Les variations climatiques continueront de faire des ravages dans l’ensemble du Canada et aux quatre coins de la planète. En plus de poser une menace pour la santé et la sécurité, ces événements peuvent interrompre l’approvisionnement de marchandises, nuire aux projets de construction et d’infrastructure, compromettre les systèmes d’intervention d’urgence, créer des tensions dans les services publics et porter atteinte à la biodiversité et à la santé économique. Néanmoins, il est toujours difficile d’en prévoir les effets particuliers.
Le défi apparaît lorsqu’on prend conscience que les stratégies actuelles de réduction des émissions polluantes peuvent seulement atténuer, et non pas éliminer, les préoccupations liées aux changements climatiques à venir. Quels que soient les effets des changements climatiques, une chose est claire : ces effets vont relever de la compétence de plusieurs ordres de gouvernement. Environnement Canada et Ressources naturelles Canada sont d’accord avec la commissaire fédérale à l’environnement lorsqu’elle souligne, dans son rapport de 2006, la nécessité de participer aux efforts d’adaptation en collaborant avec divers ministères et provinces d’un océan à l’autre.
Afin de prévoir les effets éventuels des changements climatiques et de s’y adapter, les gouvernements doivent adopter une stratégie de gestion des risques qui tienne compte à la fois des facteurs environnementaux, sociaux, économiques, politiques, technologiques, organisationnels et humains. Afin de favoriser cette faculté d’adaptation, les gouvernements devront identifier les risques et leurs points faibles et les classer par priorité.
Heureusement, il existe des outils permettant aux décideurs de définir divers scénarios plausibles liés aux changements climatiques.
Vers une gestion avisée des risques climatiques
Au moment où la population demande aux gouvernements de réagir judicieusement aux changements climatiques, ceux ci sont conscients qu’ils doivent déterminer ce qu’il faut faire, qui doit le faire, quelle est l’échéance et quels sont les coûts. Pour y parvenir, ils doivent identifier, évaluer, classer par ordre de priorité et, en fin de compte, gérer tout l’éventail des risques découlant des changements climatiques.
Bien qu’il n’existe aucune réponse universelle, les décideurs gagneraient à adopter une approche intégrée en matière de gestion des risques climatiques notamment :
- Effectuer une évaluation des risques climatiques afin d’établir un profil de risque et de cerner les secteurs les plus préoccupants et les populations à risque.
- Procéder à une évaluation afin de mieux comprendre les points faibles possibles des politiques, programmes et projets en vigueur.
- Développer la capacité de l’organisation à répondre aux risques climatiques, ce qui comprend la formation, les programmes d’information et les programmes incitant à l’innovation.
- Structurer les mesures d’intervention publique afin d’affronter les principaux risques (p. ex., dresser des plans d’intervention d’urgence en cas de vague de chaleur, élaborer des mesures de gestion du risque d’inondation et revoir les plans concernant les routes d’hiver dans les régions nordiques).
Les bénéfices de la gestion des risques
En comprenant bien les risques et les intérêts des parties prenantes, les décideurs sont en mesure de définir des plans mesurables suffisamment souples pour permettre de régler les nouveaux problèmes dès qu’ils se présentent. Vu l’incertitude liée aux changements climatiques, cette souplesse – ou faculté d’adaptation – est cruciale. Heureusement, elle peut être intégrée au processus à l’aide d’outils de planification fondés sur des scénarios.
Ces méthodes permettent aux décideurs de prendre des décisions difficiles, à savoir s’ils doivent prendre des mesures directes au moyen du financement ou d’une modification de la réglementation, adopter des stratégies visant la prise en charge commune des risques par le biais d’une coordination provinciale et territoriale, effectuer un transfert des risques au moyen de l’adoption d’une mesure stratégique innovatrice ou du recours aux partenariats public privé, ou même ne rien faire.
Seul le temps dira si les mesures prises aujourd’hui donneront les résultats escomptés. Pour l’heure, il est pourtant clair qu’une approche avisée en matière de gestion des risques constitue pour les gouvernements la meilleure façon de classer par ordre de priorité les principaux risques, de trouver le juste milieu entre les stratégies d’adaptation proactives et réactives, de cerner les possibilités et d’assurer à la population qu’ils prennent des mesures pour prévoir les effets des changements climatiques et pour s’y préparer.
Par Johanne Gélinas, associée, et Valerie Chort, associée et leader nationale du groupe Responsabilité d’entreprise et développement durable.
Cet article a d’abord été publié le 27 octobre 2008 dans « A climate for action », un supplément spécial d’information du
Globe and Mail, produit par Randall Anthony Communications inc., en collaboration avec l’Institut d’administration publique du Canada. Cliquez sur le lien qui suit pour consulter le
rapport intégral (en anglais seulement).