Le gouvernement belge s'est résolument engagé à augmenter le taux d'emploi. Avec un nouveau paquet de mesures sociales, il met l’accent sur trois thèmes clés : renforcer l’incitation au travail, accélérer la réintégration des personnes en incapacité de longue durée et encourager des carrières plus longues et durables. Ces politiques auront un impact sur l’ensemble de la société mais aussi directement sur les priorités RH des employeurs.
L'un des objectifs centraux du gouvernement est de rendre le travail plus attractif par rapport à la non-activité, afin de ramener davantage de personnes au travail. Pour les personnes sans emploi, cela se traduit par des conditions d’accès plus strictes, et une limitation dans le temps de certaines allocations. Pour les travailleurs, l’objectif est d’augmenter le revenu net grâce à une réforme fiscale tout en maintenant les coûts à un niveau raisonnable pour les employeurs. Dans ce contexte, l’approbation récente de la possibilité d'accorder 2 euros supplémentaires en chèques-repas illustre cette évolution. Parallèlement, les packages salariaux devront davantage privilégier la rémunération brute, plutôt que les avantages en nature (plafonnés à 20 % du salaire), et sur les systèmes de rémunération alternatifs. Associées aux prochaines obligations de transparence salariale - qui révéleront les éventuelles incohérences internes - ces mesures imposeront aux employeurs de revoir en profondeur leur politique de rémunération. Un package salarial attractif reste un facteur clé pour attirer et retenir les talents.
Le gouvernement veut également favoriser un retour plus rapide et durable des personnes en incapacité de longue durée en renforçant la collaboration entre toutes les parties concernées – employeurs, travailleurs, mutualités, médecins et services de l'emploi. Des sanctions financières pourront s’appliquer en l’absence d’efforts suffisants. Pour les employeurs, cela rend indispensable une politique de gestion de l'absentéisme, incluant des mesures de prévention de l'absentéisme pour cause de maladie (conditions de travail saines, équilibre vie professionnelle-vie privée, satisfaction au travail), ainsi que des procédures claires et sans ambiguïté en cas de maladie. En cas d'absentéisme de longue durée, le suivi actif et l’accompagnement vers un retour rapide et durable doivent constituer un élément central. Dans ce contexte, le processus de réintégration sera revu afin d’être enclenché plus tôt. Dans le cadre de la politique collective de réintégration légalement requise, les entreprises devront rendre compte du soutien offert dans les trajectoires individuelles, notamment par le travail adapté, les aménagements de postes et la reprise progressive du travail. Les changements législatifs récents et à venir renforcent aussi l'importance d'une politique d'absentéisme conforme et à jour.
Avec le vieillissement de la population et la pression croissante sur la sécurité sociale, l’allongement des carrières devient inévitable. Les réformes des pensions décourageront financièrement les sorties anticipées du marché du travail en durcissant les conditions pour la pension anticipée et en supprimant progressivement le système de chômage avec complément d'entreprise (sauf pour les RCC/SWT médicaux). Les règles relatives aux emplois de fin de carrière évolueront également, limitant les possibilités de réduction du temps de travail pour les travailleurs plus âgés. Pour les RH, cela implique de renforcer l'employabilité durable, avec un accent sur la santé physique et mentale. Les employeurs devront investir davantage dans l'apprentissage continu, le développement de carrière et des aménagements flexibles de la charge de travail et du temps de travail. Il sera également essentiel de créer une culture dans laquelle les employés plus âgés se sentent valorisés et motivés à contribuer activement. C’est donc le moment de mettre à jour votre plan d'emploi pour les travailleurs âgés, votre plan de formation et vos dispositifs de fin de carrière.
Les nouvelles mesures gouvernementales obligent les employeurs à réévaluer de manière proactive et stratégique leurs politiques RH. Une politique de rémunération conforme et attrayante doit encourager les travailleurs à entrer et à rester dans l'emploi. En y ajoutant une politique active de gestion de l'absentéisme et une forte attention à l’employabilité durable, les organisations pourront répondre aux exigences légales tout en contribuant à un marché du travail sain et productif. Il appartient désormais aux RH de transformer ces défis en opportunités pour les travailleurs comme pour les employeurs.