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Les voies familières de création de valeur ne fonctionnent plus. Que peuvent faire les fonds de capital-investissement pour retrouver leur dynamisme et obtenir des rendements supérieurs?

Il est temps de parler de création d’alpha. Dans notre plus récent article de la série Accélérer : capital‑investissement et création de valeur, nous examinons comment les fonds peuvent gérer leurs portefeuilles plus efficacement, se recentrer sur la véritable génération d’alpha et, ultimement, offrir des rendements plus solides.

Points essentiels

  • Les stratégies de regroupement d’entreprises et d’optimisation des marges sont désormais des pratiques courantes, qui génèrent des rendements moyens et peu distinctifs.
  • La génération d’un véritable alpha exige parfois des décisions difficiles, comme une compression temporaire des marges ou des investissements initiaux significatifs.
  • Nous observons que l’alpha véritable provient d’une planification de la sortie dès le premier jour, d’une focalisation inébranlable sur la croissance des revenus et d’une discipline d’exécution exemplaire.  

Discutez avec nos dirigeants

Chaque fonds de capital‑investissement affirme travailler à la création de valeur. Pourtant, la plupart ne parviennent que très peu à faire bouger les choses, et les stratégies traditionnelles ne produisent plus de réelles différences. Il est clair qu’un nouveau mode de pensée s’impose. Nous croyons que, pour se distinguer, attirer des capitaux et obtenir des rendements supérieurs, les fonds doivent avant tout se concentrer sur la création d’alpha.

Après plusieurs années exceptionnelles, les rendements du capital‑investissement se sont stabilisés

Entre la crise financière mondiale et la pandémie de COVID‑19, le capital‑investissement a connu une période particulièrement porteuse, générant de solides rendements grâce à quatre moteurs puissants de création de valeur. Durant cette période, l’effet de levier et l’expansion des multiples ont représenté plus de la moitié de la création de valeur dans les rachats à l’échelle mondiale, tandis que la croissance des revenus et l’expansion des marges en ont constitué environ 40 à 50 %1. Il demeure toutefois difficile d’évaluer précisément la contribution de la croissance des revenus, notamment lorsqu’il s’agit de distinguer la croissance véritablement organique de la croissance inorganique liée aux fusions‑acquisitions. D’après notre expérience auprès de clients en capital‑investissement, nous estimons que, durant cette période, la croissance organique des revenus — et, par extension, celle du BAIIA — n’a représenté qu’une portion limitée des rendements générés.

Parallèlement, les multiples de valorisation des rachats ont progressé de façon continue, passant d’environ 6,5 fois en 2009 à près de 12,0 fois en 2021–2022.2 Cette hausse a été clairement soutenue par un afflux de capitaux de la part des commanditaires ainsi que par un environnement de taux d’intérêt extrêmement faibles, qui a permis aux fonds de disposer de ressources importantes pour investir.

Mais cette dynamique appartient désormais au passé. Depuis 2022, les multiples, bien que toujours élevés, se sont stabilisés et les leviers de création de valeur évoluent. Les fonds doivent consacrer une part plus grande de leurs revenus au service de la dette et, par conséquent, adopter une approche plus intentionnelle dans l’allocation de leur capital.

Le modèle de référence est en train de se transformer. Malheureusement, de nombreux fonds ne s’y adaptent pas encore.

Les méthodes traditionnelles de création de valeur ne produisent plus les résultats attendus

Ce n’est pas que les fonds ne créent plus de valeur; c’est plutôt que les rendements des millésimes récents demeurent, pour l’instant, modestes. Les actifs affichent une croissance limitée. Ils sont conservés trop longtemps, souvent parce que les valorisations d’entrée dépassent largement les valorisations actuelles, ou transférés dans des véhicules de continuation. Pourquoi? Parce que nombre de fonds continuent d’appliquer les mêmes stratégies qui avaient si bien fonctionné entre la crise financière et la pandémie de COVID‑19 : optimisation des marges, intégrations en fin de parcours, stratégies de regroupement d’entreprises, croissance inorganique et réduction des multiples à l’achat.

Ces leviers peuvent encore générer certains résultats, mais ils n’ont plus la même portée, notamment en raison des taux d’intérêt élevés, de niveaux d’endettement plus importants et des multiples actuels. Et maintenant que l’ensemble du marché y recourt, ces stratégies ne constituent plus des facteurs de différenciation : elles représentent simplement le seuil minimal attendu. Même si certains fonds entreprennent des démarches importantes — renforcer leurs équipes, mobiliser des conseillers spécialisés, élaborer des plans stratégiques d’ensemble — cela reste insuffisant pour produire des rendements véritablement distinctifs.

La génération d’alpha est le levier gagnant d’aujourd’hui

Dans le marché actuel, les fonds de capital‑investissement qui se démarquent sont ceux qui placent la génération d’alpha au cœur de leur stratégie et osent prendre des décisions ambitieuses capables de produire des rendements supérieurs aux indices de référence. Voici les approches privilégiées par ces fonds :

  • Planifier la sortie dès le premier jour. Les fonds les plus performants envisagent la sortie dès la finalisation de l’acquisition. Ils définissent clairement leur horizon de détention et savent précisément à qui ils souhaitent céder l’actif. Cela exige une compréhension fine de la dynamique sectorielle et de la structure de la chaîne de valeur. Il faut également revoir la stratégie de l’entreprise en portefeuille pour l’aligner sur l’intention de sortie et élaborer un plan de création de valeur détaillé, soutenu par un calendrier d’exécution réaliste.
  • Considérer la croissance des revenus comme un levier essentiel. Les fonds performants structurent leurs transactions autour d’un plan clair et réalisable pour accroître les revenus et améliorer le BAIIA. Ils mettent en œuvre les mesures nécessaires pour renforcer la croissance organique, réduire les risques et augmenter la valeur terminale de l’actif. Avant même de conclure une opération, ils savent précisément d’où proviendra chaque dollar de revenu additionnel et visent généralement à dépasser leur objectif d’environ 30 %, démontrant une rigueur et une ambition soutenues.
  • Adopter une culture résolument axée sur l’exécution. Les fonds qui réussissent ne se contentent pas de définir une vision et de laisser l’équipe de direction exécuter seule. Ils assurent un suivi continu de la performance de leurs actifs, se tiennent responsables des résultats et interviennent proactivement pour maintenir la trajectoire prévue. Ils n’hésitent pas à investir tôt pour capter des revenus futurs, sachant que les marges s’amélioreront à mesure que l’entreprise gagne en échelle.  
« Bons » revenus vs « mauvais » revenus 
La croissance des revenus est désormais le principal moteur de création de valeur dans le capital-investissement, représentant entre 65 % et 70 % de la création de valeur ces dernières années, alors que les multiples étaient sous pression.3 Une analyse de plus de 13 000 transactions montre que la croissance du chiffre d’affaires a historiquement généré 3,3 fois plus de création de valeur non financée que l’expansion des multiples.
Cependant, tous les revenus ne se valent pas. Les « bons » revenus proviennent de suivis disciplinés présentant un potentiel clair de ventes croisées, soutenus par des signes d’amélioration du taux de rétention nette des revenus et associés à des multiples plus élevés. Les « mauvais » revenus, eux, résultent de l’acquisition d’entreprises n’ayant qu’un lien périphérique, au mieux, avec l’actif principal. Ces acquisitions offrent un potentiel limité de ventes croisées et peu de perspectives d’amélioration des multiples.

Les données et les talents sont des leviers essentiels

Pour y parvenir, les fonds ont besoin de deux leviers essentiels : les données et les talents. Ils doivent pouvoir s’appuyer sur un flux constant de données opérationnelles et financières fiables, exactes et en temps réel, ainsi que sur des analyses d’affaires permettant de suivre et de surveiller efficacement la performance de leurs actifs et d’ajuster leur stratégie en fonction des nouvelles occasions ou de l’évolution des conditions. Ils doivent également disposer des bons talents aux bons postes : des dirigeantes et dirigeants capables d’exécuter avec rigueur et de maintenir une focalisation constante sur la croissance des revenus et la génération d’alpha.

Comment Deloitte peut vous aider

L’équipe Stratégie et évaluation de Deloitte accompagne les fonds de capital‑investissement pour mieux gérer leurs portefeuilles, se recentrer sur la génération d’alpha et obtenir des rendements supérieurs. Nous adoptons une approche pleinement intégrée qui regroupe, au sein d’une même équipe, des capacités reconnues en fusions et acquisitions, en stratégie et en création de valeur, couvrant l’ensemble du cycle de vie de l’investissement. Nous comprenons ce qui favorise une transaction réussie dans le marché actuel, la manière de générer de la valeur en vue de la sortie et les conditions nécessaires pour atteindre ces résultats. Nous pouvons vous aider à accélérer la planification, en la faisant passer de plusieurs mois à quelques semaines, à mettre en place des mécanismes de suivi et de surveillance adaptés à vos ambitions, et à transformer les données en renseignements exploitables pour une gestion proactive et disciplinée de votre portefeuille.

Pour en savoir plus, communiquez avec un membre de notre équipe ci‑dessous.  

  1. Recherche Deloitte.
  2. Investcorp, « Value creation and portfolio management in private equity », The Review, publié en février 2026 (en anglais).
  3. Recherche Deloitte.
  4. StepStone Group, « Waiting with Conviction: Private equity discipline in uncertain conditions », publié en octobre 2025 (en anglais).  

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