L’industrie du vêtement du Canada, le dixième plus important secteur manufacturier du pays, se prépare à traverser une période difficile. Cette industrie joue un rôle de premier plan dans l’emploi des travailleurs peu spécialisés et de ceux arrivant sur le marché du travail. Ses exportations vers les États-Unis s’élèvent à environ 3,5 milliards de dollars par année. Il fut un temps où le commerce du textile représentait 2 % du PIB du secteur de la fabrication du Canada et comptait 3 900 entreprises employant 93 000 personnes. Toutefois, au cours des dix dernières années, cette industrie a connu d’importantes pertes d’emploi en raison du démantèlement graduel des obstacles multilatéraux au commerce et de l’arrivée massive d’importations bon marché.
À compter du 1er janvier 2005, les nouveaux accords commerciaux exigent que tous les pays éliminent les quotas encore imposés pour le textile et les vêtements. On assistera donc à la venue d’un régime d’échanges libéralisés, bien qu’il n’existe aucun consensus entre les pays importateurs qui préciserait les détails de ce régime. Pour le Canada, la menace est celle d’une plus grande concurrence de la part des pays en développement où les salaires sont bas.
La disparition des quotas aura une énorme incidence sur l’industrie canadienne du textile et du vêtement qui, pendant des années, a fait l’objet de décrets de remise : soit des exemptions conditionnelles ou inconditionnelles des droits applicables aux produits importés. On fait appel à des remises dans les cas où les fabricants peuvent démontrer un besoin réel d’un allégement tarifaire ou encore pour corriger une discrimination à court terme de la structure tarifaire. Plusieurs des décrets de remise actuels ont été institués au début des années 1980, puis ils ont été élargis à la suite de l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis qui est entré en vigueur en 1989.
Après consultation avec l’industrie du vêtement, le ministère des Finances a proposé en décembre 2004 un certain nombre de mesures destinées à aider l’industrie canadienne du textile. Voici certaines de ces initiatives :
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Éliminer les droits sur les importations de fibres et de fils.
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Affecter, au cours des cinq prochaines années, un montant additionnel de 50 millions au volet « Efficacité » de la production des textiles (CANtex).
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Prolonger de cinq ans l’application des décrets de remise en vigueur.
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Éliminer graduellement les avantages au cours des trois dernières années de la période de cinq ans.
Ces initiatives visent à doter l’industrie du textile et du vêtement des outils qui vont lui permettre de faire concurrence sur les marchés mondiaux. On prévoit que l’allégement tarifaire va réduire le coût des intrants des fabricants d’un montant qui pourrait atteindre 90 millions de dollars par année, tandis que les nouveaux fonds CANtex vont aider les fabricants à concevoir des produits à plus grande valeur ajoutée et à améliorer la productivité. Grâce à la période d’élimination graduelle de trois ans, les entreprises vont pouvoir se préparer à la date limite, soit 2009.
La question qui se pose est la suivante : est-ce que ces initiatives vont véritablement aider l’industrie ? Bob Sacco, qui dirige le groupe Services des douanes et du commerce international de Deloitte, précise que l’industrie du textile doit examiner de façon réaliste la fabrication de vêtements. « Si on regarde de plus près les endroits où traditionnellement on retrouve les entreprises de production de vêtements au Canada, soit Montréal, Winnipeg et Toronto, on constate une nette décroissance. » Les grandes usines sont maintenant plus automatisées, et l’industrie emploie donc un moins grand nombre de personnes.
M. Sacco ajoute : « La prolongation de cinq ans des décrets de remise a été acceptée afin que l’industrie puisse effectuer un auto-examen. En fait, le gouvernement du Canada transmet à l’industrie le message suivant : si elle n’est pas concurrentielle dans cinq ans, même en disposant de ces mesures, il ne peut pas la protéger. » Le Canada doit réagir à la domination de plus en plus grande que la Chine exerce sur l’industrie. « Nous devons déterminer ce que nous pouvons offrir au marché chinois. » En outre, M. Sacco signale que la Chine ne dispose pas de la propriété intellectuelle ou de l’expérience nécessaire pour positionner et mettre en marché efficacement des designs de vêtements. En prenant les devants dans les domaines du marketing et des stratégies de marque, les fabricants de vêtements du Canada pourront peut-être se dénicher un nouveau créneau au pays et à l’étranger.
Ce livre blanc de Deloitte Research examine les questions globales au sujet du commerce du textile, en plus de présenter certains scénarios probables concernant l’avenir du commerce et des droits à l’échelle mondiale. Téléchargez le document « Quotas end, uncertainty continues » (disponible en anglais seulement), pour en savoir plus sur l’incidence de ces questions sur l’industrie mondiale du textile au cours des prochaines années.
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