Baromètre pour les PME 2008:
- La PME se finance 5,8 fois plus par fonds propres qu’en recourant aux ressources bancaires
- 75% des PME sont sans doute assez bien outillées pour faire face à la crise économique et financière, mais …
- Les coûts de l’énergie ont augmenté deux fois et demi plus vite que l’indice des prix à la consommation
- Le budget publicitaire a diminué ces 4 dernières années
- La pression fiscale globale sur les PME est fortement sous-estimée
Bruxelles, le 26 novembre 2008 - Deloitte Fiduciaire, leader du marché en expertise comptable, conseil fiscal et financier aux entreprises familiales et aux PME, publie aujourd’hui les résultats de son «Baromètre pour les PME 2008 - 10 indicateurs financiers pour guider votre entreprise. Ce benchmark donne un aperçu du paysage belge des PME sur la base de chiffres très récents de 2007 concernant 2.300 entreprises, soit un échantillon représentatif des entreprises en Belgique.
Cette étude est unique en son genre parce que Deloitte Fiduciaire est non seulement la première à réunir pour la quatrième année consécutive les données les plus récentes, en l’occurrence de l’exercice 2007, mais surtout, elle tire parti, outre de diverses données «publiques», de données «non publiques», comme le chiffre d’affaires, les rémunérations des administrateurs, les comptes courants et le détail des charges d’exploitation
La PME se finance 5,8 fois plus par fonds propres qu’en recourant aux ressources bancaires
Dans quelle mesure, la PME moyenne fait-elle appel à des ressources bancaires pour le financement de ses investissements, son fonctionnement journalier et sa croissance. En d’autres termes, dans quelle mesure la PME belge est-elle financièrement dépendante de ses banquiers ?
La PME moyenne (c’est-à-dire l’entreprise médiane dans l’échantillon des 2.300 entreprises) affiche un endettement de 17,35%. Concrètement, cela veut dire que par 100 EUR de fonds propres engagés appartenant aux actionnaires et aux administrateurs (en comptabilité, le capital, les réserves et les comptes courants), l’entreprise fait appel à 17,35 EUR de ressources bancaires.
Conclusion: pour la PME moyenne, l’apport des actionnaires et des administrateurs en tant que source de financement est 5,8 fois plus important que les dettes bancaires.
Si l’on déduit des dettes bancaires les avoirs en compte à vue et les dépôts à terme, il apparaît que la PME moyenne présente en réalité un solde positif en compte à vue de 0,80 EUR auprès des établissements bancaires. L’étude de Deloitte Fiduciaire démontre par ailleurs que 47% des entreprises disposent, par solde, d’avoirs auprès de ses banquiers et que 53% des sociétés présentent, par solde, un encours de dettes bancaires.
75% des PME sont sans doute assez bien outillées pour faire face à la crise économique et financière, mais …
La PME moyenne affiche une solvabilité réelle de 48% et dans 75% des sociétés d’exploitation, la solvabilité réelle atteint 27% ou plus. Le calcul de la solvabilité réelle tient compte, outre des fonds propres comptables (soit le capital et les réserves) des quasi-fonds propres, plus particulièrement les comptes courants et les avances consenties par les administrateurs-associés, les gérants et les administrateurs.
En moyenne, les fonds propres réels sont constitués de la manière suivante : capital, 21%; quasi-fonds propres, 23%; réserves et bénéfices reportés, 56%. L’année dernière, seulement 21% des sociétés d’exploitation ont versé un dividende ou un tantième.
La PME moyenne a donc mené au cours de ces dernières années une politique de prudence et de prévoyance. Elle présente, grâce à la constitution de réserves considérables, une solide solvabilité, autrement dit un «matelas» de réserves.
La PME belge génère sur une base annuelle suffisamment de cash-flow net pour faire face à ses obligations financières (remboursement des prêts dans l’année, outre les charges d’intérêts). Qui plus est, sa capacité de remboursement de 186%. En d’autres termes, la moitié des sociétés disposent d’une «marge» plus que suffisante pour encore tenir leurs engagements financiers même si leur cash-flow net vient à diminuer. Dans le même temps, 29,5% des entreprises présentent un ratio de moins de 100%. Ce groupe d’entreprises génère actuellement trop peu de cash-flow net et doit donc déjà puiser actuellement en partie dans ses liquidités pour rembourser les dettes bancaires dans les délais convenus.
Quant au current ratio ou ce que l’on appelle le ratio de liquidité générale, l’étude de Deloitte Fiduciaire démontre que la PME moyenne affiche un current ratio de 158%, ce qui est considéré comme un chiffre tout à fait appréciable en termes de liquidités. Nous constatons cependant qu’il y a toujours encore 25% des sociétés d’exploitation qui présentent un current ratio de 100% ou moins. Cela signifie que 25% des entreprises ne peuvent offrir à leurs créanciers des garanties suffisantes quant au règlement de leurs créances dans le délai imparti. Il est donc possible qu’elles soient déjà actuellement contraintes de recourir à des financements complémentaires, p. ex. au crédit de caisse, pour faire face à leurs engagements ou que, à défaut de ressources de financement adéquates supplémentaires, elles devront adapter leur politique de paiement envers leurs fournisseurs et autres créanciers en retardant les échéances, ou même en y étant obligées.
Nous pouvons donc conclure que la grande majorité des PME belges affichent une solvabilité appréciable et disposent dès lors d’un «matelas de sécurité» pour faire face aux années difficiles qui nous attendent. En revanche, environ un quart des sociétés se trouvent d’ores et déjà confrontées à des situations précaires en termes de liquidités. Elles peuvent, par un effet de domino, affecter la solidité financière de leurs fournisseurs.
Un politique rigoureuse sur le plan du fonds de roulement et une communication ouverte entre clients et fournisseurs s’imposent dès lors pour toutes les PME dans tous les secteurs. En outre, un suivi strict des prix de revient et une analyse de la rentabilité des catégories de produits et aussi des clients se révèlent particulièrement indiqués.
Les coûts de l’énergie ont augmenté deux fois et demi plus vite que l’indice des prix à la consommation
Le Baromètre PME 2008 compare l’augmentation du coût de l’énergie avec l’évolution de l’indice des prix à la consommation (base 1996). Les coûts de différentes sources énergétiques - gaz, électricité, carburants pour le chauffage et pour les véhicules - sont ici réunis sous le terme «coûts de l’énergie».
Durant la période décembre 2004-décembre 2007, l’indice a progressé de 115,56 à 124,58, soit une hausse de 9,02 points ou de 7,8%. Pour la PME moyenne, les coûts de l’énergie ont cependant augmenté de 20,11% ces quatre dernières années. Concrètement, cela signifie que par 100 EUR de coûts de l’énergie en 2004, l’entreprise moyenne a comptabilisé pour 120,11 EUR de coûts de l’énergie en 2007. Par comparaison avec l’indice des prix à la consommation, les prix de l’énergie ont augmenté 2,5 fois plus vite au cours des quatre dernières années.
Cette progression est la plus importante dans le secteur de l’agroalimentaire (+35,65%). L’augmentation des coûts de l’énergie est la plus faible dans le secteur du commerce, où la hausse n’est «que» de 17,09%. Les coûts de l’énergie ont donc augmenté deux fois plus vite que l’index.
Valeurs médianes | Évolution du coût de l’énergie en 2007 par rapport à 2004 | Coûts de l’énergie/ Valeur ajoutée (2007) |
Sociétés d’exploitation | + 20,11% | 3,62% |
Construction | + 29,60% | 3,57% |
Services | + 23,19% | 2,36% |
Commerce | + 17,09% | 4,20% |
Industrie | + 17,59% | 4,40% |
Agroalimentaire | + 35,65% | 7,14% |
Le budget publicitaire a diminué ces 4 dernières années
Le baromètre PME 2008 présente pour la première fois une analyse des «frais publicitaires directs». L’on entend par là, entre autres, les frais d’annonces, les catalogues, les échantillons, la participation à des foires commerciales, les cadeaux d’entreprises, les frais de réception, etc. Les frais indirects, comme les frais de personnel et les charges d’amortissement, ne sont pas pris en compte.
Le budget des dépenses publicitaires directes a diminué ces quatre dernières années. Dans la moitié des sociétés d’exploitation, cette diminution est d’au moins 3,8%. Concrètement, cela signifie que si en 2004 une entreprise moyenne prévoyait un budget publicitaire de 100 EUR, celui-ci est ramené en 2007 à 96,2 EUR.
Valeurs médianes | Évolution des frais publicitaires en 2007 par rapport à 2004 | Frais publicitaires/ Valeur ajoutée (2007) |
Sociétés d’exploitation | -3,85% | 1,72% |
Construction | - 2,27% | 0,96% |
Services | -10,78% | 1,11% |
Commerce | - 2,36% | 3,42% |
Industrie | - 1,00% | 1,34% |
Agroalimentaire | - 0,49% | 0,30% |
La pression fiscale globale sur les PME est fortement sous-estimée
La PME familiale moyenne, lorsqu’elle vend pour 100 EUR, paie 2,63 EUR d’impôts, soit 1,79 EUR au titre de l’impôt des sociétés, augmenté de 0,84 EUR de «taxes diverses».
Deloitte Fiduciaire constate, en outre, que dans la PME moyenne, 27,90% du bénéfice opérationnel (résultat avant charges financières et impôts) est absorbé par les impôts directs (17,7%) et indirects (10,2%). En sus de l’impôt des sociétés, la PME belge paie donc plus de 33% en taxes diverses, à savoir : taxe de circulation, précompte immobilier, taxes environnementales, taxes provinciales et communales.
Les chefs d’entreprises qui souhaitent connaître le détail des performances financières de leur entreprise peuvent faire établir le benchmark de leur société, «Le Baromètre PME 2008 de votre entreprise». Il suffit pour cela de contacter l’agence Deloitte Fiduciaire de votre région ou de surfer vers le site www.barometrepme.be.
La brochure «Le Baromètre pour les PME 2008: 10 indicateurs financiers pour guider votre entreprise» est disponible sur le site www.barometrepme.be.