Les tendance du tourisme et de l'hôtellerie - 11ème édition |
Neuilly, le 11 février 2010
Comme chaque année, Deloitte propose une rétrospective statistique des tendances de l’hôtellerie, l’occasion de revenir sur une année 2009 difficile pour le secteur mais aussi de se projeter dans les grandes tendances qui prévaudront à la reprise.
Tout au long de 2009 chacun a craint le pire, observant mois après mois l’impact significatif de la crise sur les chiffres d’affaires. Cette crise, qui n’est pas tout à fait terminée, est exceptionnelle car pour la première fois :
Une crise globale et profonde
La crise actuelle est souvent comparée à celle de 1929, pour sa globalité mais aussi pour ses origines financières, ayant par la suite des répercussions sur l’économie et les comportements de consommations des entreprises et des particuliers. Sur la plupart des territoires, cette situation affecte le secteur hôtelier à deux niveaux :
Le dernier « creux de cycle » observé sur le secteur hôtelier date de 2003 mais il était lié à un contexte très différent de celui que nous vivons aujourd’hui : tensions internationales (guerre en Irak), ralentissement économique, etc.
Pour le marché hôtelier, la crise actuelle a ceci de particulier qu’elle a contraint beaucoup d’entreprises à réviser leur « politique voyage », qu’il s’agisse de déplacements d’affaires ou de l’organisation de séminaires/congrès. Par conséquent, le retour à la normale prendra certainement plus de temps. Ce constat est partagé par beaucoup d’acteurs du marché, qui ont dû prendre des mesures pour s’adapter à ce contexte exceptionnel, avant de préparer au mieux la sortie de crise.
Rétrospective 2009 : creux de cycle pour l’hôtellerie française

Commencée en 2008, la baisse des taux d’occupation s’est accélérée sur le premier semestre 2009, avec des reculs parfois importants, notamment dans l’hôtellerie haut de gamme. En comparaison, le second semestre a semblé marquer un ralentissement de la décroissance de la fréquentation. Malheureusement, rappelons que le premier semestre 2009 se comparait à un premier semestre 2008 exceptionnel, le parallèle sur la seconde moitié 2009 se faisait avec une période où la crise était déjà solidement installée. Dès lors, même s’ils sont plus modestes qu’au premier semestre, les reculs enregistrés à partir de juillet 2009 traduisent une poursuite de la crise dans le secteur hôtelier.
La persistance et l’ampleur de la crise sont évidemment liées à son caractère international et à son extension progressive du secteur financier à l’ensemble de l’économie. Ces phénomènes ont sérieusement ébranlé la segmentation de la clientèle des hôtels. La clientèle d’affaires, qu’elle soit individuelle ou de groupe, a limité au maximum ses déplacements et quand ceux-ci ne pouvaient pas être annulés, ils ont été réduits à la portion congrue. La clientèle de loisirs, inquiète pour son pouvoir d’achat et pour son avenir, a préféré épargner ou limiter ses dépenses quand elle le pouvait. De fait, elle a privilégié cet été l’offre affinitaire – amis, famille, etc. – ou la parahôtellerie – camping, gîtes, etc. – quand celle-ci proposait des tarifs attractifs.
La baisse de la fréquentation initiée en 2008, qui s’est accentuée en 2009, a ramené le niveau d’occupation des hôtels à ce qu’il était avant 2005.
Après avoir été en très nette progression sur la période 2005 à 2008, les prix moyens ont marqué une véritable rupture en 2009 pour certaines catégories. La situation est en effet plus hétérogène qu’en matière d’occupation.
L’hôtellerie économique et 2 étoiles, moins présente sur ces segments et tirant parti d’une élasticité prix qui leur était favorable, en a profité pour continuer à faire progresser sa RMC de 3% à 6% en 2009. Il est vrai que, pour ces catégories, les gains de prix moyens ont bien souvent accompagné la rénovation des produits.
Si l’hôtellerie économique affiche la croissance la plus solide de la période 2005-2009, c’est pourtant du côté de l’hôtellerie haut de gamme et 3 étoiles que devraient venir les premiers signes de reprise.
Deux tendances de fond : le commerce en ligne et le développement durable
Dans ce panorama globalement morose, deux tendances fortes ont perduré dans le secteur hôtelier :