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Mandat Peppol en Belgique : ce qui change pour les PME

Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique via le réseau Peppol est obligatoire en Belgique pour toutes les transactions B2B entre entreprises assujetties à la TVA. Pour les opérations domestiques, le traditionnel PDF envoyé par e-mail – longtemps considéré comme une norme semi-numérique – appartient désormais au passé. En revanche, pour la facturation transfrontalière, les formats classiques (tels que le PDF) et les canaux de transmission traditionnels (tel que l'e-mail) restent autorisés possible.

La facturation électronique obligatoire à partir de 2026 est bien plus qu'un simple projet informatique

Bien que le législateur ait préparé cette évolution depuis plusieurs années, la mise en œuvre reste lente pour de nombreuses entreprises. Celles qui optent dès aujourd’hui pour une solution pérenne peuvent transformer cette obligation en avantage stratégique.

Une réforme annoncée de longue date, mais des avancées limitées

La facturation électronique n’est pas une nouveauté. Le mouvement vers une obligation généralisée s’est progressivement intensifié depuis 2017. Toutefois, malgré l'introduction précoce de la facturation électronique dans le cadre des relations B2G, le sentiment d'urgence n’a pénétré que lentement le monde de l’entreprise.

La facturation électronique exige une approche stratégique, intégrée à l'ensemble de l'écosystème financier de l'entreprise, et non une initiative isolée.

Local vs. International : une mise en œuvre à deux vitesses

En partie à la suite d'une législation qui n'a été adoptée que très tard en 2025, nous observons principalement des comportements réactifs chez les PME ancrées localement.

Une approche efficace de la facturation électronique commence idéalement par l’optimisation de l’ensemble du processus d'administration financière, le logiciel de facturation électronique ne constituant qu'un maillon de la chaîne. « Nous aidons nos clients à s’orienter dans la multitude de solutions logicielles disponibles. La sécurité est un enjeu central, afin que la transition vers la facturation électronique génère avant tout des gains d’efficacité et une digitalisation accrue. »

Opportunités et risques pour les PME

Les avantages de la facturation électronique sont évidents : réduction des coûts administratifs, diminution des erreurs manuelles, accélération des traitements et plus grande uniformité des processus.

Si la facturation électronique visait initialement à améliorer la collecte de la TVA, la simplification administrative pour les entreprises est tout aussi déterminante. Elle peut constituer un véritable levier de professionnalisation.

L’automatisation des processus financiers améliore l’efficacité de l'administration financière. L'entrepreneur moderne peut ainsi évoluer de la simple collecte de données vers leur analyse, à l’aide de tableaux de bord offrant une vision claire de l'orientation stratégique de l’entreprise.

Cela permet des décisions plus rapides et mieux informées, une réduction de la charge administrative et, in fine, une meilleure intégration des collaborateurs au sein de l'entreprise. Il convient toutefois de rester réaliste : de nombreuses PME disposent de systèmes de contrôle interne encore peu développés, ce qui les expose davantage aux risques de phishing et de documents frauduleux.

La facturation électronique impose dès lors la mise en place de mécanismes de sécurité renforcés, notamment pour l'identification fiable des expéditeurs et des destinataires.

Le comptable, partenaire stratégique de l’entreprise

Le rôle du comptable évolue : d’un regard tourné vers le passé, ile se projette désormais vers l'avenir. Le comptable devient un conseiller stratégique de confiance, accompagnant les entrepreneurs dans leur transformation numérique et en les aidant à prendre de meilleures décisions économiques. La gestion du changement s’impose comme un enjeu clé, tant au sein des entreprises que des cabinets comptables.

Application et délais : quel degré de sévérité de l’administration ?

Des amendes administratives sont prévues, allant de 1 500 euros pour une première infraction à 5 000 euros en cas de récidive, lorsque les contribuables ne disposent pas des capacités techniques nécessaires pour envoyer et recevoir des factures électroniques via Peppol. La Belgique prévoit toutefois une période de tolérance de trois mois (janvier-mars 2026). Durant cette période, le SPF Finance n'imposera pas d’amendes, à condition que les entreprises puissent démontrer qu'elles ont entrepris, en temps utile, des démarches raisonnables pour se conformer à la nouvelle législation, et que les retards soient indépendants de leur volonté.