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Deloitte & Touche LLP Deloitte & Touche LLP
Le financement des établissements de retraite
Les exploitants et les financiers arriveront-ils à rééquilibrer l'offre et la demande ?
Par Jim Watson
Photographie

Étant donné l’accroissement rapide du nombre de personnes âgées au Canada, il faudrait injecter une somme colossale, – près de 20 milliards de dollars, – d’ici 2016, afin qu’il y ait suffisamment de maisons de retraite et d’établissements de soins de longue durée prêts à les accueillir.

Les chiffres sont éloquents. En 2016, le nombre de personnes Canadiens de 75 ans et plus dans la population canadienne aura augmenté de 61 % par rapport à 1996, passant de 1,46 million à 2,50 millions. Environ 10 % d’entre eux nécessiteront des soins de longue durée, ; soins qui, en Ontario, sont dispensés dans des établissements fortement réglementés par les pouvoirs publics. On peut s’attendre à ce qu’une autre tranche de 5 % de cette population vivra en maisons de retraite, lesquelles prodiguent moins de 90 minutes de soins infirmiers par jour. À l’heure actuelle ces établissements ne font l’objet d’aucune réglementation.

La demande est croissante et la création de nouvelles places coûtera cher. Selon la tendance démographique canadienne, il faudra 104 000 lits additionnels en soins de longue durée et 52 000 lits additionnels en maisons de retraite additionnels d’ici 2016. Comme chaque lit revient à environ 110 000 $, ce sont près de 17 milliards de dollars qui devront être investis pour pouvoir à cette demande.

L’investissement dans des établissements de retraite et leur exploitation offrent de nombreuses possibilités pour les parties prenantes. Les marges d’exploitation des maisons de retraite non réglementées varient entre 30 % et 50 %, tandis qu’elles sont de l’ordre de 10 % à 18 % pour les établissements de soins de longue durée contrôlés par le gouvernement.

D’où proviendront les fonds ?
C’est là la question clé. Qui est en mesure d’effectuer les investissements nécessaires à la création d’un nombre important de lits pour accueillir les personnes âgées ?
Vraisemblablement pas les exploitants des établissements de retraite. Dans ce secteur fragmenté, les dix principaux intervenants ne détiennent ensemble que 22 % du marché. La plupart des établissements sont exploités par de petites entreprises familiales incapables de réunir les capitaux nécessaires à une expansion rapide. Les exploitants recourent  généralement au crédit hypothécaire pour 75 % du prix d’acquisition et les mises de fonds sont généralement de l'ordre de 25 %. Cela signifie que pour construire un nouvel établissement de 100 lits, il leur faut disposer d’environ 2,7 millions de dollars. En d'autres mots, le petit exploitant ne peut construire un nouvel établissement que tous les ans ou tous les deux ans. Ce rythme est nettement insuffisant pour répondre à la demande.

Il existe d’importants capitaux dans les caisses de retraite et les maisons de placements privés par exemple, mais leurs dirigeants ne dispose pas de l'expertise nécessaire à l’exploitation d’une maison de retraite ou d’un établissement de soins de longue durée. Investir dans une maison de soins infirmiers, ce n’est pas comme acheter un immeuble. Il ne s’agit pas d’acquérir un simple bien matériel, mais de veiller au bien-être de personnes âgées. Autrement dit, les gens qui possèdent le savoir-faire pour exploiter ce genre d’établissement ne disposent pas des fonds nécessaires et ceux qui ont disposent de fonds n’ont pas le savoir-faire.

Les exploitants et les financiers devront donc devoir trouver de nouveaux moyens de résoudre le problème. Il existe plusieurs solutions :

  • Regroupement : les grands exploitants qui possèdent les ressources financières et l’accès aux marchés publics indispensables à l’expansion se regroupent avec des petits exploitants.
  • Fusions : les exploitants de moyenne envergure peuvent se regrouper, afin d’atteindre la masse critique nécessaire pour mobiliser des capitaux.
  • Partenariats : les financiers peuvent créer des partenariats avec les exploitants. À cet effet, d’importantes caisses de retraite se sont déjà alliées à des exploitants, dans un cas pour acheter une importante chaîne de maisons de retraite et, dans un autre, pour financer la création de nouveaux lits.

Ces tendances naissantes doivent davantage se développer pour que la demande soit comblée. D’une façon ou d’une autre, les exploitants possédant le savoir-faire dans ce secteur doivent trouver des fonds, soit par le regroupement de façon à avoir accès au marché public, soit en créant des partenariats avec des pourvoyeurs de capitaux.

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Source : Deloitte & Touche LLP - Canada (English)

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