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Edition 2010 des Champions de la Distribution : Après l’orage…

LES VENTES DE LA GRANDE DISTRIBUTION SONT EN HAUSSE EN DEPIT DE LA RECESSION, MAIS LES BENEFICES ONT ETE HEURTES DE PLEIN FOUET

- Les deux tiers des distributeurs ont vu leurs bénéfices décliner durant l’exercice 2008
- La grande distribution alimentaire a mieux résisté, la mode et les équipements ont souffert
- Les pays émergents, nouvel eldorado pour les distributeurs

Neuilly, 14 janvier 2010 – Bien que l’économie ait connu l’une de ses plus fortes contractions depuis des décennies, les grands distributeurs mondiaux ont pu augmenter leurs ventes de 5,5% au cours de l’exercice 2008 (qui inclut les exercices clos jusqu’en juin 2009). Le nouveau rapport de Deloitte sur les 250 Champions 2010 de la Distribution montre cependant que la récession mondiale a eu un impact sur les résultats financiers de la grande distribution. La rentabilité des 250 Champions mondiaux est tombée de 3,7% en 2007 à 2,4% en 2008.

Les deux tiers des 184 distributeurs qui publient leurs résultats ont vu leur marge bénéficiaire décliner en 2008 et 30 d’entre eux déclarent des pertes. Cette tendance affecte pratiquement toutes les zones géographiques et tous les secteurs du commerce. Les distributeurs européens ont vu leur rentabilité chuter en moyenne de 4,1% en 2007 à 2,7% en 2008, tandis que celle de la distribution nord-américaine est passée de 3,6% à 2,4%.

Les distributeurs du secteur de l’équipement de la maison ont vu leurs marges bénéficiaires diminuer de plus de la moitié, passant de 6,8% à 3,1%. La progression des ventes des distributeurs du secteur de l’habillement a été négative et les bénéfices ont été divisés par deux pour tomber à 4,1%. Même le secteur des biens de consommation à rotation rapide, principalement la distribution alimentaire, a vu ses bénéfices passer de 3% à 2,2%, malgré une augmentation des ventes de 8,6%, plus forte que dans les autres secteurs.

Gilles Goldenberg, associé responsable du secteur Distribution chez Deloitte, déclare : « 2008 a été une année mouvementée pour la grande distribution mondiale. La progression des ventes s’est ralentie en particulier pour les produits discrétionnaires et la rentabilité a diminué en conséquence de cette chute de volume. Nombre de distributeurs ont « dopé » leurs ventes par une agressivité promotionnelle, notamment dans l’alimentaire, ce qui a sérieusement détérioré les résultats. Toutefois, si les signes de reprise économique, déjà perceptibles partout dans le monde se confirment, la grande distribution devrait pouvoir retrouver le chemin d'une meilleure rentabilité ».

Les 10 Champions mondiaux de la grande distribution sont les mêmes que l’année dernière mais le classement a changé. Les 10 premiers distributeurs représentent plus de 30% du total des ventes des 250 premiers distributeurs du palmarès. Wal-Mart reste le 1er distributeur mondial, devant le Groupe Carrefour. Malgré un meilleur taux de croissance de ses ventes, Tesco a dû céder sa 3ème place à Metro AG (Metro) qui a bénéficié de la force relative de l’Euro. Schwarz (Lidl) qui tire parti d’un effet combiné d’une forte croissance interne et de la force de l’Euro gagne 2 places et s’installe au 5ème rang du classement au détriment de Home Dépôt dont l’activité est affectée par la crise de l’immobilier aux USA.

Parmi les principaux constats de ce rapport:

Les distributeurs doivent passer à l’offensive dans le domaine du commerce en ligne et des réseaux sociaux
La distribution multi-canal continue à se développer dans le sens où de plus en plus de sociétés développent leur stratégie de commerce électronique, mais les ventes en ligne représentent toujours un faible pourcentage de leur chiffre d’affaires, soit 6,6% du total pour les 100 premiers distributeurs du classement. La distribution alimentaire doit encore s’approprier le commerce électronique, ses ventes en ligne ne représentant que moins de 1%.

« L’Internet et les nouveaux médias sont appelés à constituer une opportunité croissante pour la distribution dans les dix prochaines années » ajoute Gilles Goldenberg. « Les distributeurs doivent mettre en place une stratégie multi-canal pour leur permettre de convertir en acheteurs ceux des consommateurs de plus en plus familiers avec la navigation sur le Net. Nous commençons déjà à voir des distributeurs lancer des campagnes ciblées de marketing et de promotion en ligne au travers de leurs sites web ou des sites des réseaux sociaux».

« Ces sites apporteront une plus grande transparence en élargissant l’accès des consommateurs aux informations sur tous les distributeurs, sur leurs produits et sur leurs tarifs. Cela peut avoir pour conséquence une érosion des marges par un alignement des prix sur ceux du distributeur le plus agressif disposant des structures de coûts les plus faibles».

Les distributeurs des marchés émergents bientôt prêts à se mesurer aux grands distributeurs internationaux
« Si les grands distributeurs mondiaux s’affrontent directement dans les marchés émergents en croissance, ils doivent aussi tenir compte de la concurrence locale. Un grand nombre de distributeurs des marchés émergents sont en marche pour devenir des acteurs de classe mondiale à part entière » constate Gilles Goldenberg. « Ils sont bien armés, non seulement pour concurrencer les géants mondiaux sur leurs marchés nationaux, mais certains le sont aussi pour les concurrencer sur d’autres marchés. La prochaine étape sera, pour les distributeurs spécialisés en non alimentaire des marchés émergents, de pénétrer les marchés développés ce qu’ils ont, dans une certaine mesure, déjà commencé à faire. Les disparités dans la grande distribution mondiale s’estompent ».

La croissance mondiale est de retour, mais nous assistons à un rééquilibrage économique
« Les pays occidentaux qui se sont lourdement endettés pour financer les excès provoqués par les bulles économiques peuvent connaître un ralentissement de la progression des dépenses de la consommation car les ménages s’efforcent d’épargner davantage », souligne Gilles Goldenberg. « La croissance économique de ces pays reposera davantage sur les exportations, les investissements des entreprises et les dépenses des Etats ».

« A contrario, les pays dont la croissance reposait sur les exportations ne pourront plus dépendre autant de ces marchés et passeront à une croissance dynamisée par les dépenses des ménages de leur marché intérieur. Sur des marchés tels que les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la croissance de la consommation devrait ralentir sur les dix prochaines années. En revanche, on s’attend à ce que cette croissance soit forte dans les pays disposant d’excédents, particulièrement les grands marchés émergents ».

À propos du rapport

Les 10 Champions du palmarès de la distribution :

Société Pays d’origine

Classement

Chiffre d’affaires détail 2008
 (millions de $ américains)

Taux de croissance (%) *
Wal-Mart Etats-Unis

1

401 244

9,4

Carrefour France

2

127 958

4,3

Metro Allemagne

3

99 004

4,8

Tesco Royaume-Uni

4

96 210

12,0

Schwarz (Lidl) Allemagne

5

 79 924e

12,3

The Kroger Co. Etats-Unis

6

76 000

7,2

The Home Depot, Etats-Unis

7

71 288

1,9

Costco Wholesale Etats-Unis

8

70 977

11,2

Aldi. Allemagne

9

66 063e

5,1

Target Etats-Unis

10

62 884

6,1

 

* = taux de croissance annuelle moyen des ventes sur 5 ans.
e = estimé

Contacts

Nom:
Julia Debienne
Société:
Deloitte
Fonction:
Relations Presse
Téléphone:
+ 33 (0)1 55 61 41 69
Email
jdebienne@deloitte.fr