Les futures règles prudentielles de l'assurance européenne, dites "Solvency II" devraient pénaliser l'investissement en actions des compagnies d'assurance-vie françaises et constituer un important facteur d'accélération de la consolidation du secteur en Europe, selon l'étude réalisée par B&W Deloitte.
"Le système actuel est fondé sur des approches très simples et un contexte réglementaire très prudent, mais il prend mal en compte l'exposition réelle des compagnies d'assurance aux risques financiers et aux risques actifs/passifs" souligne Eric Serant, associé du cabinet d'actuaires et de consultants. "L"inadéquation entre la volatilité de l'actif et des engagements stables au passif, avec des taux minimum garantis, a un coût en termes de capital"
D'après Eric Serant, "Même si la proportion des contrats en unités de comptes sera probablement appelée à augmenter, la part des contrats en euros restera importante". Selon le scénario central de B&W Deloitte, le ratio de couverture des assureurs-vie passerait de 133 % aujourd'hui à 106 %, à l'aune des futures normes prudentielles. "D'une façon générale, le marché français est bien capitalisé", estime Eric Serant.
Mais au niveau européen, des opérations de recapitalisation ou de regroupement seront nécessaires : "l'avènement de Solvency II sera clairement un accélérateur de la consolidation du secteur. (...) Compte-tenu du lien direct entre le niveau de garantie offert et celui des fonds propres requis, on aura peut-être une tarification explicite en fonction des niveaux de garanties", observe Eric Serant.
B&W Deloitte constate que les assureurs vie français sont très mobilisés et qu'ils se préparent activement à l'échéance.
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