que le Centre d’excellence de la médecine militaire accélère l’interopérabilité et le partage des connaissances concernant les innovations et technologies médicales émergentes.

Soutenir adéquatement la santé mentale des militaires, des vétérans et de leur famille exige une réponse coordonnée entre plusieurs ministères et organismes gouvernementaux. Trois facteurs clés sont essentiels à cet effort :

  • Accès légiféré aux soins de santé mentale : à titre d’exemple au Canada, les droits d’accès aux soins de santé mentale pour les vétérans et leurs familles sont souvent appliqués de façon inégale et demeurent insuffisants pour répondre à la complexité de leurs besoins. Bien que des efforts soient en cours pour remédier à cette situation, les gouvernements fédéraux des pays de l’OTAN devraient envisager de renforcer l’accès légiféré aux prestations de santé mentale pour les vétérans et leur famille. Cela améliorerait l’équité en santé, offrirait une meilleure clarté aux prestataires, réduirait le taux de refus de couverture, améliorerait l’accès à long terme au soutien psychologique en tant que service essentiel, et fournirait un leadership national cohérent.
  • Stratégie nationale de connectivité numérique : les forces armées devraient promouvoir une stratégie nationale réfléchie sur la connectivité numérique en santé, qui appuie la continuité des soins, réduit les délais d’attente pour les consultations spécialisées, améliore la cybersécurité et donne aux militaires un meilleur contrôle sur l’accès à leurs données de santé.
  • Renforcement des relations civilo-militaires : les services de santé militaires devraient collaborer encore plus étroitement avec des organisations civiles telles que Wounded Warriors Canada, la Légion, HiMARC et Boots on the Ground, afin de garantir que les vétérans reçoivent des soins et un soutien complets et continus, au-delà de leur période de service actif.

Voici ce que les FAC et les forces alliées peuvent faire pour créer un environnement plus sain et inclusif pour les femmes militaires :

  • Préparation clinique et soins adaptés au genre : il est nécessaire d’investir dans la formation continue des cliniciens et dans l’adoption de méthodes de dépistage avancées et fondées sur des données probantes (comme l’échographie quantitative ou l’absorptiométrie à rayons X en double énergie) pour des affections telles que l’ostéoporose, l’anémie ferriprive et la préménopause. Les programmes de santé doivent être inclusifs et adaptés aux besoins de tout le personnel, y compris les membres 2SLGBTQ+,  les personnes non binaires, les personnes issues de diverses origines culturelles, et les femmes trans. Cela exige une formation complète des praticiens pour garantir le confort et la compétence dans le soutien à toutes les personnes, ainsi qu’un renforcement de l’application des politiques tenant compte du genre concernant les accommodements, l’accessibilité et l’accès à l’équipement approprié dans l’armée. Enfin, la recherche médicale sur la santé des femmes (par exemple, les effets à long terme du stress musculo-squelettique causé par les plateformes à haute vibration comme les hélicoptères) aide non seulement à prévenir les blessures, mais soutient aussi la préparation opérationnelle et le bien-être général des femmes occupant des rôles militaires exigeants, tout en éclairant les décisions et les soutiens des programmes d’Anciens Combattants Canada après le service.
  • Planification familiale et santé maternelle : il faut accorder la priorité à la disponibilité de soins gynécologiques de routine, au dépistage des cancers reproductifs et à l’accès aux services de garde d’enfants (en particulier en bas âge) tout au long du cycle de développement. Les services de santé militaires devraient offrir davantage d’éducation et de soutien concernant les enjeux de santé reproductive, comme la grossesse, les soins post-partum et la ménopause, afin de garantir que les femmes reçoivent des soins appropriés tout au long de leur carrière militaire.
  • Santé menstruelle et urinaire : il est nécessaire de fournir aux femmes déployées un soutien adapté en matière des santé menstruelle et urinaire – produits menstruels réutilisables, dispositifs d’urination sur le terrain, trousses d’hygiène spécifiques – ainsi que des fournitures fiables, des installations privées et un équipement opérationnel adapté (par exemple, soutiens-gorge de sport subventionnés, uniformes adaptés à la maternité). Ces mesures concrètes et intentionnelles renforcent considérablement la préparation et la performance, permettant une participation confiante aux opérations exigeantes tout en renforçant l’efficacité opérationnelle, le recrutement et la rétention.

Une réintégration harmonieuse en matière de santé exige une approche réfléchie. Voici trois stratégies pour y parvenir :

  • Systèmes de soins de santé intégrés : Développer un système d’information de santé fluide et interopérable reliant les réseaux de soins militaires, civils et alliés pour assurer des soins complets et continus aux militaires, y compris lors de la transition vers le statut de vétéran. En explorant et en mettant en œuvre les meilleures pratiques pour le transfert des dossiers médicaux entre les systèmes fédéraux et provinciaux, cette stratégie vise à réduire le fardeau administratif des prestataires civils, à garantir la continuité des soins pour les vétérans et à améliorer considérablement l’expérience des patients lors de la transition vers la vie civile. 
  • Accent sur les initiatives et la recherche en santé mentale dirigées par les vétérans : Donner la priorité aux programmes de santé mentale conçus pour et avec le soutien des vétérans et des organisations de la société civile afin de lutter contre la stigmatisation, d’encourager le soutien par les pairs et de favoriser la confiance au sein de la communauté. Ces initiatives jouent un rôle déterminant dans la promotion de l’intervention précoce et d’un soutien global face aux défis en santé mentale. Il est également essentiel d’augmenter l’investissement dans la recherche ciblée pour mieux comprendre les besoins émergents d'une population de vétérans et déterminer les meilleures façons d’y répondre.
  • Aider les vétérans à accéder aux services de santé : Développer un réseau de soutien structuré et professionnalisé, ainsi qu’un processus officiel pour guider les vétérans dans la préparation et la soumission des demandes à Anciens Combattants Canada, pour faciliter l’accès à des spécialistes pour les enjeux liés au service. Offrir des ressources et un soutien accessibles, des conseils clairs et une gestion de cas dédiée aidera les vétérans à surmonter les obstacles bureaucratiques et à recevoir des soins appropriés et en temps opportun, conformément aux politiques et objectifs d’ACC.

Pour concrétiser le potentiel de l’IA et de l’informatique de santé en médecine militaire, plusieurs conditions fondamentales et priorités d’investissement doivent être abordées :

  • Infrastructure de données complète et échange d’informations interopérable : L’amélioration des soins de santé militaires repose sur la collecte de données robustes et normalisées ainsi que sur un partage d’informations fluide et sécurisé entre les systèmes militaires, civils et alliés. La conception intelligente de la plateforme de dossiers de santé électroniques constitue un élément clé de cet objectif. Même si cela ne peut être réalisé par un seul investissement technologique, l’objectif demeure d’évoluer à chaque amélioration successive du système. Résoudre les défis liés à l’intégration des systèmes hérités, aux silos de données et aux préoccupations de sécurité grâce à une gouvernance solide des données, à des réseaux fédérés et à des modèles de partage de données bidirectionnels en temps réel peut soutenir la prise de décision clinique coordonnée et une réponse rapide.
  • Collaboration humain-IA et autonomisation de la main-d’œuvre : L’IA viendra compléter, et non remplacer, les professionnels de la santé militaire. Investir dans la littératie en IA, la formation continue et les environnements de simulation garantira que le personnel puisse interpréter et utiliser en toute confiance les informations issues de l’IA. Cela renforce le lien humain dans la prestation des soins et garantit que l’expertise clinique est augmentée, et non diminuée, par la technologie.
  • Éthique, transparence et gouvernance responsable de l’IA : À mesure que l’IA devient centrale dans la prestation des soins de santé militaires, les considérations éthiques et pratiques doivent être intégrées dès le départ et tout au long du processus. Cela inclut une protection robuste des données et de la vie privée (en particulier pour les informations de santé transfrontalières), des systèmes d’IA explicables et transparents pour favoriser la confiance, ainsi que l’établissement de principes de gouvernance responsable de l’IA.
  • Mesure de la valeur, amélioration continue et expansion de la recherche : L’adoption d’un cadre de valeur pour l’IA qui quantifie les contributions à l’efficience des coûts, à la qualité clinique, à la productivité de la main-d’œuvre et aux résultats pour les patients contribue à guider les investissements et à démontrer le rendement.
  • Amener l’IA au niveau organisationnel de la santé militaire : L’identification et la formalisation des besoins organisationnels clés, politiques, surveillance et rapports de santé populationnelle, efficacité clinique, suivi/prédiction des coûts de santé, médecine de champ de bataille, interopérabilité, orienteront l’élaboration d’une feuille de route des capacités en santé militaire activée par l’IA. Définir une telle feuille de route renforce la confiance et la responsabilisation en alignant l’innovation sur une gouvernance claire, des normes éthiques et des avantages mesurables.
Dernières réflexions

Alors que nous concluons la série Au-delà de la trousse médicale : Faire évoluer les soins de santé des FAC pour demain, notre message demeure clair : moderniser les soins de santé militaires est essentiel à la préparation, à la résilience et à la qualité des soins offerts à celles et ceux qui servent le Canada. Qu’il s’agisse de médecine opérationnelle, de santé mentale, de santé des femmes, de réintégration des vétérans ou de soins optimisés par l’IA, la voie à suivre est à la fois concrète et réalisable – et elle commence par la collaboration.

Si vous souhaitez en savoir plus ou discuter de la façon dont ces idées peuvent être appliquées au sein des FAC et du MDN, veuillez communiquer avec Michelle Theroux ou Darren Hawco.

Nous tenons également à remercier nos collaborateurs – Zahra Jivan, Pierre-Luc Laliberté, Liane Catalfo, Marija Vujovic, Sharon Low et Ryan Henderson, ainsi que l’ensemble de l’équipe pour leurs idées et leur engagement. Nous avons hâte de poursuivre la conversation et de collaborer afin de bâtir un système de santé militaire résilient et innovant pour demain.

Militi Succurrimus!

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