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Quelle trajectoire pour les banques de l'UEMOA sur la période 2020-2024 ?

Deloitte dévoile la 2ème édition de son étude consacrée au secteur bancaire de la zone UEMOA sur la période 2020-2024. L’étude démontre qu’au-delà de la tendance globale de croissance soutenue et des rentabilité stables, la situation des banques reste hétérogène selon les pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), avec des profils de risque et de développement contrastés.

En résumé

  • Un secteur résilient dans un contexte en mutation : porté par une croissance régionale de +6,1 %, le secteur bancaire de l’UEMOA maintient un rôle central dans le financement de la zone, avec un PNB en progression de +3,4 % et un ROE d’environ 16 %.
  • Des trajectoires par pays contrastées : la situation reste hétérogène : la Côte d’Ivoire domine (+10,4 % de PNB et NPL en baisse), tandis que d’autres marchés progressent plus modérément et que le Niger et la Guinée-Bissau affichent les rentabilités les plus faibles, mettant en évidence la nécessité d'ajustements stratégiques.
  • Un marché boursier attractif : les banques cotées de la zone voient leur capitalisation croître de +17,5 % avec un pay-out moyen de 45 % et des valorisations en hausse (PBR 1,3x, PER 6,5x), tandis que leur nombre passe de 14 à 15 après l’introduction en 2025 de la Banque Internationale pour l’Industrie et le Commerce du Bénin.
  • Un paysage concurrentiel en recomposition : la structure du marché bancaire évolue, la part des dix premières banques reculant de 69,9 % en 2020 à 62,8 % en 2024, malgré des marchés encore très concentrés où les trois premières banques dépassent 50 % du total bilan.

Performance des banques de l’UEMOA

Découvrez notre étude complète sur la performance du secteur bancaire dans la zone UEMOA pour la période 2020-2024 et explorez nos analyses détaillées.

L’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) montre une dynamique macro-économique favorable sur les prochaines années, avec une accélération de la croissance du PIB et une légère baisse de l’inflation. Cela est porté par les secteurs primaire et tertiaire, et aussi l’émergence d’un secteur des hydrocarbures.

Le PIB de la zone UEMOA a progressé de 6,1 % en 2024, contre 5,2 % en 2023, soutenu en particulier par une campagne agricole 2023/2024 favorable en Côte d’Ivoire et un dynamisme accru du secteur secondaire, notamment les industries extractives comme le pétrole et le gaz. L’inflation moyenne annuelle atteint 3,5 % en 2024, en recul par rapport à 2023 (3,7%). Cette baisse modérée s’explique par la diminution des prix des produits alimentaires importés et la stabilité des prix des produits pétroliers, qui limitent les pressions sur les coûts dans la zone.

Cette dynamique économique se traduit par une évolution significative du secteur bancaire, dont le total bilan en croissance continue souligne l’importance relative du système financier dans l’économie de la zone UEMOA.

🌍 Paysage bancaire régional

Croissance économique et contribution du secteur bancaire
La région enregistre une croissance soutenue, avec un PIB en progression de +6,1 %. Le secteur bancaire continue d’y jouer un rôle structurant, en maintenant une contribution stable à la dynamique économique globale.

Évolution concurrentielle
Le marché bancaire connaît une intensification de la concurrence. La part de marché des dix premières banques est passée de 69,9 % en 2020 à 62,8 % en 2024, traduisant l’émergence et le développement de nouveaux acteurs, ainsi qu’une redistribution progressive des positions concurrentielles.

Concentration sectorielle
Malgré cette évolution, certains pays présentent encore un niveau élevé de concentration bancaire. Cette situation peut constituer un risque sectoriel, en accentuant la dépendance du système financier à un nombre restreint d’établissements dominants.

📊 Situation par pays dans la région

Côte d’Ivoire : locomotive régionale
La Côte d’Ivoire confirme son rôle moteur au sein de la zone, avec la plus forte progression du Produit Net Bancaire (+10,4 %). Cette performance s’accompagne d’une amélioration de la qualité des actifs, marquée par une baisse du taux de créances douteuses (NPL) de 1,1 point par rapport à 2023.

Stagnation observée dans plusieurs pays en 2024
Dans certains pays — notamment le Sénégal, le Togo, le Burkina Faso, le Bénin et le Mali — la croissance du PNB demeure limitée, avec une évolution inférieure à 2,7 % par rapport à 2023. La qualité des portefeuilles y reste globalement stable, sans amélioration significative.

Niger et Guinée-Bissau : marchés sous pression
Le Niger et la Guinée-Bissau affichent une rentabilité faible, conjuguée à une dégradation marquée de la qualité des actifs. Les taux de créances douteuses atteignent respectivement 26,8 % et 18,7 %, soulignant la nécessité d’une réflexion stratégique et d’ajustements structurels.

🏦 Situation des banques dans la région

Croissance maîtrisée et rentabilité stable
Les banques de la région enregistrent une progression modérée de leur PNB (+3,4 %), avec une rentabilité des capitaux propres (ROE) stable autour de 16 %. Le coefficient d’exploitation, maintenu à environ 60 %, reste maîtrisé, bien qu’un potentiel d’amélioration subsiste via l’optimisation des coûts et l’accélération de la digitalisation.

Prudence dans l’activité de crédit
Le taux de transformation demeure stable autour de 77 %, tandis que la qualité des portefeuilles s’améliore. Cette évolution reflète une gestion plus sélective et prudente des crédits, dans un contexte économique exigeant.

Pression sur les marges
La hausse des taux de refinancement et les tensions sur la liquidité exercent une pression sur les marges nettes d’intérêt, qui s’établissent à 4,8 %, contre 5,2 % en 2023.

📈 Marché boursier

Capitalisation en progression
La capitalisation boursière des banques cotées dans la zone UEMOA progresse de +17,5 % par rapport à 2023, principalement portée par les établissements ivoiriens.

Politique de distribution attractive
Le taux moyen de distribution des dividendes atteint 45 % du résultat net, en hausse par rapport à 41 % en 2023, renforçant l’attractivité du secteur pour les investisseurs.

Indicateurs de valorisation en amélioration
Les multiples de valorisation enregistrent une légère progression : le PBR s’établit à 1,3x (contre 1,2x en 2023) et le PER à 6,5x (contre 5,3x en 2023), traduisant une amélioration modérée de la perception du marché.

Questions fréquentes   

En 2024, l’UEMOA enregistre une croissance du PIB de +6,1 %, contre 5,2 % en 2023. Cette performance est portée par une campagne agricole favorable, le dynamisme des services et l’essor du secteur des hydrocarbures (pétrole et gaz). 

Le secteur bancaire affiche une croissance modérée mais solide, avec un Produit Net Bancaire (PNB) en hausse de +3,4 % et une rentabilité des capitaux propres (ROE) stable autour de 16 %. La concurrence s’intensifie, avec une baisse de la concentration du marché au profit de nouveaux acteurs. 

Les principaux risques concernent la concentration bancaire dans certains pays, la pression sur les marges liée aux tensions de liquidité et la dégradation de la qualité des actifs dans certains marchés fragiles. 

Oui, le marché boursier de l'UEMOA est attractif pour les investisseurs. La capitalisation boursière des banques cotées progresse de +17,5 % en 2024, avec un taux moyen de distribution des dividendes de 45 %. Les indicateurs de valorisation (PER 6,5x ; PBR 1,3x) montrent une amélioration modérée de la perception du marché. 

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