Le Canada exhorté à investir dans une main-d’œuvre bien formée afin d’accroître la compétitivité de l’industrie manufacturièreLes nouvelles économies menées par l’Asie semblent gagner du terrain tandis que l’Amérique du Nord et l’Europe reculent |
Montréal, le mardi 29 juin 2010 – Si des études récentes ont confirmé que l’économie canadienne vit actuellement une reprise modérée, il n’en demeure pas moins que l’industrie manufacturière d’ici continue de faire face à des défis d’envergure sur le plan de la compétitivité par rapport aux nouvelles économies. Par conséquent, le Canada a été exhorté à augmenter ses investissements dans une main-d’œuvre compétente capable de stimuler l’innovation afin d’améliorer son rendement dans ce secteur et à mettre en place une infrastructure concurrentielle en matière de politiques gouvernementales.
Une étude publiée par Deloitte indique que l’accès à des travailleurs bien formés en mesure de stimuler l’innovation représente le principal facteur qui permettra d’augmenter la compétitivité mondiale des sociétés manufacturières – et cela, bien au-devant des facteurs « habituels » qui sont typiquement associés à la fabrication concurrentielle comme la main-d’œuvre, les matériaux et l’énergie.
Selon l’étude 2010 Global Manufacturing Competitiveness Index (en anglais seulement – indice de compétitivité du secteur manufacturier à l’échelle mondiale, 2010) produite par le groupe de l’industrie manufacturière mondiale de Deloitte et le Conseil américain de la compétitivité, les puissances manufacturières de la fin du 20e siècle ne mènent plus dans ce domaine et continueront d’être supplantées par les nations émergentes comme la Chine, l’Inde, la République de Corée et le Brésil. On prévoit que les nations nord-américaines et de l’Europe de l’Ouest seront moins concurrentielles au cours des cinq prochaines années.
Le Canada se retrouve en milieu de peloton et devrait y demeurer pendant les cinq années à venir. « Ces résultats méritent d’être soigneusement examinés à l’heure où le Canada évalue son rang mondial en matière de compétitivité », souligne Luc Martin, leader du secteur Manufacturier au Canada chez Deloitte.
Une main-d’œuvre bien formée capable de stimuler l’innovation est essentielle au maintien d’une industrie manufacturière dynamique
Selon M. Martin, l’étude confirme que le paysage concurrentiel mondial du secteur manufacturier est en pleine mutation. « L'économie canadienne, dans l'ensemble, affiche un excellent positionnement par rapport aux autres pays développés, mais notre compétitivité moyenne signifiera que d’autres restructurations des sociétés canadiennes seront nécessaires.
Des investissements dans une main-d’œuvre compétente et dans l’innovation constitueront la clé pour améliorer le rendement et assurer la vigueur de l’industrie manufacturière d’ici », affirme-t-il.
L’étude a démontré que les pays qui profitent d’un avantage concurrentiel dans le secteur manufacturier disposent d’un approvisionnement continu de travailleurs très compétents, de scientifiques, de chercheurs, d’ingénieurs et de professeurs qui ont collectivement la capacité d'innover de façon continue et, simultanément, d’améliorer l'efficacité de la production.
En outre, la plupart des nations concurrentielles font preuve d'une force certaine au niveau de la recherche et du développement, ainsi que des compétences liées à l’ingénierie, aux logiciels et à l’intégration technologique. Par exemple, le rapport fait remarquer que même si la Chine, l’Inde et la Corée se sont fiées à une main-d’œuvre à faible coût au départ, l’avantage dont jouissent actuellement leurs secteurs manufacturiers est attribuable à leur capacité de fournir des produits haut de gamme et très techniques.
« Une main-d’œuvre compétente, et plus spécifiquement une main-d’œuvre compétente qui stimule l’innovation, gagne à tout coup lorsqu'il est question de compétitivité mondiale pour les sociétés manufacturières. La disponibilité de travailleurs bien formés ainsi que de capacités au niveau de la recherche et du développement sont des éléments vitaux d'une entreprise du 21e siècle axée sur la compétence et l’innovation », affirme M. Martin.
Les principaux facteurs de la compétitivité reflètent une interaction cruciale entre les forces gouvernementales et les marchés
Le rapport a identifié d’autres facteurs principaux de la compétitivité pour l’industrie manufacturière mondiale, dont plusieurs sont liés aux politiques gouvernementales, notamment le coût de la main-d’œuvre et des matériaux; les systèmes économiques, commerciaux, financiers et fiscaux; les coûts et politiques énergétiques; les systèmes légaux et réglementaires; la qualité des infrastructures physiques.
Sur ce plan, l'étude a révélé une nette divergence géographique à l’égard des politiques publiques par rapport à la compétitivité. La Chine semble mieux s’adapter à la compétitivité par rapport à l’Europe et à l’Amérique du Nord grâce à ses politiques gouvernementales incluant un appui à la science, à la technologie et à l’innovation. Les gouvernements européens offrent un avantage à leur industrie manufacturière en appuyant le développement d'infrastructures, tandis que l’Amérique du Nord est perçue comme ayant les politiques les plus avantageuses en matière de protection de la propriété intellectuelle.
En Amérique du Nord, les systèmes financiers et fiscaux se sont classés au troisième rang des facteurs ayant une incidence sur le rendement manufacturier. Le rapport souligne que les règles et les politiques appropriées sur le plan de l’impôt des entreprises, du commerce, des banques centrales et des systèmes financiers en général encouragent un climat commercial favorable à un secteur manufacturier prospère; en revanche, des mesures inadéquates dans ce domaine peuvent ralentir le secteur manufacturier et diminuer la compétitivité du pays.
Selon M. Martin, « étant donné que l’industrie manufacturière continuera d’être un élément essentiel afin d’attirer les investissements, d’encourager l’innovation et de créer des emplois de grande qualité, les gouvernements au Canada devront s’assurer que nous disposons de fondements solides au chapitre des systèmes financiers et fiscaux, ainsi qu’au niveau de la qualité des infrastructures. »
L’étude est fondée sur les réponses de plus de 400 premiers dirigeants et cadres supérieurs du secteur manufacturier à l’échelle mondiale lors d’un sondage effectué à la fin de l’année 2009 et au début de l’année 2010. Elle se base également sur des entretiens avec des décideurs clés du secteur manufacturier.
Pour télécharger l'étude 2010 Global Manufacturing Competitiveness Index (en anglais seulement), rendez-vous à l'adresse www.deloitte.com/globalcompetitiveness.
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