Points clés
Nous sommes entrés dans l’ère du commerce agentique. Le commerce agentique va au-delà des agents conversationnels et des moteurs de recommandation : des agents d’IA peuvent rechercher, décider et réaliser des transactions, tous canaux confondus, au nom des utilisateurs. Un client peut déléguer sa liste d’achats à un agent et retrouver l’ensemble des produits recherchés, comparés, achetés et planifiés pour livraison.
Comme l’expose une récente publication (en anglais), les agents sont de plus en plus utilisés pour la découverte de produits, la prise de décision et les transactions. Pour les détaillants, cela signifie planifier des interactions de marque avec des agents d’IA, en plus des clients humains.
Mais le commerce agentique constitue une réarchitecture fondamentale de la pile commerce : c’est un parcours qui va de la recherche activée par l’IA générative jusqu’aux transactions où l’acheteur et le vendeur sont tous deux des agents d’IA.
Le commerce unifié est l’intégration fluide de plateformes en quasi temps réel qui connectent tous les canaux de vente aux systèmes centraux. Avant que les détaillants puissent accueillir des agents d’IA dans leurs systèmes centraux ou côté client, ils ont besoin d’une fondation de commerce unifié. Les systèmes monolithiques fragmentés et la qualité de données peu fiable demeurent les principaux obstacles au début de ce parcours pour les détaillants.
Une fois les données centralisées, des agents de personnalisation et de recommandation peuvent mettre en avant des produits en fonction des centres d’intérêt connus du client. Par exemple, l’assistant d’une marque de maquillage pourrait recommander un certain traceur, mais l’acheteur finaliserait encore l’achat lui-même.
La découverte de produits migre rapidement vers des environnements pilotés par l’IA, le trafic provenant de sources d’IA générative vers les sites de vente au détail aux États-Unis ayant bondi de 4 700 % en un an1. Déjà, 55 % des clients commencent leurs recherches de produits avec des modèles de langage de grande taille2.
Des interfaces conversationnelles et des agents aident les clients à découvrir, comparer et acheter des produits, y compris l’aide à la navigation, aux requêtes et aux recommandations.
Les plateformes d’IA générative et les agents intelligents de marque permettent aux clients de découvrir, comparer et acheter des produits directement par la conversation – inaugurant ainsi un commerce « zéro clic ». La transaction se finalise dans l’interface de l’assistant : le système du détaillant exécute la commande, mais l’acheteur n’a jamais visité le site du détaillant.
Lorsqu’un agent de marque achète de manière autonome, il agit au nom des clients : il recherche, décide et effectue des transactions à travers les canaux, dans des paramètres approuvés. Un agent peut remplir des formulaires, appliquer des codes, cliquer sur des boutons et finaliser l’achat sans nécessiter d’entrée de la part du client.
Un agent côté client agit de manière proactive pour le compte du client – en surveillant les prix et les stocks, en réapprovisionnant les consommables juste à temps, en identifiant des substituts acceptables et en commençant des négociations pour des alignements de prix ou des améliorations de livraison – tout en escaladant les exceptions pour un examen humain.
À l’étape finale du parcours du commerce agentique, des agents clients agnostiques interagissent directement avec un nombre quelconque d’agents de marque pour conclure des transactions. Par exemple, un agent client chargé d’un projet de décoration intérieure pourrait transiger avec des agents de marque vendant des meubles, des objets de décoration et d’autres articles pour la maison.
Les agents clients et les agents de marque effectuent des transactions directement sur l’ensemble du cycle de vie – depuis la diffusion de l’intention et la qualification des offres jusqu’à la négociation, le paiement et l’orchestration de l’exécution.
Le commerce agentique a dépassé le stade de simple fonctionnalité intégrée aux canaux de vente existants pour devenir un canal autonome, aux côtés du commerce en ligne, de la publicité de détail et des magasins. Il en résulte un paysage de la distribution avec des attentes managériales en évolution :
Les détaillants doivent créer des capacités fondamentales pour être « visibles » par l’IA et des capacités distinctives pour être « choisies » par les agents afin de prospérer dans le commerce agentique
La Génération Z et les consommateurs prioritairement numériques s’appuient de plus en plus sur des assistants d’IA comme interface principale pour découvrir, comparer et sélectionner des produits. Selon une étude de 2025, 61 % des acheteurs de la Génération Z ont utilisé des outils d’IA pour les aider dans un achat au cours de l’année écoulée.5
Cependant, les entreprises canadiennes n’ont pas adopté l’IA aussi rapidement que leurs homologues américaines : une étude montre que les entreprises canadiennes accusent un retard de 37 % par rapport aux entreprises américaines en matière d’adoption de l’IA6. Les détaillants canadiens doivent être prêts lorsque les marques américaines lanceront des agents sur le marché canadien. Sans refonte délibérée, le contrôle de l’expérience de ces utilisateurs se déplacera des marques de distribution vers les plateformes agentiques. Les attentes du secteur reflètent déjà cette tendance :
À plus long terme, les implications sont encore plus marquantes : les scénarios disruptifs anticipent que le commerce piloté par l’IA générative et les agents sera le canal à la croissance la plus rapide, ce qui entraînera une évolution de la répartition des revenus par canal.
En bref, les détaillants doivent soit prendre le risque de retarder l’action, soit récolter les fruits de leur engagement. Le moment d’agir, c’est maintenant.
Le commerce agentique ne se résume pas à « agent conversationnel + paiement ». Il repose sur une orchestration bout en bout des systèmes : recommandation produit, vérification des stocks, comparaison des options d’exécution des commandes, application des avantages de fidélité, gestion des prix et promotions, exécution des paiements, puis déclenchement de la logistique d’exécution et de l’après-vente au sein de l’expérience agentique. Questions à se poser :
La fiabilité d’un agent n’excède jamais celle de vos données. Elle commence par une infrastructure de commerce unifié, conçue pour passer à l’échelle. La plateforme de commerce unifié orchestre les systèmes et les données, tandis qu’une couche multi‑agents se superpose – s’appuyant notamment sur des protocoles tels que le Protocole de contexte pour les modèles – pour permettre des commandes entièrement automatisées, « sans visite », exécutées de bout en bout par des agents.
La confiance est un prérequis pour passer à l’échelle, renforcer l’assurance réglementaire et favoriser l’adoption par les clients, à mesure que les agents d’IA opèrent de façon autonome. Pour bâtir et maintenir cette confiance, il faut renforcer les expériences utilisateur sécurisées pour les agents et l’authentification à chaque point de contact.
Pour consolider ces fondations, les détaillants devraient mettre en place :
Le commerce piloté par agents n’est pas qu’un habilitant technologique ; c’est un nouveau canal client et commercial. Il exige une gouvernance intentionnelle couvrant les personnes, les processus et l’alignement stratégique. Les détaillants doivent définir des indicateurs de performance dédiés au canal agentique et renforcer leur capacité à observer, mesurer et optimiser le comportement des agents grâce à une instrumentation du trafic et des analyses avancées.
Des normes émergentes, axées sur l’interopérabilité, l’auditabilité et la conformité, prennent en compte :
Au-delà de considérer le commerce piloté par agents comme un canal distinct, une vision holistique des canaux exige d’intégrer les parcours propulsés par des agents avec :
Les détaillants devront également définir où doivent résider le contrôle et les données pour les canaux détenus et ceux de tiers.
D’ici 2026, 75 % des détaillants estiment que les agents d’IA seront essentiels pour conserver un avantage concurrentiel, et 76 % prévoient augmenter leurs investissements dans ces agents au cours de la prochaine année. Les premiers investissements en IA ont déjà généré des gains de productivité mesurables, notamment :
Ces gains de productivité supplémentaires peuvent alimenter un effet volant d’inertie autofinancé, permettant de faire évoluer le commerce « agentique » sans financement additionnel. Les détaillants chefs de file pourront réinvestir une part significative de ces gains dans la préparation des données, la sécurité, le consentement, ainsi que dans l’évolution de la gouvernance et des modèles d’exploitation.
Les détaillants peuvent amorcer leur parcours en commerce agentique en se posant des questions clés sur les façons d’intégrer l’IA agentique, notamment :
Quel que soit le stade de votre parcours en commerce agentique, Deloitte aide les détaillants à passer d’une base de données unifiée à une création de valeur à l’échelle de l’entreprise. Notre atout : considérer les agents d’IA comme un levier de transformation d’affaires, plutôt qu’un déploiement technologique ponctuel.
Communiquez avec les leaders de Deloitte en commerce agentique pour voir comment mener le parcours de votre organisation avec confiance.