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Souveraineté numérique dans un marché technologique mondialisé

Atteindre le juste équilibre pour la défense

L’économie mondiale repose désormais sur des systèmes numériques. Il n’est donc pas surprenant que la souveraineté nationale dépende de plus en plus de la solidité et de la sécurité de cette infrastructure. Les gouvernements devraient considérer les réseaux numériques avec le même sérieux que les systèmes d’approvisionnement en eau, de transport et d’énergie : des actifs essentiels qui soutiennent la stabilité économique et la confiance du public.

Une évaluation lucide des risques informatiques constitue la première étape. Celle-ci doit porter à la fois sur l’exposition au sein des organisations et sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement. Comprendre où se situent les vulnérabilités des systèmes permet d’identifier les angles morts et de prioriser les investissements en matière de sécurité et de résilience, avant que ces failles ne se transforment en responsabilités. Voici quelques points clés du point de vue de la défense et de la sécurité nationale. 

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Principaux points à retenir  :

Les opérations de défense, les activités de renseignement et les systèmes de commandement et de contrôle dépendent de plateformes numériques sécurisées et résilientes. Lorsque ces systèmes sont compromis, que ce soit par des faiblesses dans la chaîne d’approvisionnement ou par la dépendance à des technologies étrangères, les conséquences dépassent largement le simple risque informatique. L’efficacité opérationnelle peut être affaiblie et les avantages stratégiques érodés. Dans les cas les plus graves, le personnel peut être exposé à des dangers directs.

Les infrastructures numériques et les logiciels provenant de l’extérieur du Canada peuvent introduire des vulnérabilités résultant de manipulations, d’activités d’espionnage ou de faiblesses intégrées susceptibles d’affecter les performances. Le maintien d’un contrôle souverain sur les éléments critiques de la chaîne d’approvisionnement est essentiel pour garantir la sécurité et la continuité. Une surveillance renforcée réduit le risque que des vulnérabilités dissimulées ou des perturbations de l’approvisionnement soient exploitées par des adversaires, ainsi que le risque que des conflits aient des répercussions sur des axes clés de la chaîne d’approvisionnement et sur les délais de livraison.

De la même manière que le gouvernement protège les infrastructures physiques telles que les réseaux de transport et d’énergie, il doit également protéger les systèmes et architectures numériques. Les attaques visant les actifs numériques peuvent être tout aussi dommageables que celles qui ciblent les infrastructures physiques, et les atteintes aux technologies opérationnelles peuvent avoir des répercussions directes sur les infrastructures physiques critiques.

La sécurité nationale du Canada repose sur la gouvernance numérique

Pour préserver sa souveraineté numérique, le Canada n’a pas besoin de rivaliser avec le marché technologique mondial ni de s’en retirer. Il doit plutôt conserver le contrôle là où l’assurance de mission en dépend. Dans l’écosystème de défense canadien, les capacités numériques soutiennent désormais presque toutes les grandes plateformes opérationnelles. Les mêmes systèmes interconnectés qui favorisent la rapidité et l’innovation créent également des points d’exposition, en raison de chaînes d’approvisionnement complexes et mondialisées.

La question n’est pas de savoir si une dépendance existe. La question essentielle est de déterminer où et à quel moment la dépendance devient une vulnérabilité. Quels systèmes et sous-systèmes exigent un contrôle souverain? Dans quels cas le recours à des alliés est-il acceptable? Et de quel niveau de visibilité disposez-vous réellement – et avez-vous besoin – sur l’ensemble de votre architecture numérique?

Les choix faits aujourd’hui en matière d’approvisionnement, d’architecture et de partenariats façonneront la résilience opérationnelle du Canada pour de nombreuses années à venir.  

Pourquoi c’est important

Du point de vue de la défense, presque tous les prochains grands investissements en capital auront une composante numérique déterminante. De plus, ces investissements devront être intégrés à une base numérique de défense en constante évolution. Les systèmes de défense modernes, qu’il s’agisse des communications, de la surveillance, de la logistique, des plateformes d’armement ou d’autres capacités, reposent largement sur des infrastructures numériques avancées et des systèmes informatiques interconnectés. La sécurité et la résilience de ces actifs numériques sont donc directement liées à la performance de ces plateformes et à la sécurité nationale.

Cinq facteurs à considérer

Il est essentiel que l’infrastructure numérique et les logiciels soient conformes aux normes de sécurité nationales et alliées. Un manque d’alignement peut créer des lacunes juridiques, opérationnelles, d’interopérabilité et de sécurité, en particulier lors d’opérations dans plusieurs pays.

Un facteur déterminant dans les secteurs gouvernemental, de la défense et de l’industrie est le partage en temps réel des renseignements. Une surveillance continue et une collaboration accrue dans la détection des menaces permettent aux organisations d’identifier rapidement les risques émergents et de rester en avance sur l’évolution des situations. En développant des capacités favorisant la collaboration en temps réel au sein d’un réseau interconnecté, les partenaires peuvent combler plus rapidement les lacunes et empêcher les adversaires d’exploiter les vulnérabilités des systèmes numériques critiques.

Les systèmes des systèmes doivent être conçus dans une optique de résilience, avec des mécanismes de redondance, des capacités de basculement et des plans de contingence clairement définis. Cela permet d’assurer la continuité des fonctions numériques critiques, tant opérationnelles qu’organisationnelles, en cas de perturbations.

Les données de défense sont extrêmement sensibles. Le fait de privilégier, dans la mesure du possible, l’hébergement et la gestion de ces données au Canada, par du personnel et à l’aide de technologies autorisés au Canada, contribue à protéger la sécurité opérationnelle et à garantir le respect des protocoles de sécurité nationale.

Le besoin d’infrastructures numériques sécurisées, souveraines et résilientes devient encore plus pressant à mesure que les investissements en capital dans le domaine de la défense se concentrent de plus en plus sur des capacités numériques telles que l’intelligence artificielle, la cyberdéfense et les communications avancées.

Vos prochaines étapes :

Considérer le numérique comme une infrastructure essentielle à la mission
Appliquez aux plateformes numériques le même niveau de rigueur que celui utilisé pour protéger les actifs physiques. Menez des évaluations des risques alignées sur la mission pour les systèmes de commandement et de contrôle, de renseignement, de logistique et d’armement. Identifiez les points uniques de défaillance, les dépendances étrangères et l’exposition des technologies opérationnelles. Lorsqu’un système est essentiel à l’état de préparation opérationnelle ou à la sécurité du personnel, il doit bénéficier de mesures de sécurité opérationnelle, ainsi que d’une gouvernance, d’une surveillance et d’une protection équivalentes à celles des infrastructures critiques.


Cartographier les risques et sécuriser les chaînes d’approvisionnement souveraines
Développez une transparence approfondie de la chaîne d’approvisionnement couvrant le matériel, les logiciels, l'infonuagique et les services gérés. Identifiez les points où le contrôle étranger, l’hébergement à l’étranger ou l’intégration de code tiers introduisent des risques. Donnez la priorité aux capacités établies au Canada, aux talents dûment autorisés et aux partenariats de confiance afin de réduire l’exposition aux risques, tout en maintenant l’interopérabilité avec les alliés.


Intégrer la souveraineté dès la conception des investissements
Intégrez des exigences de souveraineté dès les phases d’approvisionnement et de conception, alors que les grands programmes d’investissement reposent de plus en plus sur des fondations numériques. Définissez des normes claires en matière de résidence des données, des critères de résilience cybernétique et des responsabilités tout au long du cycle de vie, de l’acquisition au soutien en service. Investissez dans des capacités nationales en cybersécurité, en intelligence artificielle et en communications avancées afin de garantir que le Canada conserve un contrôle stratégique sur les systèmes dont il dépend le plus. Il s’agit à la fois d’un enjeu de stratégie d’approvisionnement et d’un enjeu de stratégie de soutien en service.


La souveraineté numérique n’est plus une simple question de politique publique ou de débat. Pour l’écosystème de défense du Canada, elle constitue une exigence essentielle de l’état de préparation. 

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