En 2026, les politiques de rémunération poursuivent leur normalisation dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance, l’inflation et la hausse du chômage. La dernière édition de notre étude sur les rémunérations analyse les principales tendances des augmentations salariales en 2026 et les enjeux qui façonneront les politiques de rémunération des entreprises dans les prochaines années.
La 15e édition de la note de conjoncture sur les rémunérations met en lumière une nouvelle étape dans l’ajustement des politiques salariales des entreprises françaises.
Après plusieurs années marquées par des niveaux d’augmentation exceptionnels liés aux tensions inflationnistes et aux difficultés de recrutement, les budgets d’augmentation poursuivent leur normalisation en 2026. Cette tendance s’inscrit dans un environnement économique plus dégradé, caractérisé par un ralentissement de la croissance (taux de croissance attendu à 0,5 % en 2026 contre 0,9 % en 2025), une remontée récente de l’inflation (niveau prévisionnel à 2,5 % en 2026, après 0,9 % en 2025) et une hausse du chômage (taux prévisionnel de 8,1 % en 2026 contre 7,7 % en 2025).
Dans ce contexte, les entreprises privilégient davantage la maîtrise de leurs coûts salariaux et l’allocation ciblée de leurs budgets, en concentrant leurs efforts sur les compétences les plus stratégiques et les profils les plus difficiles à fidéliser : l’individualisation des augmentations continue ainsi de progresser, particulièrement pour les populations cadres.
L’année 2026 marque également une étape importante sur le plan réglementaire avec l’échéance de transposition de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Les entreprises poursuivent leurs travaux de structuration des politiques salariales, de pilotage des écarts de rémunération et de préparation aux futurs reportings. Cette évolution contribue à renforcer les démarches engagées en faveur de l’équité salariale et de la transparence.
Dans un environnement économique et géopolitique toujours incertain, les entreprises cherchent ainsi à concilier maîtrise des coûts, compétitivité, attractivité et engagement des collaborateurs.
Les augmentations pratiquées en 2026 poursuivent leur mouvement de normalisation et retrouvent des niveaux proches de ceux observés avant les crises récentes. Les entreprises poursuivent ainsi des arbitrages exigeants afin de concilier maîtrise des coûts, compétitivité et engagement des talents. Si les perspectives restent globalement positives, elles devront être appréciées avec prudence au regard des incertitudes économiques, géopolitiques et réglementaires qui continuent de peser sur les organisations.
Sophie Lazaro, Associée Capital Humain Deloitte.
Dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance économique française, la nouvelle hausse de l’inflation et une dégradation progressive du marché de l’emploi, les entreprises ont poursuivi l’ajustement de leurs politiques salariales en 2026. Les budgets d’augmentation versés reviennent à des niveaux proches de ceux observés avant les crises inflationnistes récentes. Ainsi, en 2026, les budgets médians d’augmentation versés sur le salaire de base s’établissent à 1,8 % pour les OETAM (ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise) et à 2,1 % pour les cadres. Cela représente une baisse de 0,7 point pour les OETAM et de 0,2 point pour les cadres par rapport à l’année 2025, où les budgets médians atteignaient respectivement 2,5 % et 2,3 %.
Nos projections concernant les années 2027 et 2028 suggèrent une relative stabilité des augmentations salariales. Cette tendance reste néanmoins dépendante de l'évolution du contexte économique et géopolitique qui continuera d'influencer les arbitrages budgétaires des entreprises.
Après plusieurs années marquées par des niveaux d’augmentation plus élevés destinés à préserver le pouvoir d’achat dans un contexte inflationniste, les politiques salariales poursuivent leur normalisation en 2026. Cette évolution traduit la prudence des entreprises face à un environnement économique plus incertain, marqué par un ralentissement de la croissance et une nouvelle hausse de l’inflation. Ainsi, nous observons une hausse de la rémunération totale médiane de 1,2 % pour les OETAM et de 2,3 % pour les cadres en 2026.
L’année 2026 constitue également une étape importante dans la préparation à la mise en œuvre de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Cette dynamique contribue au renforcement des démarches d’équité salariale et à la structuration des politiques de rémunération, dans un contexte où les attentes des salariés en matière de transparence et de reconnaissance continuent de progresser.
En 2026, les entreprises renforcent leur implication dans la construction des droits à retraite de leurs collaborateurs, en s’appuyant davantage sur les dispositifs supplémentaires notamment sur le Plan Epargne Retraite (PER) obligatoire.
Pour les régimes de santé, les nouveaux transferts de charges de la Sécurité sociale vers les organismes complémentaires viennent s'ajouter à des régimes déjà mis sous pression par l'inflation médicale et la hausse de la consommation de soins.