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Dans le contexte économico-financier actuel, il peut sembler surprenant de parler d’art et de finance. Cependant, les opportunités potentielles d’affaires pourraient présenter des intérêts prometteurs qui renforceraient l’offre de service du secteur financier en synergie avec le secteur culturel tout en offrant un axe de diversification pour l’économie luxembourgeoise.
En effet, les marchés de l’art ne cessent d’évoluer. D’une part, on assiste à une globalisation de ces marchés avec l’émergence de nouveaux pôles régionaux dans les pays émergents tels que la Chine, l’Inde, la Russie, le Moyen-Orient et le Brésil ainsi que l’arrivée d’une nouvelle génération de collectionneurs pour laquelle l’art constitue une partie significative de leur patrimoine.
D’autre part, dans une économie mondiale orientée vers la valorisation des connaissances et de l’innovation, les biens symboliques seront hautement valorisés et recherchés par les élites afin de consolider leur image de marque.
« Financialisation» des marchés de l’art
Grâce au développement de bases de données, d’indices et de connaissances économiques sur ces marchés, la performance financière des marchés de l’art est de mieux en mieux maitrisée. Cette maturité des connaissances, des pratiques financières et de la demande de services de structuration de patrimoine ouvrent davantage la voie au développement de nombreux services financiers spécialisés et de véhicules financiers structurés pour l’investissement financier en art.
L’intérêt croissant que portent les HNWIs (High Net Worth Individuals) tout comme les détenteurs de très grandes fortunes (UltraHNWI) pour les investissements alternatifs et les services dédiés aux actifs non-financiers viennent renforcer cet intérêt pour une nouvelle niche de services financiers liés à l’art.
De ce fait, la frontière entre les marchés de l’art et la finance s’atténue. Les marchés de l’art évoluent vers une phase de «financialisation». La logique financière s’intègre peu à peu dans les marchés de l’art et l’art est de plus en plus considéré comme une nouvelle classe d’actif alternatif utile et performant pour la diversification de l’investissement.
Emergence d’une nouvelle niche de services financiers spécialisés
Au niveau du secteur financier, cet intérêt pour l’art s’est traduit par un développement des services de conseils en art au sein des activités de wealth management ainsi que par une acceptation croissante d’utilisation des œuvres d’art comme garantie financière. Plus innovant encore, on dénombre une cinquantaine de fonds d’investissement en art en phase d’émergence de par le monde disposant d’actifs sous gestion estimés à 1.5 milliards d’USD.
Ces développements font penser qu’une niche de services financiers spécialisés devrait se développer. Ces services pourraient se concentrer dans certains lieux géographiques-clés. Reconnu pour ses activités et ses compétences financières, le Luxembourg pourrait jouer un rôle-clé dans le développement de ces nouveaux services. .
Création d’un centre de compétence mondial au Luxembourg
Le Luxembourg prédispose d’avantages indéniables pour se positionner comme une localisation de premier plan au niveau mondial. Cependant, on assistera vraisemblablement à une clusterisation de ces activités comme c’est le cas pour les services financiers ou pour les marchés de l’art. Par conséquent, tout centre financier cherchant à attirer ces activités devra veiller à créer et/ou à développer des activités, des compétences et des avantages compétitifs touchant aussi bien au domaine financier, économique que culturel afin de créer un environnement économique propice et attractif.
Pour le Luxembourg, il pourrait être par exemple intéressant de réfléchir à créer un port franc disposant de zones d’entreposage sophistiquées qui offrirait une gamme de services uniques tels que des possibilités d’exposition et de transport multimodal adapté; voir même de développer un «International Central Good Depository», tout en disposant d’un cadre juridique et fiscal avantageux pour la gestion des biens de collections. Ces développements se verraient accompagnés par la mise en place de programmes de recherche et d’enseignement dédiés ainsi qu’à la création d’activités de support tels que salles de vente, experts en art, entreprises de restauration ainsi que d’événements internationaux tels que conférence, symposium, foire d’art…
Dans cette perspective, un certain nombre d’interrogations stratégiques peuvent se poser pour le Luxembourg et sa place financière en ce qui concerne son positionnement
- Quel est l’état des capacités et des connaissances liées à l’investissement en art présentes à Luxembourg ?
- Quels sont les facteurs décisionnels pour la localisation de ces activités et notamment ceux des fonds d’investissement en art mais également des autres biens de collection ?
- Quel est le niveau de compétition des autres centres financiers ?
- Quelles sont les activités, les compétences, les conditions fiscales et réglementaires qui permettraient de créer un environnement économique unique ?
- Quel plan de développement le Luxembourg devrait-il mettre en place pour se positionner comme un Art Financial Cluster de premier plan ?
Pour répondre à ces questions, le soutien des parties prenantes et des autorités gouvernementales luxembourgeoises tant au niveau du secteur financier, économique que culturel est essentiel. Deloitte propose d’orchestrer une étude de positionnement avec toutes les parties prenantes dans le but d’évaluer les opportunités que cette nouvelle niche pourrait potentiellement offrir pour les secteurs financier, économique et culturel du pays.
Si le Luxembourg parvient à créer ce centre de compétence mondial, une nouvelle activité à haute valeur ajoutée viendrait renforcer la position compétitive du secteur financier du pays tout en générant des répercussions des plus positives pour l’art cluster luxembourgeois. Une réflexion plus globale de cette approche est également envisageable étant donné cette logique s’applique aussi bien aux autres objets de collections tels que les vins, les pierres précieuses, la photo , les instruments de musique….
Lors de la conférence tenue en présence de la Secrétaire d’Etat à la Culture, Madame Octavie Modert et en collaboration avec Dr. Paul Beaulieu professeur visitant et chercheur en développement stratégique des systèmes financiers à la Luxembourg School of Finance, des experts à la fois en art et en finance de renom international - Sotheby’s Institute of Art , The Fine Art Wealth Management Ltd et Fine Art Fund de Londres et du Luxembourg, Elite Advisers et Deloitte – s’étaient réunis pour débattre de la perspective de développer à moyen terme de nouveaux services financiers spécialisés au Luxembourg.
Pour plus d’informations ou la retransmission de la conférence Art & Finance organisée par Deloitte le 1er octobre 2008 à la Philharmonie, consultez www.deloitte-artandfinance.com