Press article: Horizons futurs pour les entreprises captives de réassuranceDOWNLOAD |
« Le secteur des entreprises captives de réassurance vit une période importante en raison des contexte économiques et réglementaires », estime Jérôme Lecoq, directeur au sein du département Audit chez Deloitte Luxembourg.
Et ce pour deux raisons.
La première est liée à une réflexion menée par les grands groupes quant à leur stratégie de financement des risques. Ce qui, sur le terrain, se traduit par un double mouvement constate Jérôme Lecoq : « Depuis la crise, des sociétés encouragent l'activité de leurs captives. A l'inverse, d'autres acteurs ont mis leurs captives en stand by, voire entrevoient ou mettent en œuvre des stratégies de sortie ».
Une autre raison se rapporte aux coûts de fonctionnement de ces véhicules, « qui est moins liée aux coûts présents qu’aux coûts futurs ». Car si l’on se projette dans un futur proche, le secteur va devoir affronter deux défis majeurs : Solvabilité 2 et la future nouvelle norme comptable internationale relative à l’évaluation des passifs d'assurance qu'élabore actuellement l'IAS Board, ces deux projets devant théoriquement être pleinement effectifs en 2013. « Un véritable challenge pour une industrie qui se caractérise, hormis quelques « big players », par des structures opérationnelles assez réduites. »
Ce problème de ressources se pose encore plus crûment pour Solvabilité 2.
Le salut? La présence dans les textes européens dudit « principe de proportionnalité », synonyme de certaines simplifications pour les petites structures, et qui pourra jouer un rôle salvateur dans l'application de la directive afin de tenir compte des particularités du secteur.
Quant à l’application concrète de ce principe : l'heure est encore aux incertitudes.
Si certains redoutent que Solvabilité 2 pousse certains acteurs à baser leurs entreprises captives de réassurance dans d’autres domiciles, Jérôme Lecoq est plus pondéré sur ce point.
Si la possibilité existe, il fait valoir que les règles de certains domiciles off-shore tendent vers l’équivalence, pour éviter d’être considérés comme paradis fiscaux. Ces questions sans réponses n'entament pas pour autant l’attrait pour ces structures et leur utilité intrinsèque en matière de gestion des risques. Les différentes zones d’incertitudes relatives aux challenges d’ordre réglementaire qui pointent à l’horizon 2013 devraient prochainement s’éclaircir et permettre à ce secteur d’activité luxembourgeois de continuer prospérer en toute connaissance de cause.