La bulle technologique peut n’être qu’un lointain souvenir pour certains, mais pas pour les entreprises technologiques du Canada qui font toujours face à un manque de capital de risque. John Ruffolo, leader national du groupe de l’industrie de la technologie, des médias et des télécommunications jette un regard critique sur l’état du capital de risque au Canada; il discute également des solutions possibles pour que les entreprises technologiques en pleine évolution bénéficient d’un financement adéquat pour soutenir leur croissance à l’avenir.
Comment les lois de l’impôt au Canada affectent-elles l’industrie du capital de risque ?
Au Canada, les lois de l’impôt agissent comme une barrière à la libre circulation du capital. D’autres pays tels que les États-Unis et le Royaume-Uni n’ont pas de lois fiscales similaires qui dissuadent les investisseurs de sortir leurs placements de leurs pays respectifs. Mais si vous investissez au Canada, puis tentez de sortir votre placement, le Canada cherchera à imposer des taxes qui sont habituellement éliminées par l’application de conventions fiscales. Démontrer que vous êtes admissible à de telles conventions fiscales exige une paperasse incroyable.
Deloitte vient de publier son Sondage 2007 des tendances mondiales au niveau du capital de risque (en anglais seulement), et les conclusions canadiennes nous ont réellement surpris. Ce sondage souligne une crise dans l’industrie du capital de risque canadien. Il révèle que plusieurs spécialistes en capital risque mondiaux, surtout aux États-Unis, perçoivent le Canada comme un endroit remarquable pour faire des affaires. Mais, il y a un sérieux problème : ils estiment que le Canada n’est pas ouvert aux affaires et que les barrières de taxation les empêchent d’investir au Canada.
Pourquoi est-ce si difficile d’obtenir du capital de risque au Canada de nos jours ?
Le réel problème est la faiblesse de l’industrie locale du capital de risque. La majeure partie du capital de risque au Canada a été souscrit entre 1997 et 2001, avec le summum en 2001 avant l’éclatement de la bulle technologique. Par la suite, plusieurs spécialistes en capital risque ont eu un très faible rendement sur le capital investi et une grande partie des sources de capital (habituellement les caisses de retraite, les banques et autres institutions financières) ont décidé au cours des dernières années d’allouer plutôt leurs actifs en capitaux propres. Par conséquent, la plupart des spécialistes en capital risque locaux ne peuvent obtenir actuellement de capital au Canada.
Pourquoi est-il important d’assurer une entrée suivie de capital de risque étranger au Canada ?
Nous avons tant d’entreprises technologiques remarquables au Canada et pourtant, elles manquent sérieusement de capitaux. Si les entreprises locales ne peuvent obtenir du capital ou surmonter les barrières pour le faire, nous devons nous tourner vers le capital de risque étranger pour combler le vide. Un certain nombre de spécialistes en capital risque étrangers, surtout aux États-Unis, ont accès à un capital assez important. Par conséquent, au moins à court terme, nous avons besoin de ces entrées de capitaux étrangers pour financer nos entreprises technologiques.
Comment le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux travaillent-ils avec les leaders du capital de risque de l’industrie pour résoudre cette crise ?
Il existe deux différents secteurs où le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux peuvent apporter une contribution. Au niveau du capital étranger, il existe certaines mesures simples qui engendreront très peu sinon aucune perte de revenus d’impôts. Par exemple, avec le processus du certificat de dégagement de la section 116, la plupart des fonds de capital de risque ne sont pas soumis à l’impôt au bout du compte, alors il n’y a pas réellement de perte de revenu d’impôt. Il suffit que le gouvernement élimine la paperasse.
Du point de vue local, la solution est plus compliquée, car l’écosystème du capital de risque est perturbé. Vous devez réellement aborder les problèmes différemment à divers niveaux de l’écosystème. Au stade des anges financiers, certaines démarches sont entreprises actuellement pour proposer un crédit d’impôt afin de stimuler davantage d’investissement de ces anges financiers au stade précoce des entreprises technologiques. Au niveau des fonds parrainés par les travailleurs de détail, nous devons restimuler cette industrie. Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux doivent travailler de concert pour créer une industrie de fonds de capital de risque de détail au Canada. Au niveau du capital de risque privé, nous avons besoin que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux constituent une source de capital et agissent comme principal investisseur afin de stimuler l’approvisionnement de capitaux pour ces fonds. Leur capital serait égalé par du capital privé et cela pourrait alimenter de nouveau l’industrie du capital de risque.
Les présentes questions et réponses sont tirées d’une baladodiffusion de Deloitte Canada Insights, intitulée « Le capital de risque au Canada : une industrie en péril » (en anglais seulement).
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