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Gouvernance de l’IA deux : un impératif crucial pour les conseils d’administration d’aujourd’hui

Deuxième édition

Des progrès ont été accomplis, mais le rythme doit s’accélérer

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Avant-propos

L’IA inaugure une nouvelle ère pour la société et le monde des affaires. À l’heure actuelle, la plupart des entreprises évoluent au rythme des changements organisationnels, et non au rythme des technologies proprement dites. Les projecteurs sont braqués sur les organisations qui comblent l’écart et exploitent sans tarder le plein potentiel des nouvelles technologies de manière à accroître leur rendement et à avoir une incidence positive sur leurs parties prenantes.

Concilier les occasions et les risques liés à l’IA devient donc un aspect prioritaire des responsabilités des conseils d’administration en matière de gouvernance et de gérance. Sous leur surveillance, l’adoption de l’IA peut stimuler le rendement et renforcer la résilience tout en s’alignant sur les normes ethniques des organisations et sur une vision à long terme pour un avenir digne de confiance.

L’enjeu est de taille. Une piètre mise en œuvre de l’IA peut avoir des conséquences à grande échelle. Confiance et réputation peuvent s’en trouver ébranlées. Au contraire, une IA digne de confiance (TrustworthyAIMC) peut transformer les organisations et les collectivités pour le mieux.

Pour de nombreuses organisations, cette transformation en est à ses balbutiements – mais, dans l’ensemble, la sensibilisation à l’IA et à l’importance de son encadrement prend de l’ampleur. Les constatations de la deuxième édition du rapport Gouvernance de l’IA : un impératif crucial pour les conseils d’administration d’aujourd’hui montrent que les conseils d’administration sont de plus en plus motivés à agir. Ils reconnaissent la nécessité d’accélérer la sensibilisation à l’IA et l’adoption de l’IA. Ils réalisent des progrès en vue de l’intégration de l’IA dans leurs ordres du jour et dans leurs conversations avec un nombre croissant de membres de la haute direction.

Malgré les progrès accomplis, les résultats mettent aussi en lumière la nécessité d’intensifier la gouvernance de l’IA. L’évolution technologique représentait déjà un défi lorsqu’elle se mesurait en années, mais les avancées de l’IA sont nettement plus rapides, notamment le virage vers l’IA agentique et l’IA physique. Les conseils d’administration qui reconnaissent les occasions et les risques liés à l’IA et leur responsabilité d’en assurer la gouvernance peuvent contribuer à positionner leurs organisations pour qu’elles prospèrent dans cet avenir nouveau et prometteur.

Afin d’aider les membres des conseils d’administration à s’acquitter pleinement de cette responsabilité et à guider leurs organisations, le présent rapport leur suggère des questions fondamentales à se poser et à poser à leurs équipes de direction. Nous qui sommes présidents de conseils et administrateurs n’avons peut-être pas toutes les réponses, mais notre force réside dans notre capacité de poser les bonnes questions.

 

Anna Marks
Présidente
Conseil d’administration de Deloitte mondial

Lara Abrash
Présidente du conseil
Deloitte États-Unis

 

Définir le champ des possibles : principaux thèmes mis en lumière par le sondage

Dans ce rapport, le terme « IA » est utilisé au sens large pour désigner toutes les formes d’intelligence artificielle, dont l’IA générative. Cela comprend l’apprentissage machine, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur et les autres technologies d’IA.

Lentement, mais sûrement : l’IA figure de plus en plus à l’ordre du jour des conseils d’administration

Un nombre croissant de conseils d’administration inscrivent l’IA à leur ordre du jour. Dans ce dernier sondage, près du tiers des répondants (31 %) ont déclaré que l’IA ne figurait pas à l’ordre du jour de leur conseil, ce qui représente une diminution de 14 points de pourcentage par rapport au sondage précédent. Bien que moins d’un conseil d’administration sur cinq (17 %) aborde cette question à chaque réunion et 19 % des conseils en discutent seulement une fois par an, la situation s’améliore. À l’ère du numérique qui évolue rapidement, il sera vraisemblablement crucial que les conseils d’administration se mobilisent en amont. Étant donné que l’IA devient une partie intégrante de la stratégie d’entreprise, les conseils d’administration qui tardent à accorder la priorité à l’IA dans leur ordre du jour risquent d’être à la traîne ou de rater des occasions d’innover, de réaliser des gains d’efficience et de devenir des chefs de file sur le marché.

Points que les conseils d’administration pourraient prendre en considération quant à leur ordre du jour : Afin de superviser l’adoption de l’IA par une société et les occasions et les risques que cela comporte, les conseils d’administration doivent en premier lieu connaître le niveau actuel de maturité de la société en matière d’IA. Voici des questions que les conseils d’administration pourraient se poser à cet égard, en particulier s’ils envisagent d’inscrire l’IA à leur ordre du jour :

Rythme de l’adoption de l’IA : les conseils d’administration reconnaissent la nécessité d’accélérer la cadence

À l’heure où les avancées technologiques, les applications commerciales et les activités réglementaires évoluent rapidement, il est impératif que les organisations suivent la cadence. Les constatations du dernier sondage font ressortir l’importance de privilégier l’adoption de l’IA pour exploiter son potentiel transformateur afin d’assurer l’efficacité opérationnelle et d’en tirer un atout stratégique.

Comment les membres des conseils d’administration et les hauts dirigeants évaluent-ils le rythme auquel leurs propres organisations adoptent l’IA? Un peu plus de la moitié d’entre eux (53 %) ont répondu qu’il importait d’accélérer les efforts tandis que seulement le quart des répondants (25 %) sont d’avis que le rythme d’adoption est « satisfaisant » ou « très satisfaisant ».

En ce qui concerne les progrès accomplis jusqu’à maintenant, seulement 5 % des participants au sondage ont répondu que l’IA serait à l’avenir intégrée dans leurs plans d’affaires et d’exploitation. Près de 40 % expérimentent des technologies (38 %) ou ciblent des domaines (35 %). Dans le sondage précédent, le tiers environ des répondants (32 %) avaient indiqué que l’IA était absente de leurs plans d’exploitation, mais cette proportion est tombée au quart environ (22 %) dans le dernier sondage.

En ce qui a trait à l’état de préparation, près du tiers des répondants (31 %) ont indiqué que leur organisation n’était pas prête à déployer l’IA. Dans le sondage précédent, la proportion correspondante avait atteint 41 %, ce qui représente une nette augmentation des niveaux de préparation. Le tiers environ (32 %) des participants ont répondu qu’ils étaient plutôt prêts et seulement 5 % ont estimé qu’ils étaient tout à fait prêts, ces deux pourcentages représentant de légères progressions par rapport au sondage précédent. Dans le même esprit, un rapport de Deloitte intitulé L’état de l’IA générative dans les entreprises pour le quatrième trimestre de 2024 a révélé que les organisations avaient amélioré leur préparation dans les domaines cruciaux de l’infrastructure et de la stratégie technologiques, mais que l’état de préparation ne s’était apparemment pas amélioré dans le domaine essentiel de la gestion des risques et de la gouvernance.

Points que les conseils d’administration pourraient prendre en considération quant au rythme d’adoption : Dans un premier temps, les conseils d’administration peuvent réfléchir à leur rôle dans la gouvernance de l’exécution de leur stratégie et de la gestion des risques, en supervisant l’équipe de direction et en la mettant au défi de déterminer quand et comment il peut être nécessaire d’adapter la stratégie en réponse aux risques et aux occasions. Voici des questions que les conseils d’administration pourraient envisager de se poser :

Ouvrir les canaux de communication

D’après les résultats du sondage, les conseils d’administration sont disposés à prendre des initiatives en matière d’IA, mais ils ne peuvent pas adopter une approche cloisonnée. En interagissant avec les dirigeants de secteurs clés de l’organisation, les conseils d’administration peuvent contribuer à faire le lien entre l’orientation et la stratégie et les mesures prises et les résultats. Le dernier sondage éclair révèle que les interactions en matière d’IA entre le conseil d’administration et la haute direction sont substantielles en ce qui concerne le chef de la direction et les chefs des technologies et qu’elles gagnent en fréquence avec les autres membres de la haute direction.

À la question portant sur les membres de l’équipe de direction avec lesquels les conseils d’administration discutent de l’IA, une immense majorité des répondants, soit près des trois quarts (72 %), ont mentionné le chef de l’information et le chef des technologies et plus de la moitié des participants ont mentionné le chef de la direction. Ces résultats suivent de près ceux du sondage précédent.

De plus, le dernier sondage rend compte d’interactions continues avec d’autres cadres supérieurs, ce qui donne à penser que les conseils d’administration reconnaissent la nécessité d’envisager la stratégie d’IA dans une perspective globale et intégrée. Par exemple, 27 % des répondants estiment que les conseils d’administration discutent de l’IA avec leurs chefs des finances et 12 % des répondants estiment que les conseils d’administration interagissent avec les chefs de la sécurité de l’information et les chefs de la gestion des risques, respectivement. Seulement 8 % des répondants ont indiqué que leurs conseils d’administration n’abordaient pas la question de l’IA avec leur équipe de direction, soit une diminution de 5 points de pourcentage par rapport aux résultats du sondage précédent.

Comme partout ailleurs, la question de l’IA n’a pas fini d’alimenter les débats; un nombre grandissant de leaders en discutent. En encourageant le dialogue, les conseils d’administration peuvent faire passer les initiatives en matière d’IA de la théorie à des applications pratiques. À défaut d’ouvrir ces canaux de communication, on observerait une fragmentation des stratégies ou l’incapacité de tirer pleinement profit du potentiel de l’IA au sein des organisations.

Points que les conseils d’administration pourraient prendre en considération pour ouvrir des canaux de communication : En matière de gouvernance de l’IA, les conseils d’administration peuvent collaborer avec la direction, surveiller le cadre de gouvernance et superviser les rôles de même que la structure de direction et de gestion. Voici des questions que les conseils d’administration pourraient envisager de se poser :

Les membres des conseils d’administration font preuve de curiosité

Compte tenu du fait que les deux tiers des membres des conseils d’administration et des dirigeants sondés ont fait état d’une connaissance et d’une expérience limitées ou nulles en IA, il semble opportun d’accorder plus d’importance à l’apprentissage au sein de la direction. La moitié environ des leaders ayant participé au sondage ont déclaré que leur organisation offrait une formation de base en IA à leur conseil d’administration. Même s’il s’agit d’une augmentation de 8 points de pourcentage comparativement aux résultats du sondage précédent, ce résultat signifie que la moitié des organisations n’offrent pas de formation.

Par ailleurs, de nombreux membres des conseils d’administration prennent individuellement des initiatives à cet égard : 59 % d’entre eux ont indiqué qu’ils cherchaient de façon indépendante à enrichir leurs connaissances en IA. Ce pourcentage concorde avec la faible proportion (25 %) de membres des conseils d’administration qui se disent satisfaits de l’importance accordée à l’IA dans l’ordre du jour de leur conseil d’administration. Cela peut donner à penser que la prise d’initiatives est accueillie favorablement, mais que la formation et la sensibilisation ne sont pas coordonnées adéquatement. À défaut d’adopter une approche exhaustive à l’égard de la sensibilisation à l’IA, les conseils d’administration risquent d’avoir du mal à saisir pleinement l’importance stratégique de l’IA. Il sera essentiel de veiller à ce que tous les membres des conseils d’administration aient une bonne connaissance de l’IA pour que les conseils d’administration puissent mener des discussions informées et prendre des décisions éclairées.

Points que les conseils d’administration pourraient prendre en considération pour acquérir de bonnes connaissances sur l’IA : Les conseils d’administration devront se tenir au courant des développements de l’IA qui sont pertinents pour leur secteur d’activité et, en particulier, pour leur organisation. Voici des questions que les conseils d’administration pourraient envisager de se poser :

Aller de l’avant

Le dernier sondage éclair montre qu’un nombre croissant de conseils d’administration accordent une importance accrue à l’IA dans leurs ordres du jour, souhaitent accélérer le rythme d’adoption de l’IA au sein de leurs organisations et consacrent plus de temps à l’acquisition de connaissances en la matière. Les résultats du sondage indiquent que la plupart des organisations ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour qu’elles puissent surveiller efficacement cette technologie. Comme dans d’autres domaines, les conseils d’administration qui envisagent le recours à des spécialistes à l’interne ou de l’extérieur pour orienter les décisions cruciales peuvent compléter cette expertise en s’appuyant sur leurs propres connaissances.

Il incombe aux conseils d’administration de renforcer la valeur à long terme et la résilience des organisations. La surveillance de cette révolution technologique représente un volet essentiel de cette responsabilité. À mesure que la technologie évolue, les conseils d’administration, de concert avec les dirigeants des organisations, ont la chance de pouvoir examiner de plus près les occasions et les risques liés à l’IA pour bâtir des organisations plus innovantes et plus résilientes.

Les considérations abordées dans le présent rapport sont tirées de la feuille de route sur la gouvernance de l’IA élaborée par Deloitte États-Unis. Ce document fait état de perspectives et de questions visant à aider à surveiller les occasions et les risques liés à l’IA, à promouvoir une utilisation éthique de l’IA et à composer avec cet univers en évolution. Voici d’autres points que les conseils d’administration pourraient prendre en considération à ce sujet :

Le Programme mondial pour les conseils d’administration de Deloitte a mené un sondage auprès de 695 membres de conseils d’administration (84 %) et dirigeants (16 %) dans 56 pays, en janvier et février 2025. Certains répondants pouvaient être actifs au sein de plusieurs organisations à titre de dirigeants ou membres de conseils d’administration. Ce sondage fait suite à un premier sondage mené entre mai et juillet 2024, auquel ont participé 468 membres de conseils d’administration (86 %) et hauts dirigeants (14 %) de 57 pays. Les variations entre les résultats du sondage de 2024 et ceux du sondage de 2025 sont exprimées en points de pourcentage et ont été calculées en soustrayant les résultats de 2024 de ceux de 2025.

Les réponses sont réparties entre la région des Amériques (43 %), la zone EMOA (Europe, Moyen-Orient et Afrique) (43 %) et l’Asie-Pacifique (14 %). Parmi les répondants, 42 % proviennent de sociétés cotées en bourse et 42 % proviennent de sociétés privées, dont des entreprises familiales. Les autres répondants représentent des organismes publics, des sociétés d’État et des organismes à but non lucratif.

Les secteurs d’activité représentés comprennent les services financiers (29 %), le secteur manufacturier (15 %), les services professionnels et aux entreprises (11 %), l’énergie et les ressources (9 %), les soins de santé et les produits pharmaceutiques (8 %), les technologies (8 %), le commerce de détail et de gros (5 %) et divers autres secteurs (15 %).

Les répondants au sondage proviennent d’entreprises de tailles variées : 54 % des répondants représentent des organisations dont les sociétés mères ont enregistré des revenus inférieurs à 1 G$ US, 28 % des répondants représentent des organisations dont les revenus se situent entre 1 G$ US et 10 G$ US et 18 % des répondants proviennent d’organisations dont les revenus atteignent au moins 10 G$ US.

Anna Marks, présidente du conseil de Deloitte mondial

Lara Abrash, présidente de Deloitte États-Unis

Pr Arno Probst, leader du Programme mondial pour les conseils d’administration de Deloitte, Deloitte mondial

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