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Identifier des voies de croissance pour les fabricants canadiens en Inde

Conversation avec Vis Viswanathan sur


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Vis Viswanathan de la pratique canadienne de Deloitte est actuellement détaché en Inde. Nous lui avons demandé son opinion sur les occasions dans le secteur manufacturier dans ce pays, et surtout sur la manière dont les entreprises canadiennes peuvent se servir de ce vaste marché en expansion pour favoriser leur croissance et leur compétitivité.

De nos jours, la Chine fait souvent la manchette dans le domaine de la fabrication confiée en impartition. L’Inde est-elle le prochain Eldorado pour les fabricants canadiens à la recherche d’une autre option que la Chine ?

Lorsqu’ils envisagent de confier la fabrication en impartition, ces fabricants doivent percevoir l’Inde différemment de la Chine. L’Inde se distingue principalement de la Chine sur deux aspects : les coûts de production et les prix.

En ce qui concerne les coûts de production en Inde, ils ne sont peut-être pas assez compétitifs pour l’entreprise canadienne moyenne. Alors que la Chine est un fabricant à faibles coûts dans une gamme étendue de secteurs, l’Inde présente des avantages qui se limitent à certains domaines offrant une meilleure valeur ajoutée. C’est pourquoi seule une poignée de fabricants canadiens pourraient avoir intérêt à retenir l’Inde comme pays de production possible.

L’Inde se distingue également de la Chine en matière de prix. En effet, le marché intérieur en Inde, qui est vaste par rapport à d’autres marchés, peut absorber la plupart de la production locale, contrairement à la Chine qui exporte la grande majorité de sa production. Sur ce plan, l’Inde ressemble beaucoup aux États-Unis, car la majorité de sa production est consommée localement. Par conséquent, les fabricants indiens ne subissent aucune pression concurrentielle à l’égard des prix de la marchandise exportée. Les fabricants chinois eux se livrent une guerre de prix acharnée, car ils ont tendance à exporter une très grande partie de leur production.

Cela dit, quels secteurs en Inde constituent des débouchés possibles pour les fabricants canadiens ?

Il y en a trois : la fabrication de produits électroniques haut de gamme, l’infrastructure et le marché intérieur.

Les composants électroniques de pointe provenant de l’Inde se trouvent déjà dans la plupart des véhicules automobiles vendus au monde. Les constructeurs d’automobiles canadiens auraient donc intérêt à devenir un maillon de cette chaîne d’approvisionnement. L’avantage de l’Inde tient dans la valeur et non dans le prix, ce qui pourrait favoriser les fabricants canadiens à valeur ajoutée des secteurs hautement technologiques, y compris celui de l’automobile, sur les marchés mondiaux.

En ce qui a trait à l’infrastructure, les réseaux routiers, les égouts et d’autres infrastructures se trouvent dans un état lamentable. Comme les outils manuels sont communément employés pour la reconstruction, le pays ne parvient à répondre ni aux besoins actuels ni à ceux prévus. Pour accélérer le renouvellement des infrastructures, il faut automatiser les processus à grande échelle. Cela représente d’ailleurs une belle occasion pour les fabricants canadiens qui possèdent une expertise dans les techniques automatisées pour la construction d’infrastructures, qu’il s’agisse de routes ou de services publics.

Le marché intérieur de l’Inde présente aussi des occasions d’expansion pour le Canada. Comptant plus d’un milliard de consommateurs potentiels, le marché indien constitue pour les fabricants canadiens une occasion exceptionnelle de produire et de vendre des biens sur place. Même une petite part de ce marché intérieur est considérable, en chiffres absolus, par exemple 0,1 % de la population équivaut à 1,1 million d’habitants.

L’Inde peut aussi être considérée comme centre d’exportation vers d’autres marchés en Asie-Pacifique qui ont des coûts de production plus élevés. Par exemple, une usine en Inde pourrait aussi fournir le Japon, Singapour et la Malaisie, autant de carrefours manufacturiers plus coûteux que l’Inde.

L’Inde constitue donc un géant en devenir aux infrastructures vétustes ?

L’Inde est vraiment un pays de contrastes. Malgré l’expertise reconnue de ce pays en haute technologie, ses habitants utilisent encore des outils et processus manuels dans leur quotidien. Les fabricants canadiens avisés verront ce marché comme l’occasion d’abandonner les cadres traditionnels de fabrication en impartition.

Dans quels autres aspects de la chaîne d’approvisionnement les fabricants canadiens devraient-ils songer à investir en Inde ?

Bien que l’Inde soit déjà amplement reconnue pour son infrastructure en services technologiques, elle présente des avantages qui vont au-delà des simples centres d’appels ou d’assistance en TI. De nombreuses organisations américaines travaillent ici, mettant sur pied des équipes afin de tirer parti de l’excellent système d’éducation de l’Inde. GE, par exemple, a ouvert un important centre de recherche dans ce pays. Malgré la lourde bureaucratie en Inde, cette nation demeure un pays prometteur pour les fabricants disposés à bien préparer le terrain en mettant au jour des voies de croissance insoupçonnées.